‹ L'athéismeChapitre 47 sur 87 · T'TT · texte numérisé non relu

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peuvent pas se faire, et à supposer qu'elles ont démontré le bien fondé de son système. On est tellement disposé à prêter aux monistes des affirmations a priorij même quand il ne les ont pas émises, qu'ils ont bien le droit de relever chez leurs adversaires des procédés de cet ordre; je crains bien d'être obligé de croire qu'on est ordinairement moniste ou dualiste, par tempérament ou par habitude, bien plus que par réflexion ou raisonnement ; et il faut bien constater que la tendance dualistique est infiniment plus répandue ; aussi me demandé-je, en entreprenant cette défense des idées monistes, si je ne lutte pas contre des moulins à vent.

On a cru, il y a quelque temps, qu'une démonstration directe allait enfin être donnée de Tactivité physico-chimique du cerveau qui petise. Enfermé dans la boite crânienne, imperméable aux rayons lumineux, le cerveau en activité aurait émis, disaiton, des radiations capables de traverser le crâne, des rayons N susceptibles d'être recueillis et étudiés au dehors ; c'était une étape dans la voie de l'étude scientifique de l'activité cérébrale; on prévoyait le moyen de lire un jour dans la pensée d' autrui ; du moins les monistes étaient-ils convaincus que, si la découverte des savants de Nancy se vérifiait, on pourrait arriver à imaginer un jour un phrénographe qui serait à la pensée ce que le phonographe est à la voix. Malheureusement il faut

DÉFENSE DU MONISME lî^

renoncer à cette séduisante perspective; de Tavis de la plupart des physiciens, les rayons N ont véeiL Je dis «malheureusement» au point de vue de la solution du débat entre les monistes et les clu allâtes, mais je ne pense pas que le plus cnnigé moniste fût enchanté de prévoir qu'on pourrait lire un jour dans son cerveau. Cependant, la faillite des rayons N, si faillite il y a, indique seulement qu'il faut chercher ailleurs» et ne fait pas renoncer au monisme. Il est certaineniout très difficile de mesurer ce qui se passe dans le cerveau d'un homme qui pense, mais, de cc^ju'on a échoué par une méthode, il ne s'ensuit paâ qsic cette mesure soit impossible. Il me paialt, eu tout cas, encore plus difficile aux dualistes de prouver, comme l'affirme M. Armand Gautier, qu'il ne se produit aucune modification matérielle dans un cerveau qui pense, car nous savon :^, à tn'n pouvoir douter^ que, là comme dans le reste dn norfis de l'homme vivant, tout est en voie de transformation constante.

Et c'est précisément, me semble-t-il, ce qni doit faire pencher vers le monisme tout esprit débarrassé d'idées préconçues, car il est certaitï que le dualisme a pris naissance à une époque où H^iiarance des phénomènes de détail, la croyrmee i\u repos absolu, devaient fatalement amonor à la conception d'un g'ue/g'we cAosequi metttait en n^m vementles masses inertes, tandis que le luonîsmi!

est né des découvertes modernes sur le mouvement universel. On n'a jamais vu un corps immobile se mettre en mouvement sous l'action de quelque chose d'immatériel, puisqu'on n'a jamais vu de corps immobile. Même en dehors des substances vivantes, où l'activité chimique est incessante, la découverte du mouvement Brownien, par exemple, empêche de croire au repos des substances mortes; nous n'avons jamais vu commencer un mouvement; nous avons vu seulement des mouvements se transformer et notre erreur est venue de ce que, se transformant, ils pouvaient changer d'échelle; d'invisibles et moléculaires^ ils pouvaient devenir visibles et molaires ; d'où notre illusion d'un coipmencement absolu de mouvement.

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