‹ L'atavisme chez l'hommeChapitre 6 sur 32 · Loc. cit., p. 39 et suiv · texte numérisé non relu

Loc. cit., p. 39 et suiv

2. P. Albrecht, Die morphologische Bedeutung der seillichen Kieferspalle und die wahrscheinliche Existenz von vier Zwischenkiefern bei den Säugethieren. Zoologischer Anzeiger, Il, p. 207, 1879.

P. Albrecht, Sur les quatre os inlermaæillaires, le bec-de-lièvre et la valeur morpho-

logique des dents incisives supérieures de l’homme. Bulletin de la Société d'anthropologie de Bruxelles, p. 73, 1882.

repère que nous fournit la dent canine. En effet, dans un cas de ce genre, le bourgeon ne portera que deux dents, les deux ineisives internes, Le reste de l’arcade dentaire présentera, au contraire, de chaque côté, quatre dents : ce seront, d'avant en arrière, l’incisive externe, la canine et les deux prémolaires. Or, nous savons que la canine est toujours la première dent portée par le maxiljaire : il en résulte done que l’incisive externe n’est point implantée sur le maxillaire, mais bien sur un osselet qui provient d’un dédoublement de l’incisif.

Les longs détails dans lesquels nous venons d’entrer nous montrent donc que parfois il existe à la mâchoire supérieure, non pas deux, mais bien quatre os incisifs, un pour chacune des dents de ce nom. Nous sommes enclin à penser que cette disposition, fréquente chez l’homme et qu'Albrecht a aussi observée chez le cheval, répond au type primitif et constitue un véritable fait de réversion.

Notre conclusion s'appuie d’abord sur la fréquence relative du retour de cette disposition, dans les cas de gueule-de-loup”, d'autre part sur l'existence normale, chez l’ornithorhynque, d’une véritable gueule-de-loup sous-muqueuse*. Ce qui, chez l’homme, constitue une anomalie des plus horribles, est ici l’état normal. L’échidné ne nous offre rien de semblable, mais, s’il était possible de se procurer des fœtus de cet animal, il serait du plus haut intérêt de rechercher si, chez lui, semblable disposition ne s’observe pas à l’état embryonnaire. La même recherche serait également importante pour les édentés et pour d’autres mammifères inférieurs, par exemple, les cétacés.

L'apophyse pyramidale ou malaire (processus zygomatico-orbitalis sive malaris s. jugalis s. zygomaticus) de los maxillaire supérieur se termine par la tubérosité zygomatique qui s'articule avec l’os malaire. L’angle supérieur et postérieur de cette tubérosilé se continue en une sorte de lamelle (spina zygomatica, Henle), qui concourt à la délimitation de la fente sphéno-maxillaire (fissura orbitalis inferior).

1. Nous avons toujours admis, dans notre description, que la gueule-de-loup était double; cette supposition facilitait singulièrement notre exposé, mais il est bien évident que les choses peuvent se passer de la même manière quand la gueule-de-loup est simple, sauf des modifications qu'il est aisé de se représenter.

2. P. Albrecht, Sur la fente mazillaire double sous-muqueuse et Les quatre os intermazillaires de l'ornithorhynque adulte normal. Bruxelles, in-8 de 6 p., 1883.

En outre de cette saillie, Gruber a vu souvent partir de l’apophyse pyramidale un autre prolongement qu'il appelle spina zygomatica externa. Il est encore plus fréquent de voir naître de l’extrémité de l'apophyse zygomatique de los temporal une épine : cette disposition est loin d’être rare, puisqu'on lobserve dans 1/16 des cas.

Les deux prolongements osseux en question restent séparés l’un de l’autre, ou bien, situés en dedans de l'os malaire et appliqués contre celui-ci, 1ls marchent l’un vers l’autre, se rencontrent et s’unissent par une suture. Ainsi se constitue un arcus maxillotemporals intra-jugalis, que Gruber à constaté sur 17 cränes" : dans 7 cas, l’anomalie était bilatérale ; 3 fois elle siégeait à droite et 7 fois à gauche. Elle est au nombre des malformations les moins fréquentes, puisqu'on ne la rencontre qu'une fois sur 255 crânes.

La présence chez l’homme de l'arc maxillo-temporal intra-jugal constitue une véritable anomalie. Elle réalise pourtant chez nous un état qui est normal chez certains animaux, par exemple, chez le hérisson, le pore, le tapir, le rhinocéros et le cheval. Aussi pensons-nous que cette anomalie est plus qu’un simple ] jeu du hasard et qu’elle vient nous renseigner sur un état ancien.

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