‹ L'atmosphère [microform]Chapitre 129 sur 269 · CHALEUR NÉCESSAIRE AUX PLANTES · texte numérisé non relu

CHALEUR NÉCESSAIRE AUX PLANTES

Tous les météorologistes ont compris Timporlance de ce programme; aussi les établissements récemment organisés pour l'étude complète des mouvements de l'Atmosphère ont-ils inscrit au nombre des observations permanentes à faire^ celle des phénomènes périodiques de la vie végétale et animale. Le nouvel Observatoire météorologique français note ces indications à dater de cette année ; l'époque de la feuillaison et de la floraison des principales plantes cultivées est désormais inscrite d'oflice à son l)ulletin hebdomadaire. Cette branche d'observations sera sans contredit l'une des plus utiles dans la connaissance des rapports de l'Atmosphère à la vie terrestre.

Trois époques principales caractérisent dans nos pays l'œuvre des saisons dans la vie pratique; ces trois grands faits de la vie agricole sont : la fenaison^ ]a moisson et la vendange; la fenaison, ou la coupe des prés, la récolte du foin en juin (une seconde a lieu en septembre); la moisson à la fin de juillet; et la vendange en septembre et octobre. Ce sont les fêtes de Flore, Cérès et Bacchus* La plus importante est sans contredit celle de Cérès. ce Sine Cerere et Baceho Venus friget, » disait le bon sens pratique des anciens. Aussi n'est-il pas d'un médiocre intérêt pour nous de pénétrer le mystère de la génération et de la fructification du grain de blé, confié au sein maternel de la Terre, et qui donne à l'été les gerbes longuement attendues par Tagriculteur.

La moisson est l'époque solennelle de l'année dans nos campagnes; c'est sur elle, c'est-à-dire sur un frêle épi, sur une goutte de pluie, sur un rayon de soleil, que repose toute l'espérance de l'agriculteur, que s'équilibre le long et rude travail du cultivateur. Aussi, malgré la chaleur torride, malgré la soif, malgré la fatigue, quel travail s'accomplit avec une plus vive ardeur, avec un entrain plus universel? Dès l'aurore les groupes de moissonneurs attaquent l'armée touffue des grands épis, qui depuis un mois se balançaient comme un champ de moire d'or sous le souffle du vent, et demain on les retrouvera couchés sur le sol où ils grandirent. Le soleil sèche les chaumes, et bientôt on les voit debout de nouveau, mais rassemblés en gerbes puissantes. De ces gerbes, le grain tombera dans l'urne du moulin, et la farine délayée nous donnera le pain de chaque jour, la base de toute alimentation. Et tout ce grand travail, depuis la semence jetée en terre jusqu'au pain de nos tables, tout cela, c'est le Soleil qui l'a prodoit, car c'est lui qui donne la température nécessaire à la germination, c'est lui qui fabrique le brouillard de l'automne, la neige

de rhiver^ la pluie du printemps^ c*est lui qui fait lever la céréale vers la lumière^ c'est lui qui emmagasine ses rayons dans Tépi^ y fixant Tazote et le sucre^ c'est lui qui fait mouvoir le moulin, et c*est encore lui qui chaufiTe le four du boulanger, car le bois que nous brûlons n'est autre chose que du carbone fixé dans le chêne, le hêtre, le charme, ou la houille elle-même, par le grand et infatigcable dieu du jour.

Mais les moissons s'éclipsent encore sous la gaieté des vendanges. Les grandes chaleurs sont passées, et les couchers de soleil sont plus beaux. Le souffle du soir rafraîchit les collines, et les parfums des vallées s'élèvent et remplissent l'espace. Sur la côte oii la vendange vient de se faire on aspire à pleins poumons les tièdes effluves d'oxygène qu'emportent les premiers vents d'automne; le soir descend en silence et les bruits crépusculaires des insectes s'élèvent des prés qui bordent le ruisseau de la vallée, tandis que là-bas déjà s'allument les petites lumières de la ville, car nous sommes en octobre. C'est le calme après le travail^ la paix profonde et tranquille après Tagitation des grands jours. La personnaUté de l'esprit voué aux recherches de la pensée s'apaise dans la contemplation de la nature, ou s'évanouit pour un instant en se mêlant à la somnolence apparente des familles patriarcales.

Tous ces fruits sont dus au Soleil. Analysons un instant son œuvre féconde.

On sait que les semailles se font en automne pour le blé, et généralement à la fin d'octobre^ quand la pluie n'a pas empêché le labourage. Le grain confié au sol germe au bout de quelques jours, et dès novembre les sillons sont couverts des tiges verdoyantes du froment. L'hiver arrive, et le grain résiste à des froids de 12, 13 et 20 degrés lorsque le champ est couvert de neige; sans cette couverture, des froids moindres gèlent le collet des racines et les tiges, si bien que lors même qu'on a semé très-dru, les semis sont éclaircis et la récolte est réduite au tiers. Aussi la résistance à un hiver rigoureux est-elle une épreuve décisive lorsqu'il s'agit d'introduire une nouvelle variété de blé dans une contrée.

