‹ L'Athéisme du dix-neuvième siècle [electronic resource]Chapitre 20 sur 30 · EXAGÉRATIONS · texte numérisé non relu

EXAGÉRATIONS

rellement que c'est afin de ramener les plus sceptiques dans les voies du spiritualisme pur, que la suprême Intelligence a permis cette exhibition de faits extraordinaires, prodigieux, inexplicables, sur lesquels la science a été mise en demeure de se prononcer, et qu'elle a accueillis avec une opiniâtre et invariable incrédulité. Quant à moi , je me permets de n'être pas sous ce rapport de l'avis des philosophes chrétiens; j'estime que l'antagonisme qui s'est établi depuis quelques années entre le matériahsme et le spiritualisme n'a pas pour fin la victoire de l'une ou de l'autre de ces doctrines, aussi vieilles que le monde; mais tout simplement celle du psycho-matérialisme , qui seul peut être admis dans une création dont tous les êtres sont à la fois, et sans aucune distinction de régne, corporels et spirituels.

D'une part, en effet (je l'ai déjà dit ailleurs et je crois devoir le répéter encore ici), la matière n'est jamais pure ou simple, puisque nous reconnaissons dans les corps qui tombent sous nos sens l'existence des forces chimiques, des affinités, des propriétés ou vertus spécifiques; toutes choses qu'aucun moyen d'investigation ne peut saisir ou isoler. D'autre part, les êtres organisés, les corps vivants . sont encore bien moins simples , puisqu'ils sont le siège des merveilles qui relèvent de la végétabilité , de l'animalité, et que, de plus, ce n'est que parmi ceux de ces ^ corps vivants qui possèdent un système nerveux encéphà- Hque que se produisent les phénomènes intellectuels et moraux, non moins insaisissables dans leur essence que les actions chimiques et vitales proprement dites.

Sans doute, c'est de la méditation des phénomènes intoUecLuels et moraux (juc sonl nées nos premières spécu-

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lations philosophiques sur la nature spirituelle pure finie (anges et démons); mais cette nature, dont nous pouvons cà la rigueur ^àmQiivQ à priori l'existence comme on admet celle de tout être de raison , comment pourrions-nous nous en faire une idée abstraite dans notre milieu psychomatériel? pouvons-nous la comprendre plus facilement, je le demande, queceHe de Dieu lui-même, qui est l'esprit pur infini, que nous devons placer en dehors, au-dessus de tout, et sur lequel il appartient aux seuls théologiens de disserter?

Avant d'aUer plus loin, je crois devoir faire connaître que je-ne dirai rien, dans ce chapitre, sur le magnétisme animal ou le mesmérisme, dont tous les phénomènes ont un caractère de duahté facile à démontrer, et peuvent être considérés comme naturels. Longtemps je les étudiai en simple curieux, en physiologiste, en médecin philosophe qui tient à s'instruire sans chercher à se créer une scabreuse spécialité ; je crois donc savoir au juste ce quil faut en accepter et en rabattre. Toutefois je me crois aussi obligé à déclarer, en passant, dans l'intérêt de la société, et bien que je n aie pas à faireici l'histoire et l'appréciation du magnétisme, qu après avoir assis mon opinion sur lui, ce fut avec bonheur que je cessai de m'en occuper. J'avais compris en effet, tout d'abord, que le médecin le plus honorable le plus considéré, le plus instruit, ne peut manquer de devenir un charlatan de la pire espèce, ou du moins de passer pour tel , s'il se hvre particuhèrement à son exercice : alors même qu'il y apporte toute la délicatesse, tout lé ■ esintéressement possible. Au fond, le magnétisme esten lui-même, d faut bien en convenir, immoral, dangereux .anti-social, et nous devons tous souhaiter qu'il ne'to^ba

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