COLONNE VERTÉBRALE
Les vertèbres sont, chez l’homme et chez tous les anthropoïdes, dépourvues d’apophyses styloïdes ou anapophyses, à l'exception de l’Hylobates leuciscus, qui en présente un rudiment sur la première lombaire, et de l'A. syndactylus, qui les possède, très atténuées, sur les deux dernières dorsales. Tous les autres singes en sont, au contraire, pourvus et Broca les a vues réapparaître par atavisme chez les nègres.
Les pédicules de l’atlas sont creusés supérieurement, chez l’homme, d'une échancrure par laquelle va passer Partère vertébrale pour pénétrer dans le crâne. M. Sappey * note que cette échancrure est quelquefois transformée en trou par une languette osseuse. Or, cette anomalie reproduit une disposition qui s’observe chez la plupart des primates, chez les carnivores, les ruminants, ec.
1. W. Gruber, Ueber den an der Schläfenfläche des Jochbeins gelagerten Kiefer-
Schläfenbogen..…. Archiv f. Anat. u. Physiol., p. 208, 1875. 2. Sappey, Trailé d'anatomie descriptive, 2 édition. I, p. 262.
De tous les primates, l’homme est le seul dont les vertèbres cervicales aient une apophyse épineuse bifurquée; chez tous les autres, celte apophyse est simple. Les Hottentots, qui nous présentent de si nombreux caractères d’infériorité, ressemblent encore en cela aux anthropoiïdes et aux autres singes : on peut dire que chez eux le type primitif s’est maintenu, et on est en droit d'expliquer par une réversion les cas où semblable disposition s'observe chez des individus appartenant aux races humaines supérieures.
Nous ne nous inquiéterons pas de savoir quel est le nombre primilif des vertèbres cervicales de l’homme; nous avons eu l’occasion d'y insister dans une autre publication. Pour l'instant, nous nous occuperons seulement du nombre des vertèbres dorsolombaires.
Chez l'homme, leur nombre total est de 17, soit 1245, mais il peut être exceptionnellement de 1345, comme je l’ai vu moimême sur le squelette de Ph.-Fr,-Th. Meckel‘; de 1344, comme Camper et Fallope en ont rapporté des exemples; de 11+6, ainsi que l’a vu Eustache, etc, Nous pourrions citer encore d'autres faits du même genre. Ceux qui précèdent suffiront néanmoins à montrer que les vertèbres sont loin d’être fixes dans leur nombre et qu’elles peuvent présenter de remarquables variations.
Chez les anthropoïdes, ces variations sont encore bien plus grandes, à tel point que les auteurs sont lein de s'entendre sur la formule vertébrale dorso-lombaire de quelques-uns d’entre eux. Cela ressort du tableau suivant :
OnaxG, HTANDHESE See ce re 11+5
Rosenberg (2 cas).. . . . .
Nronk(0/cas) CE en:
Owen (4 cas). . . . . . . .
BLOLHINE : SRTEN PME 20 ADN ra ner ONENT(2 CAS). : . Lo Haeckel te. CRIE RE GoniLze. CONENTIN TE SIL PIED RTE DENTS DOME PRET RMPENTON- a ce: 0e ONMEDA MNE COM 22 HAPPÉGL A. OU Us cu 15+4
1. Raphaël Blanchard, Les universités allemandes. Un vol. in-8 de 260 p. Paris, 1883. Yoir p. 29.
CHIMPANZÉ. Duyernoyvees 7.01:
Owen. ARR 7. À. \ Duvernoy PMU CU 21 Owen: RAM CE. 15e.
ROSENDE CET ChampneysÆ . . . : ..
BEOCA. RE
Rosenberg... . XcMy, Hieckel A PL ION . \ 14+4
Grzox. Hylobates\sp.N-14Elover. AM CU EN. 15 +7? Id |
H. syndactylus, . Duvernoy.. , . . . . . . .
Htleucracust. Ml Owen. RUE D. | 13+5
Hesp EM aeckel . MMM 'AUMENIN | Id. Owen. REC 1
Malgré les contradictions qu’il présente, ce tableau nous démontre pourtant que, à part le cas de l’orang, les vertèbres dorsales sont le plus ordinairement au nombre de 15 chez les anthropoides; en même temps, on ne trouve que quatre lombaires. Il est donc vraisemblable qu’on aura affaire à un phénomène d’atavisme toutes les fois que cette même formule 15 + 4 se trouvera réalisée chez l’homme. L'état secondaire est, par conséquent, celui où la dernière vertèbre dorsale a perdu ses côtes et s’est transformée en une lombaire, c’est-à-dire l’état dans lequel la formule devient 1245. C’est précisément la disposition particulière à l’homme ; c’est encore celle du gibbon cendré; c’est enfin celle que présentent les orangs d’Owen et de Haeckel, par une sorte d’anomalie de perfectionnement.