Pour s'accroître et fructifier au printemps, toute plante réclame une certaine somme de chaleur et d'humidité : elle doit absort)er tant de millimètres cubes d'eau ^ et tant de degrés de calorique. C'est pourquoi^ quand on connaît d'un côté le temps écoulé depuis sa naissance jusqu'à sa maturité^ de l'autre la température moyenne qui a régné entre ces deux époques^ on trouve en comparant la même plante placée dans des climats différents^ que le

nombre des jours placés entre le commencement et la fin de la végétation est d'autant plus grand que cette température a été moins élevée; de sorte qu'en multipliant les jours par la température on obtient des nombres à peu près égaux.

Pour le blé^ la durée de la culture est de 1 60 jours à la latitude de Paris^ la température moyenne est de 13^^4 pendant cette période, et le produit des jours pour la température est 2144 degrés.

A Turmero (Amérique) la durée est de 92 jours seulement, la température moyenne est de 24 degrés, ce qui donne 2200 degrés. A Zimijaca (Id. — Boussingault) la durée est de 1 47 jours, et la température moyenne de 14®, 7, ce qui donne 2160 degrés. On voit qu*il faut plus de 2000 degrés au froment pour mûrir.

L'orge en demande moins. Les trois séries de chiffres précédents sont pour :

Jours. Temp. moy. Total.

La Bavière 100 17»2 1730*

Alsace 92 19 1 1757

Alais 137 131 179(i

Bogota (Amérique) 122 U 7 1793

Cumbal — 168 10 7 1797

C'est donc de 1 750 à 1 800 degrés qu'il faut à lorge pour arriver à pleine maturité.

Le maïs ou blé de Turquie est plus exigeant que le froment : il lui faut 2600 à 2900 degrés.

Les pommes de terre en réclament davantage encore : 2800 à 3000. On les plante à 10 ou 12 degrés, et on ne les récoltequaprès les fortes chaleurs de juillet et d*août.

II tant à la vigne 2900 degrés accumulés, à partir de 1 0 degrés comme limite inférieure.

Le dattier a besoin d'une chaleur totale de 5000 degrés pour mûrir ses fruits.

Tous les végétaux, alors même qu'ils y peuvent vivre, ne fructifient pas sous un climat constant, et réclament une chaleur supérieure à celle où ils fonctionnent en s'assimilant les principes répandus dans le sol et dans l'Atmosphère. Ce sont réellement les conditions météorologiques indispensables à la reproduction qui caractérisent le climat convenable à une plante. La vigne, par exemple, végète avec vigueur là où le raisin ne mûrit jamais; pour en attendre un vin potable, il faut non-seulement près de 3000 degrés de chaleur, mais encore que la période de formation des

grains soiL suivie de trtMite à quarante jours dont la température ne soit pas inférieure à 19 degrés.

Les récoltes ne doivent pas se faire à égale maturité pour les diverses espèces de culture. Ainsi j'ai remarqué que Ton coupe généralemeiH le blé trop tard et le raisin trop tôt (je parle pour les départeuienis de l'est de la France). Il en résulte qu'une quantité non insignifiante de grains de blé est perdue par égrenage, et que le vin (»st souvent trop vert. Les épis continuent de mûrir ptMidant plusieurs jours après la moisson^ et Ton ne courrait aucun risque de faire la moisson huit jours avant la maturité là moins (|ue ce ne soit pour prendre la semence). Le vin se faille lendemain de la vendange, et l'on ne courrait aucun risque^ au contraire, de retarder jusqu'aux a])proches de la gelée, de la neiiîe ou du mauvais temps. J'ai particulièrement en vue ici le nord de la Bourgogne et le département de la Haute-Marne, dont Tisotlierme d'été est de 19 degrés et risotherme annuel de 11.

En étudiant la distribulion des diverses cultures dans les plaines et sur les versants des montagnes, on ne tarde pas à reconnaître que leurs limites géogra|)liiques ne sont pas exclusivement réglées ])ar les moyennes tenipéralures annuelles. Ainsi, pour que la vigne j)r()(lnis(» du vin potahle, il ne sullit pas que la chaleur moyenne de Tannée dépasse D"^ l/*2; il faut encore qu'une température d"ili^er su[)érieurt' à 0",.» soit suivie d'une température moyMine de 18" au moins pendant l'été. Dans la vallée de la Garonne, h Hordeaux lat. /i '1^,50'), les tenq)ératures moyennes de l'année, (h^ l'hiver, de 1 été et de l'automne sont respectivement: i;r,8; (;V2; 2I'',7; IV, 'i. Dans les plaines du littoral de la mer Baltique lat. 52^ l/*2), où h* \in n'est plus potable (il y est consommé cependant), ces nombres sont : S^,G; — 0^,7; 17*^,0; 8^,0. Certes il doit exister une opposition bien tranchée entre deux climats dont l'un est éminenimiMil favorable à la culture de la vigne, tandis que l'autre atteint la limite où cette culture cesse d'être producti\e, et il pai'aît d'abord surprenant que les indications thej'juométriques n'accusent |)as plus nettement cette différence. Mais on s'étonnera moins si l'on considère qu'un thermomètre placé à l'ombre, abrité complètement ou à peu près contre les effets de l'insolation directe et du ravonnement nocturne, ne saurait indiquer la température du sol librement exposé à toutes ces influences, ni les variations périodicjues dont cette température est affectée d'une saison à l'autre.

