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EXPLOITATION DE LA CHALEUR SOLAIRE

laire. placée au foyer <l'un réflecteur cylindrique d'argent, fait bouillir en une heure et demie trois litres d'eau à la température initiale de 15 degrés.

Le réflecteur est une simple feuille de plaqué d'argent dont l'ouverture est d'un denuHOièlre carré.

On atteint facilement des températures de 100, 120, 150 et ^00 degrés centigrades!

Otte marmite solaire a permis à M. Mouchot de confectionner au soleil un ficellent pot-au-feu, formé d'un kilogramme de bœuf et d'un assortiment de légumes. Au bout de quatre heures d'insolation, le tout s'est trouvé parfaitement cuit, malgré le passage de quelques nuages sur le soleil, et le consommé a été d'autant meilleur que réchauffement s'était produit avec une grande régularité.

A Taide d'une légère variation de forme, on a pu transformer cette marmite on un four, et faire cuire en moins de trois heures un kilogramme de pain, ne présentant aucune différence avec celui des boulangers.

En la transformant en alambic, on a pu distiller de l'alcool au soleil au bout do quarante minutes d'exposition. L'alcool était très-aromatique.

Un a fondu de Tétain (235''), du plomb (335''}, du zinc (460"^).

Un grand nombre d'autres essais ont été faits, sur lesquels il serait superilu d'insister. Voilà donc l'emploi de la chaleur solaire comme force motrice qui commence à entrer dans le domaine de la science pratique. 11 va sans dire que dans nos contrées si souvent attristées de nuages, cette application ne saurait se faire <ur une vaste échelle ; mais d'une part, on pourrait d'abord l'ajouter, quand il y a lieu, à la chaleur artiGcielle,et d'autre part, il y a sur la terre d'immenses contrées où il ne pleut jamais.

En Algérie, l'auteur propose de donner à nos soldats une petite batterie de cuisine n'exigeant pas de combustible, dans les sables du Sahara ou les neiges de l'Atlas. En Cochinchine, où l'eau doit Être soumise à l'ébullition pour être potable, on n*aurait pas besoin de combustible pour cela. Des jets d'eau dans les appartements peuvent être entretenus par la chaleur solaire; il n'est pas jusqu'à l'appareil à fabriquer la glace qui ne puisse fonctionner par le même agent. La conservation des prains par un lentétuvage, le chauffage des vins au bain-marie, la fabrication de la colle, des bougies, du noir animal, la distillation des essences, Textraction du sel de Teau de mer, l'épuration du soufre, etc., etc., la chaleur solaire peut produire tous ces travaux.

Nous saluons dans la locomotive le carbone fixé dans la houille par le Soleil ; mais nous nous demandons par quoi les chaudières seront chauffées après Tépui- ^nient reLitivement prochain (dans deux siècles) des houillères. Qui sait? Ne *era-ce pas par le Soleil, directement? Ce serait là une application industrielle sans précédent. En voici encore une autre qui nous est offerte par le savant professeur de Tours.

Le rendement de la machine à vapeur solaire s'accroît à mesure qu'on s'élève dans l'atmosphère, puisqu'alors le point d'ébullition des liquides s'abaisse en môme tempA que l'ardeur relative du soleil augmente et que le refroidissement de l'air favorise la condensation des vapeurs. Ne sera-ce pas aussi là le secret de la navigation aérienne?...

On voit que la chaleur solaire représente une force mécanique considérable. Quelle peut être la température intrinsèque de ce rojer de la vie planétaire ?

Nous avcms vu tout à Theure quelle est Fintensité de la chaleur qui en émane. Par un procédé tout à fait différent des précédents

on a essayé de déterminer la température même de cet astre brûlant. Voici comment :

Lorsqu'un corps est exposé au soleil^ les corps environnanU rayonnent vers lui; il s*établit ainsi un échange de radiations entre le thermomètre et Tenceinte dans laquelle il se trouve enfermé, tous les corps rayonnant les uns vers les autres. Lorsque Téquilibre est établi^ Tintensité relative des températures que possèdent les parties rayonnantes^ est en raison inverse de la surface des différentes parties de Tenceinte^ cette surface étant estimée suivant sa grandeur angulaire^ vue du corps qui reçoit les radiations.

Pour déterminer la température du Soleil, on s'est servi d'un appai*eil qui expose un thermomètre à ses rayons dans une enceinte de température connue ; on lit l'indication donnée par la colonne mercurielle, et on multiplie ce nombre par le rapport qui existe entre la surface de la sphère céleste et la surface apparente du soleil. Or, le disque solaire ayant un diamètre moyen de 3I'3",6, le rapport entre cette grandeur et la sphère céleste entière est de 183960.

Voici du reste en quoi consiste cet appareil :

Deux cylindres concentriques soudés Tun à l'autre forment une espèce de double chaudière, dont Tintervalle annulaire peut être rempli d'eau ou d'huile à une température quelconque.

Un thermomèlre passe par une tubulure à travers l'espace annulaire, et pànèlrc jusqu'à l'axe du cylindre ; là il reçoit les rayons solaires qui sont introduits par un diaphragme dont Touverture est à peine plus grande que la boule du thermètre.

Le cylindre intérieur et son thermomètre sont recouverts de noir de fumée. In second thermomètre donne la température de l'espace annulaire, et par conséquent celle de l'enceinte. Tout l'appareil est monté sur un support ayant un mouvement parallactique, marchant avec le mouvement diurne du so*cil.

L'appareil ayant été exposé au soleil, comme nous l'avons dit, on observe l«'^ deux thermomètres; leur différence de température s'élève graduellement, et au bout de quelque temps elle finit par devenir constante. Alors on note le«* d<*u\ températures, et on en fait la différence.

Dans un grand nombre d'observations faites à Rome^ le P. Secchi a constaté que la différence des deux température» a été de 12 degrés; dans les journées où le ciel était plus pur, elle s'est élevée à 14 degrés.

La différence reste constante^ quelle que soit la température de l'enceinte, de sorte que si celle ci = 0 degré, celle du thermomètre solaire = 12 degrés; et si elle = 60 degrés, celle du tlier-

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