DOCUMENTS A L'APPUI
Les deux chapitres qu'on vient de lire, et qui contiennent l'histoire abrégée du positivisme et le jugement que je porte sur lui, sous le rapport médical, avaient été écrits en Bretagne depuis plusieurs mois, lorsque le compte-rendu de la séance publique de rentrée des Facultés à Aix en Provence (49 novembre dernier), m'a apporté le document suivant, dont l'importance sera facilement comprise, puisqu'il émane d'un homme éminent dont la compétence ne sera pas sans doute déclinée, de M. Philibert, professeur de philosophie à la Faculté des
lettres. . .
Il m'est d'autant plus agréable de faire connaître son appréciation
du positivisme et des tendances de la philosophie moderne, qu'il appartient, précisément comme moi, à cette Université sur laquelle pèsent sans cesse des accusations de matérialisme et d'athéisme. Voici les passages les plus remarquables de son discours :
« Ce qui attire aujourd'hui l'attention, c'est ce qui touche aux intérêts matériels, c'est l'industrie et ses merveilles, ce sont les applications utiles. Pour ceux qui aiment encore les recherches désintéressées, ils trouvent une ample matière dans les progrès non interrompus des sciences spéciales : celte multitude toujours croissante de faits nouveaux qu'accumulent des milliers d'observateurs, les expériences ingénieuses et frappantes de nos illustres physiologistes, la critique historique et philologique, la comparaison des langues et des traditions des différents peuples, en un mol les faits de toute sorte, les faits de la nature et de la société, voilà ce que Ton étudie curieusement. Mais la spéculation est délaissée.
,Une école qui acquiert de jour en jour plus d'influence, l'école positiviste, justifie ces tendances et les érige en système. EUe déclare
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que le savoir humain ne peut avoir qu'un seul objet, les faits, et rien que les faits. La connaissance des causes nous est à jamais inaccessible. Toute théorie doit être confirmée par l'observation : aucune affirmation n'est certaine, si elle ne peut être vérifiée expérimentalement. La philosophie doit se borner à réunir et à coordonner les résultats généraux des sciences spéciales, des mathématiques, de la physique, de la physiologie, de l'histoire. Toute spéculation sur les réalités invisibles, sur les causes premières, sur l'essence des êtres, doit lui être interdite.
• Cette philosophie, que nous serions tenté d'appeler négative, puisqu'elle nie ou exclut tout ce que l'on a considéré jusqu'ici comme Tobjet de la philosophie , ils veulent qu'on l'appelle philosophie positive.
• Au nombre des choses dont nous ne pouvons affirmer l'existence, ils placent l'âme humaine. Les facultés que nous appelons facultés de l*âme, ils veulent qu'on les appelle facultés du cerveau, facultés cérébrales : ainsi les affections, l'intelligence, la conscience morale, le discernement du bien et du juste, le sentiment du beau, sont pour ces philosophes des facultés cérébrales. Us se défendent pourtant d'être matérialistes ; mais ils ont bien de la peine à maintenir la limite étroite qui sépare leur doctrine du matérialisme, tel que le soutiennent les physiologistes héritiers de Cabanis et de Broussais. CeuX'Ci disaient que la matière seule existe ; les positivistes se bor^ nent à affirmer que nous ne connaissons et que nous ne pouvons connaître que les propriétés de la matière.
> Si nous jetons les yeux en dehors de la France et de l'Allemagne, partout nous voyons se manifester les mêmes tendances. L'école écossaise a perdu son dernier représentant, qui déjà, se rapprochant des conclusions de Hume et de Kant, refusait à Tintelligence humaine la connaissance de l'inconditionnel. Aujourd'hui, le philosophe dont le nom est le plus célèbre en Angleterre, M. Mill, est un des défenseurs de la doctrine positiviste ; sans incliner si fortement au matérialisme, il n'en réduit pas moins la philosophie à la logique et à une psychologie sensuahste.
