boulevard Saint- Micht'l
Extrait du compte-rendu de la séance du Congrès iiljre des Sociétés savantes de province, où a été traitée la question de la liber lé de l'enseignement supérieur.
.... 5» Question de l'enseignement public, — La question de la liberté de l'enseignement et celle du niveau des études ont été brillamment traitées par plusieurs orateurs.
M. de Lapeyrouse a commencé par développer ses idées sur les nécessites pressantes de réclamer la liberté de l'enseignement supérieur, qui est un besoin public et une dette contractée par le gouvernement dans la loi de i850. Il démontre que le monopole ne donne de garanties ni à la force des études, ni à la conscience religieuse des familles, ni aux principes que la société est intéressée à faire respecter. 11 parle des universités étrangères, qui, sous tous ces rapports, nous sont supérieures, et demande qu'on émette un vœu pour le libre enseignement supérieur, et pour que les grades des facultés officielles soient conférés par des jurys de gradués, et non par les professeurs en exercice.
M. DoGNEz fils expose, dans une savante et élégante causerie , l'état actuel des universités allemandes, belges et anglaises, qu'il connaît à fond.
En Belgique, dit-il, l'enseignement est libre; mais nous ne sommes pas très-enchantés de cet état de choses. Il y a trois universités libres à côté de l'université officielle. Celle de L^uvain a été l'œuvre du clergé; celle de Bruxelles est l'œuvre des francs-maçons; celle de Liège dépend du gouvernement. Dans les chaires de l'Étal, les professeurs enseignent les opinions qu'ils veulent et se combattent sou-. vcol. En somme, les études sont loin d'être solides.
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En Allemagne, où les éludes £0iJt bemicoup [.lus forlesjes uiiiversites sont des créations gouvernementales; mais la multiplicité des États qui les ont créées y entretient une salutaire émulation que développent ensuite les professeurs libres. En Allemagne, tout docteur d'une université a le droit de créer une chaire libre à côté de renseignement officiel, pourvu qu'un certain nombre d'élèves s'engagent à suivre ses cours Les cours de ces professeurs privés, nommés privât doceni, ont une influence trés-sérieuse sur le niveaii de l'enseignement, ils tiennent en haleine les professeurs officiels, qui d'ailleurs s'adjoignent les privât docent les plus célèbres. Ceux-là sont trèo-recherchés par les étudiants. Ensuite les grades sont conférés par des jurys composés de docteurs, et non par les professeurs, comme en France.
Les étudiants habitués des brasseries y discutent les litres de leurs professeurs, et ceux-ci n'ont en général pour auditeurs que les élèves qui ont décidé de leur donner la préférence. De là l'indépendance de> élèves à l'égard des professeurs, de là la nécessité pour eux de se tenir prêts à subir des épreuves sérieuses pour obtenir leurs grades.
En Angleterre, il y a trois universités qui ont leurs règlements distmcts. Là, pas de professeurs privés; les professeurs se recrutent eux-mêmes par l'élection et confèrent eux-mêmes les grades. Mais pour exercer, il faut un ordre de i'évcque anglican. Le diplôme n'a qu'une valeur scientifique; pour exercer la profession d'avocat ou de médecin, il faut subir un nouvel examen devant un jury de ces corporations.
En Belgique, il faut subir un examen de doctorat spécial pour professer. Le jury statue, mais c'est un professeur qui interroge.
.M. Dognez fils conclut en disant que l'État devrait surveiller l'enseignement, et surtout s'occuper de maintenir le niveau des études et admettre les professeurs libres et même les universités libres, mais à condition que leurs professeurs donnassent les garanties de capacité représentées par les grades.
M . de ViLLENEL ve-Flayosc, ingénieur en chef des mines, démontre que l'abaissement du niveau scientifique à l'école Polytechnique est le résultat d'un programme trop étendu, de V absence d'études philosophiques, et d'un règlement intérieur défectueux. Moralement et
scientifiquement, V école est en décadence. A l'école Centrale, même déclin depuis que l'État s'est substitué à la société qui avait créé cette école, si utile à la France ; les professeurs nommés par l'État n'ont pas le zèle des professeurs nommés par leurs pairs.
