CHAPITRE IV
iON ETAT MOYEN. — SES VARIATIONS DIURNES ET MENSUELLES. — MARCHE I>E L.V TEMPÉRATURE A PARIS ET EN FRANCE. — VARIATIONS DE CELLE DES EAUX ET DU SOL. — LES SAISONS DANS l'iNTÉRIEUR DE LA TERRE. TEMPÉRATURE DE CHAQUE ANNÉE A PARIS DEPUIS LE SIÈCLE DERNIER. VARIATIONS DIURNES ET MENSUELLES DU BAROMÈTRE.
Nous venons de voir que la planète terrestre en se transportant autour du Soleil par son cours annuel^ et en tournant sur ellemême par sa rotation diurne, fait varier l'obliquité des rayons solaires qui lui arrivent. Par sa translation annuelle, elle les fait s'élever pendant six mois, du 21 décembre au 21 juin, sur notre horizon, et s'abaisser pendant les six autres mois de Tannée. Par sa rotation, elle amène chaque matin notre horizon au soleil, fait régner Tastre calorifique et lumineux dans les hauteurs du ciel, puis le fait redescendre en apparence en lui inclinant d'autres méridiens. On voit donc tout d'abord que par ce double mouvement de la Terre, il y a ainsi deux marches générales dans l'application de la chaleur solaire à notre planète : Tune annuelle, l'autre diurne.
Occupons-nous d'abord de la marche diurne. Pour l'apprécier exactement, il faudrait nous donner la peine d'observer le thermomètre d'heure en heure, nuit et jour, pendant plusieurs semaines, plusieurs mois, et même plusieurs années, afin de distinguer et d'éliminer au travers de la marche régulière due à la rotation de la Terre, les exceptions si nombreuses qui viennent jeter le trouble dans l'Atmosphère. Peu de météorologistes
onl conseolî a s*astreiDdre à un pareil traTail. Cîminello de Pddoue Ta iait presque peadant seize mois couséeulifs; je dis presque, parce que les observations de minuit , une heure^ deux heures et trois heures étaient remplacées par deux^ faites dans ee même intenralle à des heures Tariables. Ces! le premier météorologiste qui ait fait une série horaire d'ol>sen.itîons thermométriques. Depuis on en a Ciit d'autres ^Gatterer, son contemporain , les officiers d*artillerie de Leith, près d'Édimb«>ui^. — Neuber, à Apenrade, en Danemark, Lohrmann, à Dresde , KoUer, à KremsmuDSteri Kaëmtz, à Halle, et les Observatoires de Milan, Pétersbourg, Munich, Greenwich . 3Iaintenant cette observation continue de fait à rObservatoire de Rome et dans quelques autres, par un appareil enregistreur automatique. Cette constatation horaire de Tétat atmosphérique est organisée à TObservatoire météorologique spécial de Montsouris.
Il résulte de ces observations, et de milliers d'autres qui ont été £iites de deux en deux ou de trois en trois heures, que cest vers 2 heures du soir que se présente rinsiani le plus chaud du jour, et que c'est au contraire ime demi-heure avant le lever du soleil qu'on éprouve Tinstant du plus grand froid. Ces deux termes varient peu en passant d*un mois à Tautre.
L'écart entre Theure la plus chaude et Theure moyenne la plus froide est de T degrés et demi à Paris. Cette valeur, toutefois, est assez variable selon les différents mois de Tannée.
La moyenne à TObservatoire de Paris donne I4*,47 pour le maximum moyen de 2 heures, 7*, 13 pour le minimum moyen de 4 heures du matin, et 1 0*,7 pour la chaleur moyenne de tous les jours de Tannée, qui se manifeste à 8 heures 20 minutes du matin et à 8 heures 20 minutes du soir. La Ggure 1 10 montre cette variation diurne, tracée d*aprèâ la moyenne conclue de plus de cent mille observations par Bouvard, prédécesseur d'Ârago à TObservaloire.
La distance en temps du minimum au maximum pendant le jour est de 10 heures seulement; et elle est de 14 heures en passant de 2 heures après-midi à 4 heures du matin.
Le minimum de la variation diurne devance en général le lever du soleil; au commencement de Tannée, il arrive un peu avant 6 heures du matin, et s en éloigne peu à peu pendant Tallonge* ment progressif des jours. Après février il se présente successivement à 5 heures, puis à 4 heures du matin; il oscille ensuite entre 3 et 4 heures pendant les jours les plus longs. Au commencement d*août, le minimum arrive à 4 heures du matin; puis il