• Aussi, en présence de ce mouvement général des esprits, les chefs du positivisme et ceux de la nouvelle éC/ole critique s'accordent-ils à
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prédire la fin prochaine de la métaphysique, c'est-à-dire de la philosophie, telle qu'elle a été comprise par tous les grands penseurs qui Pont créée, depuis Aristote et Platon jusqu'à Descartes et Leibnilz.
>7i m'est impossible y Messieurs, de souscrire à cet arrêt. Je suis convaincu au contraire que la philosophie est vivante, bien plus, qu'elle est immortelle ; et par philosophie je n'entends pas ici celle qui se borne à enregistrer les résultats des sciences positives, yen-^ tends la vraie philosophie, la science de Vinvisiblc et de Vidéal, des causes cachées, des premiers principes; je crois que cette philoso» phie vivra, parce que je crois à la continuation de la vie et duprO' grès dans l'humanité,
9 Exposer les raisons sur lesquelles se fonde cette conviction, ce serait dépasser de beaucoup la limite de ce discours. Je me bornerai à en choisir quelques-unes, parmi les faits que les adversaires de la philosophie ne contestent pas et ne peuvent contester.
«L'histoire établit de la manière la plus positive que l'esprit humain a toujours aspiré à la connaissance de l'invisible, du divin, de l'infini. Les idées religieuses et morales sont celles qui, à toutes les époques, ont fait la vie et la force des nations. On étudie aujourd'hui minutieusement les antiques traditions des différentes races humaines et les plus anciens vestiges de leurs croyances, on recherche l'origine et la formation des dogmes religieux. Ces travaux difficiles et souvent arides excitent dans le public lettré un vif intérêt. Ne faut-il voir là, Messieurs, qu'une pure curiosité historique ?
>Si ces aspirations de l'humanité ne correspondaient à aucun objet réel, si nous étions condamnés à une ignorance invincible sur la nature de la cause suprême et sur notre destinée future, si, comme le croient les adversaires de la métaphysique, l'immortalité de l'âme n'était qu'un rêve poétique, à quoi bon consacrer tant de temps et tant de peine à l'histoire de ces croyances, qui ne seraient, en définitive, que des illusions et des aberrations de l'esprit ?
9 L'attention qu'excitent ces travaux de la critique religieuise a donc une autre cause. S'ils sont suivis avec tant d'intérêt, c'est qu'on y cherche, peut-être sans bien s'en rendre compte, quelque lumière au sujet de ces grands mystères qui, malgré les apparences, tiennent toujours une place considérable au fond de la pensée des hommes. On
sent que ces antiques croyances, ces affirmations instinctives du genre humain, correspondent à des réalités absolues, toujours imparfaitement connues sans doute, mais dont la connaissance, quelque incomplète qu'elle soit, est l'élément le plus essentiel de la grandeur et de la dignité de l'homme.
> D'un autre côté, le progrès des idées morales, la connaissance de plus en plus parfaite des principes du droit, l'amour de plus en plus vif de la justice et de l'humanité, l'application de plus en plus exacte de ces principes dans les lois et dans les rapports des peuples entre eux, sont des faits que les philosophes de l'école positiviste s'accordent avec nous à constater; mais ces faits sont incompatibles avec leur doctrine. Ce progrès de la morale sociale prouve en effet nécessairement qu'à chaque époque les hommes conçoivent une justice plus parfaite que celle qui se trouve actuellement réalisée autour d'eux. Cette notion ne peut avoir sa source dans la connaissance des faits, puisqu'elle les dépasse, puisqu'elle leur est souvent opposée. Cette idée d'une perfection plus haute et cette tendance perpétuelle de l'humanité vers un état meilleur ne peuvent se comprendre, si l'on n'admet pas qu'il existe un type éternel du bien et du juste, qui règle et qui mesure la justice et la vertu toujours imparfaites des hommes.