Les écoles de Droit, de Médecine, avec leurs agrégations indépendantes les unes des autres, offrent les mêmes éléments de décadence. Pas d'examen de fin d'année ; pour la collation des grades, les professeurs examinent eux-mêmes les élèves, qui savent comment remplacer le vrai savoir par certaines réponses toutes faites, agréables à chaque professeur. Aucun esprit scientifique ni philosophique. L'enseignement des sciences naturelles est également dénué de suite et de vues générales; les explorations pratiques qui l'éclairent sont inusitées.
Notre enseignement libre, tant religieux que laïque, est à peu prés dans le même état : mômes routines et même incohérence. On apprend quelques bribes de latinetdegrec en huitans, alors que dans le même espace de temps, en Allemagne, on apprend ces deux langues et trois langues vivantes en sus. — Les programmes des examens, aussi déplorables que ceux des classes, enferment les juges dans des questions toutes faites. Pas de liberté ni de publicité; partout l'ombre de la science pour le corps.
Au sommet des études , la question morale devrait se poser avec l'autorité de la religion et de la métaphysique, qui domine toutes les sciences et préserve l'âme du matérialisme et de l'empirisme , auquel pousse l'étude des phénomènes qui ne se rattachent pas à l'étude des lois primordiales. Alors la liberté morale périt sous le matérialisme.
Il n'y a que les associations libres qui , en s'organisant partout et substituant des livres substantiels aux livres squelettes en vogue aujourd'hui, puissent relever l'enseignement et l'éducation en France, et pousser l'enseignement officiel à se régénérer.
M. Raudot combat l'idée d'après laquelle l'État doit l'enseignement. L'État n'a ni le pouvoir , ni la mission d'élever les hommes , surtout en France, où l'État n'est que leur mandataire. Le père de famille seul lientcetle mission de Dieu, et seul peut la déléguer à qui lui plaît.
M. Raudot n'est pas partisan des écoles Polytechnique et Centrale; il croit qu'il y auraitmieux à faire pour propager la science. Quant aux Facultés, il n'y a de bonnes que celles qui sont indépendantes et sont
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tenues en éveil par la concurrence. Telles élaienl les universités du moyen âge, qui avaient plus d'élèves que les écoles actuelles. On ne Jes créait pas comme aujourd'hui dans de grandes villes ; elles étaient au contraire dans de petites villes ou à la campagne. L'orateur demande la liberté d'étudier où Ton veut et sans payer d'inscriptions. Nos Facultés de province sont abandonnées par les élèves , qui veulent venir à Paris mener une vie dissipée et dissipatrice trop souvent; elles n'ont qu'un moyen d'attirer lesjeunes gens : c'est de se montrer faciles pour les examens; elles recueillent ainsi le rebut des Facultés de Paris, et donnent des grades à des sujets incapables.
Ce vif et intéressant débat se termine par un vœu en faveur de la liberté de l'enseignement supérieur, à condition que les professeurs respectent les lois et les principes qui sont la base de la société et de la morale religieuse.
Extrait du Journal de médecine de Bordeaux.
Bordeaux. 15 juin 1867.
Le Journal de médecine de Bordeaux, dans la lutte qu'il soutient contre la centralisation scientifique, rencontre, chose peu croyable, des adversaires en dehors du département de la Seine.
Un Parisien dépaysé dans les Landes, adorateur fanatique de la grande Ville et de la grande Faculté , repousse , avec une véritable furia, nos idées sur les Facultés provinciales; voici ce qu'il nous écrit de Mont-de -Marsan:
«Vous êtes toujours les mêmes, des Girondins; vous ne comprenez pas votre pays. Tout à fait à tort, vous nous comparez à l'Allemagne, ce grand polype qui n'a jamais eu de grands centres nerveux, et qui n'en aura peut-être jamais. Cela tient à la géographie de la France, à son tempérament, à ses mœurs, à sa constitution séculaire, à son génie. Voulez- vous que je vous le dise bien franc? votre système aboutit à ceci : petites Facultés , petits professeurs ; petites études, petits élèves, petits docteurs (minutidoctores), petites boutiques, petites ressources, petites rivalités, et l'anarchie chez les grenouilles... »
Moi je réponds; /li;ec renseignement scientifique et surtout médi-
cal tel que l'a constitué Virrésistible attraction du centre, voulezvous que je vous dise tout franc ce que vous produisez? Grande Faculté et grandes vanités, rares météores pour l'exhibition, et foule de mé^ocrités prétentieuses ; grands scandales, grande démoralisation ; cœur gangrené et membres torpides. Vous produisez l'anarchie en fermentation latente, et la police sur le pied de guerre permanent.
