‹ L'atelier d'un peintre (volume 2)Chapitre 7 sur 10 · LES JOURS HEUREUX · texte numérisé non relu

LES JOURS HEUREUX

Ton m’a fait ici : qu’en dites-vous , mon frère ? je m’en rapporte. — C’est assez juste , répondait-il en me tendant la main. Je la serrais, cette main, et elle me retenait encore trois autres mois ; car il n’y en a jamais eu de si fraternelle , de si liante , de si enchaînante pour mon cœur que cette main de mon frère Félix! Ainsi, je restais!

Votre mère venait bien a son tour me lancer cpielquefois un regard , un mot réveillant; mais quand j’avais dit cinq à six fois : c’est vrai ! aux conseils excellons qu’elle avait médités pour me faire partir, elle m’exhortait a être bien sage; tremblait de tous les dangers que les jeunes hommes courent sur les grands chemins, loin de leurs familles; et je restais! Alors, je peignais votfë poupée, une enseigne, un saint, pour quelque chapelle qu’on relevait sans le déclarer aux autorités municipales ,

qui fermaient les yeux et les oreilles , quand on y chantait V Angélus ou la messe.

Des tableaux payés parfois en argent; dix autres payés en paroles affectueuses; quelques promenades avec vous , petite , et vos sœurs, autour du rampart et du grand calvaire; la tour Notre-Dame a gravir, pour saisir d’un coup d’œil ma ville natale , et les maisons de tant d’êtres aimés; et puis, sans presque y penser, le bonheur de moraliser cette tendre maîtresse de mon camarade absent, de la contrôler, tantôt sur sa tristesse, tantôt sur sa toilette un peu trop élégante , ce qui n’était que lui faire un reproche d’être belle; car cette charmante fille ne pouvait porter rien, qu’elle ne l’ornât jusqu’au luxe; voilà mes liens. C’était comme une volière où j’aurais été désespéré qu’il me poussât des ailes : Marianne tournait à l’entour; votre mère , je vous l’ai

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