> Enfin le monde lui-même, l'ensemble des faits que nous observons dans la nature, ne se comprend pas sans l'existence de ces causes supérieures et invisibles. La philosophie positive reconnaît dans la réalité qui est l'objet de l'expérience, plusieurs degrés de perfection, plusieurs catégories de faits, dont chacun a ses lois irréductibles: les vérités mathématiques, les phénomènes physiques et chimiques, la vie, l'intelligence et la société. A chacun de ces degrés du progrés de la nature, il se produit des faits qui ne peuvent s'expliquer par ceux qui les ont précédés. La vie et l'organisation ne peuvent être des conséquences des propriétés de la matière brute : la faculté de sentir, qui distingue V animal de la plante, ne peut être un résultat de l'organisation. Enfin, les caractères propres de la nature humaine, la raison, la faculté de discerner le vrai et le beau, les notions morales, ne peuvent s'expliquer par aucun des faits antérieurs à rhomme.
»Ces différents ordres de faits, qui se sont manifestés successive-
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ment dans le monde visible, supposent donc des causes invisibles et éternelles.
>Ces causes sont-elles, comme on le dit, absolument inaccessible>
à Tesprit humain?
» Pour établir cette impossibilité de connaître les causes, on ne peut alléguer que deux raisons : la diversité et Topposition des théories métaphysiques entre elles, et Timpossibilité de vérifier l'exactitude de ces théories par l'expérience.
» Je conviens qu'assez souvent les philosophes ne s'accordent pas entre eux: mais les savants s'accordent-ils toujours? Combien n'y a-t-il pas, sur les principales questions de la physique, de la chimie, delà zoologie, d'opinions diverses, de systèmes contraires? Combien d'hypothèses universellement adoptées ont été renversées par de nouveaux faits? Après la condamnation du phlogistique par Lavoisier, est venue celle du fluide magnétique par Ampère ; celle du calorique et des fluides électriques est imminente; l'hypothèse de Newton sur la lumière est généralement abandonnée ; le système des germes préformés n'a plus guère de défenseurs. Et il en est ainsi, même pour les faits, visibles par leur nature, qui ne sont inaccessibles à l'observation qu'en raison de l'époque reculée où ils se sont passés. Les géologues les plus illustres supposaient, il n'y a pas encore bien longtemps, de brusques révolutions, des bouleversements subits qui seraient venus, à des intervalles très-éloignés, changer l'état de la surface du globe : aujourd'hui l'opinion qui tend à prévaloir est celle qui n'admet que des changements lents et continus, analogues à ceux qui se produisent actuellement.
» Et combien de questions au sujet desquelles la lutte dure encore, combien de problèmes sur lesquels l'incertitude est absolue ! Les physiciens ignorent si la matière est divisible à Vinfini, ou si elle se compose d'atomes de figure invariable : peut-être est-elle constituée par une collection de substances simples, llsne savent pas si les corps sont formés d'une seule espèce de matière ou d'éléments essentiellement distincts ; si les phénomènes de la physique et de la chimie sont des conséquences des lois de la mécanique, ou s'ils supposent des forces spéciales. Les physiologistes disputent encore et disputeront longtemps sur la nature et Vorigine de la vie, sur Vimmutabilité ou la
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variabilité des espèces organiques, sur les générations spontanées, sur les causes finales. Le monde matériel n'est donc pas mieux connu que le monde spirituel.
» Il y a sans doute dans les sciences physiques une multitude de faits très-exactement observés, et un grand nombre de vérités incontestables ; mais la psychologie, la logique, la morale renferment aussi des faits parfaitement constatés et des théories d'une certitude rigoureuse. Sur d'autres points il existe des systèmes divers, opposés, contestables ; l'avenir distinguera ce qu'il y a de vrai et ce qu'il y a de faux dans ces systèmes. Mais dans tous les ordres de sciences, ce sont ces théories anticipées, ces conceptions à priori qui préparent la découverte des vérités positives. Sans elles, l'élude même des faits, l'observation, serait stérile. C'est presque toujours pour vérifier une hypothèse préconçue que le savant fait des expériences. Toutes les grandes découvertes ont été pressenties par le génie de l'homme avant d'être rigoureusement confirmées par l'observation ou le calcul.
