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5i PHILOSOPHIE ET MÉDECINE.
Texcentricité ; comme lui, il prétendit connaître la pierre philosophale. Sa passion pour Talchimie fut extrême, mais ses idées sur les causes premières furent, comme on vient de le voir, très-orthodoxes, et ne permettent nullement de le considérer comme un matérialiste pur et un athée.
A peu près dans les mêmes temps vécurent plusieurs médecins célèbres, tels que Zuinger, Fernel, Baillou, Amatus le Portugais, Lommius, Forestier, Durer. Tous furent les commentateurs d'Hippocrate , de Galien ; ils s'efTorcèrent de combiner ensemble les doctrines de ces pères de l'art médical, et adoptèrent leurs principes sur les causes premières. Je n'en donnerai pas ici la preuve positive, comme je viens de le faire pour Van Helmont, parce que leurs sentiments ne furent jamais mis en doute. Il doit me suffire d'ailleurs, dans cette revue si rapide du panthéon médical, de m'arrêter devant les plus grandes et les plus illustres figures , devant celles des hommes dont la renommée a été populaire, et qu'on peut regarder à bon droit comme les véritables princes de la médecine.
J'espère n'en oubUer aucun, et justifier, par ces imposantes autorités, la plus noble des sciences des injustes accusations qu'on fait peser sur eUe . Qu'importe en efî'et, après des témoignages si concluants, si authentiques et surtout si pleins de compétence, qu'on puisse démontrer que le Corps médical compte à cette heure dans son sem, soit à Paris, soit en province, des coryphées plus ou moins obscurs ou inconnus de l'athéisme et de l'épicurisme ? Qu'importe même que des hommes d'un mérite incontestable, gaspillant les talents supérieurs que leur a départis la Providence, se laissent égarer jusqu'à oser dire au sein
TÉMOIGNAGES ET AVEUt. 65
d'un corps savant d'abord, ensuite dans un livre qui n'a pas été soumis à l'impôt du timbre :
a Le système des atomes explique tous les phénomènes de l'univers mieux qu'aucun autre système connu.
» Il n'y a point de Dieu.
» Il n'y a point d'âme.
» La croyance à un être créateur, conservateur et rémunérateur, et à l'immortalité de l'âme, est éminemment pernicieuse à la société, et par conséquent les peuples ne seront moraux, sages et heureux que lorsqu'ils seront athées»?
Je n'ai jamais su le nom de l'auteurde ces inqualifiables assertions, et je n'ai pas lu son livre; je n'en parle que d'après ce que j'en ai appris dans un ouvrage du docteur Kiihnholtz, intitulé : Paris et Montpellier sous le rapport de la philosophie médicale. Ce médecin, après avoir cité le passage que je viens de rapporter moi-même, déclare a qu'on ne saurait trop le reproduire, afin de flétrir le cynisme révoltant dont il est l'expression » . Il désigne l'auteur par les simples initiales de son nom, et s'étonne que l'Académie de médecine ait pu tolérer une pareille
lecture.
Quant à moi, j'estime qu'un corps savant peut entendre sans inconvénient des discours de ce genre, sous la seule condition d'en démontrer, séance tenante, la faiblesse et l'absurdité.
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