‹ L'atavisme chez l'hommeChapitre 26 sur 32 · Loc. cit., p · texte numérisé non relu

Loc. cit., p

chez tous les ovipares, il n'y a ni utérus ni vagin. Le canal de Müller qui, chez l'adulte, est devenu l'utérus, débouche dans un cloaque, c’est-à-dire dans une cavité où le rectum vient d’autre part se terminer. Chez les monotrèmes (ornithorhynque, échidné), la même disposition s'observe, et c’est ainsi que se trouve légitimée la distinction que nous établissions plus haut entre les vertébrés ovipares (batraciens, sauropsidés, monotrèmes) et les vertébrés vivipares (mammifères, à l'exception des monotrèmes) : en effet, le fait que les monotrèmes sont de véritables ovipares a été récemment démontré, à quelques jours d'intervalle, par Haacke ' et Caldwell.

L'état sous lequel se présente l'appareil génital femelle chez les vertébrés ovipares n’est autre que l’état embryonnaire. Chez les mammifères non monotrèmes, c'est-à-dire dépourvus de cloaque, la disposition des parties est différente. Chez la plupart des marsupiaux, les deux canaux de Müller ne font que s'affronter sur la ligne médiane, de manière à constituer deux vagins, dont chacun communique par son fond avec un utérus distinct : on remarquera que, chez la femme, la duplicité du vagin et de l'utérus reproduit exactement cette conformation des marsupiaux. Chez d’autres, et particulièrement chez les rongeurs (lapin, lièvre), les deux canaux de Müller se sont fusionnés sur la ligne médiane et dans leur portion inférieure, de manière à conslituer un vagin unique; mais les deux utérus, continués par les deux oviductes, sont restés séparés sur toute leur longueur, Chez les cétacés, les ruminants, les périssodactyles, les carnassiers et les insectivores, la fusion à gagné les utérus eux-mêmes, mais est demeurée incomplète : réunis en une seule cavité dans leur moitié postérieure, les deux utérus sont encore séparés dans leur moitié antérieure, en sorte que l'organe présente deux cornes qui se continuent chacune avec la trompe correspondante.

La coalescence complète des portions utérines des deux canaux de Müller en un utérus simple et médian, suivi d’un vagin également unique, ne s'observe normalement que chez un petit nombre de mammifères, particulièrement chez les édentés et les primates. Cette fusion, que nous avons vue s'opérer d’arrière en avant, c’est-à-dire de la vulve à l'ovaire, ne va jamais au delà du type représenté chez la femme : les portions antérieures des deux

4. W. Haacke, Meine Entdeckunqg des Eterlegens der Echidna hystrix. Loologischer Anzeiger, VII, p. 647, 1884.

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