Vous criez comme tout le monde : Vive la liberté ! mais, mesurant l'abaissement produit dans nos provinces par la restriction arbitraire et le dépouillement systématique, vous doutez de ce que la liberté peut produire; je dis la liberté réglée de l'enseignement.
Je ne puis admettre que le ressort académique de Lyon , par exemple, avec ses trois millions d'âmes, ne puisse pas jouer un rôle scientifique pareil à celui d'Heidelberg, do Giessen, de Bâie, de VVeimar, de Bruxelles, ou de Montpellier et de Strasbourg. On maintient des institutions qui nous privent de nos hommes et de notre considération, de notre ressource et de notre dignité, et puis on dit : Voyez leur indigence ! et vous, mon ami, vous en riez tout le premier. Quittez, croyez-moi, ce rôle peu généreux : aidez-nous de vos eiïorts, encouragez-nous au moins de votre suffrage lorsque nous tentons de résistera cette colossale pieuvre qui prétend penser, observer, découvrir, étudier pour nous ; qui nous relègue volontiers dans les organismes inférieurs, et qui se persuade que le soleil du bon Dieu ne brille pas tout entier au-delà des fortifications de Paris.
— Autre phénomène : Un journal parisien, né depuis cinq mois, et qui dès sa première dentition vient dç subir une maladie incurable, veut bien concéder que nos aspirations vers la décentralisation de l'enseignement médical sont libérales eu apparence; mais il nous dénonce comme relevant de Rome et recevant le mot d'ordre de M. Veuillot, puisque nous invoquons le bras séculier pour obtenir, en faveur de nos Écoles , une pari au soleil des rémunérations , comme elles l'ont aux sourires du percepteur ; le bras sécu/ier pour que les jeunes gens, dont nous ferions très-bien nous-mêmes des docteurs, ne soient pas obligatoirement exposés à l'enseignement patronné par les coryphées du Phare de la Loire et par les illustrations du Congrès de Liège.
0 bienveillant confrère! ô vous qui avez en horreur le brassécU"
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lier, ayez la bonté de m'éclairer de vos conseils. A quel bras, s'il vous plaît, pourrai-je bien m^adresser? Quelle autorité ré^ti/ïi^re entendra les vœux que je forme pour que la centralisation scientifique n*ab. sorbe pas nos deniers et ne décourage pas incessamment nos efforts? Celte centralisation nous dédaigne parce que nous sommes faibles, et nous dépouille de peur que nous ne devenions forts. Veuillez considérer que le régime qui nous étouffe et nous affame au profit de MM. les Parisiens, bier socialistes, aujourd'hui positivistes, ne peut être réformé que par le bras séculier, c'est-à-dire par les pouvoirs publics. Demander ce qu'on désire à qui peut le donner n'est pas un acte tellement réactionnaire qu'on recule pour cela jusqu'à Torquemada. Rappelez-vous, je vous eu conjure, que je ne me plains pas de ce que messieurs tels ou tels enseignent le matérialisme sous le couvert du positivisme, et déclinent l'unité humaine et le libre arbitre par respect pour Bacon et pour la méthode expérimentale; je ne me plains pas qu'on voile officiellement son dernier mol par les rélicences d'Escobar, et qu'on laisse conclure ouvertement ses disciples; non, je ne veux pas qu'on impose silence à personne : « Si Von défend L publier des erreurs, on arrêtera les progrès de la vérité, parce que les vérités nouvelles passent toujours pendant quelque temps pour des erreurs, et qu'elles sont réputées comme telles par les magistrats attachés aux anciennes habitudes... Les causes se plaident quelquefois pendant des siècles, le public seul peut les juger». »
Assez de voix éloquentes s'élèveront pour ramener et convaincre la jeunesse; mais je me plains de ce que nos fils, après avoir rrçu dans nos écoles de province Renseignement dogmatique et pratique, soient contraints d'aller demander leur diplôme à d'autres professeurs dont y estime, donlj^admire le savoir, mais dont je désavoue, dont je combats, dont je déplore la doctrine philosophique.