• J'arrive maintenant à une autre objection contre la philosophie : les théories philosophiques ne peuvent se vérifier expérimentalement.
»En fait, l'objection est fondée : si les lois de la psychologie et de la logique se vérifient par l'expérience intérieure et par l'histoire, de la môme manière que les lois physiques se vérifient par l'observation externe, il faut avouer que les principes les plus importants et les plus élevés de la philosophie ne se prêtent à aucune vérification de ce genre.
«Mais est-il vrai qu'il n'y ait rien de certain que ce ce qui peut être ainsi vérifié?
>Les savants qui le prétendent placent au premier rang des vérités positives les vérités géométriques, et ils ne mettent pas en doute la certitude des vérités morales.
» Or en examinant d'abord les vérités géométriques, nous reconnaissons, il est vrai, qu'elles peuvent être soumises dans une certaine mesure à cette épreuve de l'expérience ; mais leur certitude n'en dérive pas et n'en dépend en aucune façon. Je ne crois pas qu'aucun géomètre, pour être assuré que la surface du cercle est égale au produit de sa circonférence par la moitié de son rayon, ait eu besoin de mesurer des cercles matériels.
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fOO PIÈCES JUSTIFICATIVES
• Quant aux vérités morales, non-seulement elles n'empruntent pas leur certitude à rexpérience , mais elles ne peuvent en aucune manière être vérifiées empiriquement.
lOn ne peut les vérifier en observant les actions des hommes, puisque ces actions sont souvent contraires aux lois morales. On ne peut les vérifier en examinant les conséquences utiles ou nuisibles de notre conduite, parce que la valeur morale des actions humaines ne se fonde
pas sur leur utilité.
»0n pourrait chercher quelles ont été et quelles sont encore, chez les différents peuples, les opinions reçues sur les questions de morale; mais constater la généralité plus ou moins étendue d'une opinion, ce n'est pas mesurer sa certitude. Et d'ailleurs, à ce compte, tous les dogmes métaphysiques pourraient être soumis à la même épreuve.
»ll reste donc établi que les vérités morales ne peuvent être vérifiées par l'expérience. En sont-elles moins certaines? Quand j'affirme que c'est un devoir de tenir sa parole, et que tous les hommes ont des droits égaux, ai-je besoin, pour être assuré de ces vérités, de savoir si tous les hommes sont fidèles à leurs promesses, si l'égalité esl partout établie, ou même si la bonne foi et la justice sont partout estimées? Ne sais-je pas bien au contraire, comme le dit Cicéron, que l'honnête ne cesserait pas d'être digne d'estime, alors même qu'aucun homme ne l'honorerait?
1 L'école positiviste, en admettant la certitude des vérités morales, est donc en contradiction avec le principe de sa méthode, d'après lequel il n'y a de certain que ce qui peut être confirmé par l'expérience.
> Il lui est impossible d'ailleurs de trouver dans l'objet de la philosophie, tel qu'elle le définit, aucun fondement pour ces vérités.
»Si toute science véritable a pour objet les forces de la matière et les lois qui régissent ces forces, si l'esprit lui-même n'est qu'une des formes de l'activité de la matière, d'où viendraient les notions du bien, du juste, du devoir, les sentiments désintéressés? 11 serait trop évidemment absurde de dire que la justice et l'obligation morale sont une conséquence des lois de la mécanique ou de celles de la chimie, qu'elles résultent d une nécessité semblable à celle qui fait que le poids le plus lourd l'emporte sur le plus faible, et de la transformation des forces motrices. Le maUrialUme conséqumi ne peut étabUr
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qu*une seule morale, celle de Hobbes et d'Helvétius : le devoir te mesurant à l'intérêt, le droit fondé sur la force.
