V. Appareil respiratoire
La disposition relative du péricarde, du diaphragme et des poumons présente d'intéressantes différences, suivant qu’on l’étudie chez les bipèdes ou chez les quadrupèdes.
1. P. Broca, Sur une anomalie régressive de la crosse de l'aorte chez une jeune fille zouloue. Bulletin de la Société d'anthropologie (3), III, p. 232, 1880.
Chez les bipèdes, dont le type est l’homme, mais parmi lesquels il faut aussi comprendre les singes anthropomorphes, ainsi que l'a si clairement démontré Broca, la pointe du péricarde contracte avec la face supérieure du diaphragme des connexions si intimes, qu’une large soudure s'opère entre ces deux organes ; les poumons et en particulier le poumon droit, ne peuvent donc venir s’insinuer entre le péricarde et le diaphragme. Broca a mis hors de doute que cette disposition anatomique élait physiologiquement en rapport avec la station bipède; que, par conséquent, on la devait considérer comme caractéristique des animaux bipèdes.
Chez les quadrupèdes, la disposition est tout autre. Le poumon droit présente à la partie supérieure de sa base un lobe plus ou moins développé, dont la direction est toujours telle qu’il viendra s’interposer entre le péricarde et le diaphragme, de manière à empêcher toute fusion, et mème lout contact entre ces deux organes. Pour les mêmes raisons, on doit regarder ce lobe particulier comme caractéristique des quadrupèdes.
Puisqu'il en est ainsi, 1l va sans dire que, dans le cas où on trouverait un lobe azygos au poumon droit d’un bipède, ce retour manifeste à l’état quadrupède ne saurait être expliqué que par l’atavisme : ainsi se trouverait suffisamment démontré que le bipède en question proviendrait d’ancêtres ayant été eux-mêmes des quadrupèdes. Or, les cas sont nombreux, dans lesquels on à constaté chez l’homme la présence d’un lobus impar à la base du poumon droit. Cette anomalie régressive peut se rencontrer chez des individus d’ailleurs normaux, mais il est plus fréquent de l’observer dans les races inférieures ou chez des individus appartenant sans doute à des races supérieures, mais monstrueux, comme par exemple dans le cas rapporté par Chudzinski”.