— Un autre confrère, et celui-là de mes amis, blâme la vivaciié de mes attaques. A son gré, j'ai dépassé loules les bornes d'une polémique acceptable. Je me contenterai de lui faire observer qu'un journal scientifique est lu par des hommes capables de juger de la
1 Malesherbes; Mémoirfs sur la libraiHe, cit(is par Ed. Laboulaye. (V. Hev. descoura Uttèr., 1-- juin 1867. \uxs. 'il9.)
valeur des arguments, et qu'on ne séduit pas par des figures de rhétorique. J'ajouterai que nos pages sont ouvertes aux discussions, aux contradictions, aux rectifications d'ici ou de là-bas. Je me flatte de n'être pas de ceux qui réclament pour eux-mêmes ce qu'ils méditent de refuser aux autres sous toutes sortes de prétextes. La presse scientifique est une arène où les hommes civilisés vivent hardiment et loyalement de leur vie intellectuelle.
Ce qui m'afflige dans notre confrérie médicale, c'est qu'elle est encombrée de sous-entendus, de compromis, de petits intérêts, d'intrigues souterraines, sans compter les obstacles extérieurs. Chez eUe, hélas l la libre discussion engendre des hostilités implacables, que ne compensent jamais ni le dévouement des amitiés, ni la chaleur des reconnaissances. La condition première de notre savoirvivre est le mépris du cœur humain, la seconde est l'art de capituler. Je ne sais pas vivre à ce prix.
J. Jeannel.
Utire de M. le iJr Jeannel. pro/kssnir de pathologie interne à l'École
de médecine de Bordeaux, à M. le D- Cx (de Rayonne), sur le
Matérialisme enseigné aux frais du public.
«Vous me demandez, mon cher ami, ce qu'il arrivera, selon mon jugement, de notre première Faculté de médecine et de son drapeau où l'on peut lire en gros caractères les mots : Positivisme , matérialisme^ athéisme (sic).
• Vous me demandez si forgie du 22 mars , dans laquelle les professeurs, recevant de leurs disciples le programme impératif de leurs doctrines, se sont laissés consacrer matérialistes, sera indulgemment oubliée, comme un des nombreux et stériles pronMwctamew/o* du quartier latin, ou s'il doit en résulter quelque grave conséquence. »
[En réponse àces questions, mon savant collègue de Bordeaux se borne à rapporter in extenso la pétition Giraud, annonce qu'il l'a signée, qu'il a engagé tous les pères de famille à en faire autant et à s* abstenir d'envoyer leurs fils dans un amphithéâtre oii les doctrines avouées sont contraires à la morale publique-, il démontre ensuite que, bien qu'il soit membre du corps universitaire, nul ne saurait lui
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faire un crime de prolester contre une philosophie (celle de TÉcoIe de Paris ) qui explique logiquement C amour par une transformation chimique et le dévouement par une habitude organique^ qui convertira nécessairement les autels en table de dissection et remplacera le tabernacle par un calorimètre surmonté d*un microscope.] «Vous le voyez, mon cher ami, continue M. Jeannel, la Faculté de Paris reste sans défense contre quiconque l'ose désigner à l'opinion publique comme éminemment dangereuse pour la jeunesse, comme compromettante au plus haut degré pour Tautorité publique dont elle est émanée, et pour la nation qui Tentretient.