9 L'expérience montre cependant qu'il existe dans l'homme un instinct naturel de bienveillance et des affections sympathiques. Au xviii® siècle. Hume et Adam Smith avaient cru trouver là une base suffisante pour la morale. L'école positiviste, à leur exemple, constate l'existence de ces sentiments dans la nature humaine ; elle les rattache, comme les facultés intellectuelles, à la conformation du cerveau; elle cherche à déterminer les parties de l'encéphale qui correspondent à chacune de ces facultés; et c'est sur l'étude anatomique et physiologique des lobes du cerveau et de leurs fonctions qu'elle prétend fonder la morale positive.—» Ainsi l'honnête, le juste, la dignité de la vertu, la valeur infinie de la bonne volonté, dépendraient de la structure du cerveau : une autre composition de ses tissus, une autre disposition des plis ou des circonvolutions cérébrales aurait pu faire que la reconnaissance cessât d*être estimable et l'ingratitude blâmable, que la bonne foi fût un vice et la perfidie une vertu.
• Mais il ne sert de rien aux positivistes d'étabhr en fait l'existence des sentiments bienveillants dans l'homme, puisqu'ils ne peuvent expliquer comment l'homme serait obligé de soumettre sa conduite à ces sentiments. Une inclination instinctive ne peut engendrer une obligation. La raison, disent-ils, juge les sentiments; mais la raison, telle qu'ils l'entendent, n'a point de principe qui ne soit emprunté à l'expérience. C'est donc au nom de l'expérience qu'elle jugerait les sentiments et les actions, c'est-à-dire au nom de l'utilité. Quelque artifice que l'on emploie, il est impossible de faire sortir de là aucun droit, aucun devoir, aucun principe universel de morale.
• Les principes du devoir et du droit sont des vérités supérieures à l'expérience, au nom desquelles la conscience humaine juge les faits, et dont par conséquent nous ne pouvons juger en consultant les faits.
»Si ces principes sont vrais et assurés, s'ils ont une autorité absolue, si le droit et la justice sont des réalités éternelles et immuables, c'est donc que l'esprit humain peut établir» indépendamment de toute observation, des vérités certaines ; c'est que la connaissance des réalités supérieures aux objets de l'expérience ne lui est pas interdite ; et par conséquent la métaphysique est possible.
> Je ne veux pas conclure de là que ia philosophie doive se fonder entièrement sur des spéculations à priori, et ne rien emprunter à rexpérience. Cette prétention était celle de Hegel, et elle a été en grande partie la cause de Tinsuccès de ses tentatives. Il est vrai, aujourd'hui comme au temps de Bacon, que la subtilité de la nature dépasse infiniment celle de Tesprit humain ; c'est s'exposer à un échec inévitable, que de vouloir la deviner sans l'observer.
> Une sage métaphysique ne s'élève aux conceptions spéculatives qu'en s'appuyant à la fois sur l'étude de la nature humaine, telle qu'elle apparaît dans la conscience individuelle et dans l'histoire, et sur les résultats progressifs de l'observation de l'univers. L'immensité du monde dans l'espace, révélée par l'astronomie ; la succession des formes dans le temps, découverte par la géologie ; la finalité et la beauté de la nature, telles qu'elles se manifestent dans la science des êtres vivants; les vérités esthétiques, les vérités morales, tous les faits généraux que les progrès des sciences positives étendent de jour en jour, servent de bases à ses spéculations.
> EUe n'e$père point achever la science ; elle n'ignore pat que la nature, dans ta majesté, nout cache encore et nout cachera toujours bien des secrets. Mais elle s'efforce d'ajouter quelques matériaux à l'œuvre des siècles, et sachant que la vérité est infinie, elle en conclut que la recherche de la vérité ne doit point avoir de terme, et par conséquent que la Science et la Pldlosophie sont immortelles. >