» Ce dont je me plains, ce n'est pas que Messieurs tel ou tel enseignent que la matière est tout; que l'équivalent mécanique de la chaleur rend compte aussi bien du va-et-vient d'un piston que de ce que j'écris en ce moment ; que l'homme est une résultante sans libre arbitre et sans responsabilité, etc. Je sais bien que le matérialisme menaçant l'ordre social révoltera toujours la conscience de l'humanité; — ce dont je me plains, c'est que cela soit enseigné officiciellement, sous le couvert de l'autorité publique,
» L'idéal que je poursuis, sans espérer de jamais l'atteindre, c'est que chacun puisse enseigner librement tout ce qu'il sait et tout ce qu'il croit , à condition de respecter l'ordre public , c'est-à-dire la liberté des autres. Ce dont je me plains, c'est que des vieilleries cent fois condamnées^ et qui concluent logiquement à l'abolition du droit et à la suprématie de la force brutale, soient renouvelées à mes frais et aux vôtres, aux frais du public au nom du Gouvernement, et qu'il soit obligatoire pour nos enfants de se réunir dans un amphithéâtre ou elles sont imposées aux professeurs, acceptées et proclamées par eux. Voilà ce qui révolte en moi le sentiment de la justice, voilà ce que je blâme de toute mon énergie et ce que je dénonce au bon sens de mes concitoyens,
»Ah! si, par impossible, la Faculté de médecine de Paris avait assez d'influence pour maintenir l'enseignement qu'elle vient d'inaugurer ou plutôt de démasquer, et s'il est aujourd'hui passé outre à mes protestations, je demande à prendre date; et lorsque la société se réveillera pour mau<lire ces doctrines qui pervertissent la conscience humaine, en détruisant la notion «le la solidarité et du devoir,
JUSTIFICATIVES. g^g
du beau et du bien, je demande qu'on se souvienne des efforts que
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.Que les subventionsde l'État, dit en finissant l'auteur de la lettre se repartissent équitablement entre les villes Drin.irlil ri !'
on fera un grand acte de justice, et l'on remédiera pacifiqu « ^^ dangereuse propagande dont le quartier latin est l'éLnel th^e.
.brutLr^^^ '^"^'^°^^^' ''^' '^ f^^iehisme
abrutissant et de centralisation énervante! Que la France favorise
également tous les foyers de lumière, comme elle repou " "^^^^^^^^^^^ tous les mauvais conseils et les mauvais exemples., '
Voilà ce qui s'appelle parler comme un livre, et ce qui me semble johdement appuyer ces paroles , que j'adressais aux krseillai? e im, dans un petit écrit de circonstance: Réponse d'un ilote de la provmce a M, Sanson de la Presse :
ô/JZ '' T^'' ^" persévérance et l'aide de Dieu, les causes lesplus désespérées finissent toujours par triompher lorsqu'elles sont justes; ne nous lassons pas dans notre pacifique croisade contre les utopies parisiennes; prouvons au monde que nous repoussons de toutes les forces de notre âme l'asservissement intellectuel qu'on veut nous imposer. Pour cela, ne nous endormons jamais dans unefausse sécunté, et que nos efforts, nos démarches soient incessants; enfin, allons sans cesse en avant, prions le Ciel d'éclairer l'Empereur et de faire mtervenir sa justice dans la plus sainte des causes, celle de la décentralisation. > •
Ceux de mes lecteurs qui voudraient connaître m extenso la remarquable lettre de M. Jeannel, la trouveront dans le n** de mai 1867 du Journal de médecine de Bordeaux, et ne pourront que se demander, après l'avoir lue, si les protestatiojis d'orthodoxie philosophique et sociale de l'Ecole de médecine de Paris sont bien sincères, si le Sénat a agi avec toute la maturité nécessaire en passant à Tordre du jour sur la pétition Giraud et les questiom de primipe
qu^elle signalait à son attention ; enfin, siTenquête entreprise dans le but de l'éclairer sur l'état de l'enseignement médical à Paris, a été ce qu'elle devait être, c'est-à-dire, sérieuse et impartiale? Que M. Giraud soit, comme le disent ses antagonistes, une sentinelle avancée du cléricalisme, c'est possible: mais que ce qu'il a dit dans sa requête, sur nos périls sociaux, sur les excentricités de Y euseignemeni médical à Paris, soit faux ou sans portée, c'est ce qu'il est difficile d'admettre, après avoir lu les divers documents que je viens de rapporter, et dont l'authenticité ne peut être l'objet du moindre doute.