Ce n'est pas seulement la chaleur qui agit sur les végétaux,

c'est encore la lumihre directement reçue du soleil. « Si la vigne , pour donner un vin potable^ dit Humboldt^ fuit les îles et presque toutes les côtes , même les côtes occidentales , ce n'est pas seulement à cause de la Ëiible température qui règne en été sur le littoral; la raison de ces phénomènes est ailleurs que dans les indications fournies par nos thermomètres^ lorsquUIs sont suspendus à Tombre. Il faut la chercher dans Tinfluence de la lumière directe dont on n'a guère tenu compte jusqu'ici, bien qu'elle se manifeste dans une foule de phénomènes (par exemple, dans Tin- Oanunation d'un mélange d'hydrogène et de chlore). Il existe, à cet égard, une différence capitale entre la lumière difTuse et la lumière directe, entre la lumière qui a traversé un ciel serein et celle qui a été affaiblie et dispersée en tous sens par un ciel Débuleux. 9 {Cosmos, I, p. 338.)

Nous verrons dans quelques instants, au chapitre YII, comment Tinfluence solaire est distribuée à la surface de la terre; comment les lignes d'égales températures ne suivent pas régulièrement les cercles de latitude; comment, à égale distance de Téquateur, tels pays sont plus privilégiés que d'autres au point de vue des climats et des productions du sol. Nous verrons, au chapitre VIII, la conséquence des climats sur la géographie botanique, et la variation des espèces végétales naturelles, des arbres et des essences, suivant la décroissance de la température, soit quon marche de l'équateur aux pôles, soit qu'on s^élève du pied d'une haute montagne jusqu'à son sommet. Quant à présent, puisque nous entrons ici en relation avec les cultures dont Thomme a su faire la base de son alimentation , grâce à la chaleur solaire , voyons sommairement comment cette chaleur a dessiné les espèces cultivées à la surface du globe.

En Europe, la culture des céréales ne s^éllve guère plus haut que le TO'' degré «laDsla Péninsule Scandinave, encore est-ce le seul point du globe où on les retrouve à ce degré ; partout ailleurs la culture est loin de s'élever si haut.

I>ans TAsie septentrionale , elles décroissent en allant de Touest à Test ; tandis que dans la partie occidentale on les retrouve à 60*, dans la partie orientale •^lles ne s'élèvent pas plus haut que le 51«.

Dans rAmérique du Nord , on les cultive dans Touest jusqu'au 57«, et sur les cAies orientales à peine plus haut que le bW

Il s'en faut néanmoins que ce soient toutes les céréales qui croissent jusqu^à de ^i hautes latitudes ; la seule espèce de graminée alimentaire qui réussisse dans ces climats glacés est Vorge^ qui sert à la nourriture de l'homme dans toutes les régions septentrionales.

Vatoine^ qui entre aussi pour une part importante dans l'alimentation humaine, ne réussit pas à de si hautes latitudes ; il faut, pour en trouver la culture régu-

liferement répandue, descendre de quelques degrés plus bas ; et dans les localiléi où celle céréale arrive à maturité, on Irouve déjà le êeiglt, qui descend jusqu'au! bords de la Baltique et remplace avantageusement les deux autres, qui n'y sodI plus cultivées que pour la nourritun: des animaux et la Tabrication de la bière.

L'importante culture du bté, commuae dans le nord de l'Ailemagne, où ou le cultive concurremment avec le seigle, bientôt fiail par devenir la culture dominante. Il part du sud de l'Ecosse, traverse la France, l'Allemagne, la Crimée, le Caucase, et s'étend jusque dans l'Asie, sans pour cela qu'on néglige les trois autres

ct'i-éales; mais celles-ci n'y sont plus si fréquemment employtVs aux besoins de l'homme.

l-p« Européens ont importé le blé aux Étata-linis, au Brésil, à la l*Iata, au l^liili, dans la Nouvelle-Galles du Sud et en Australie. — Comme altitude, le blé se cultive jusqu'à 3300 mètres; le mais Jusqu'à 'iiOO seulement.

Le teis'e drvicnt la culture de^ régions plus froides des montagnes , et en dfscondant vers le sud , Vavoin» disparaît entièrement pour Taini place k l'org* , qui est donnée aux animauï. .^ mesure que l'on descend vers le midi, le ni et le «« remplaçant Il's autres céréales, ainsi que cela se voit dans la France loéridioiialt. •Q Italie, en Kspagne, et ils deviennent d'une culture presque eiclusÎM justjuau nord lie l'Inde, où ils sont préférés au blé , en traversant tous lea pays inlennédlairw coninic une vaste zone. En Afrique, diverses es|*ces de nrgko sont ealti-

Tées comme céréales d usage habituel. A l'extrémité orientale de TAsie, le riz remplace toutes les céréales, ce qui a également lieu dans les parties méridionales de TAmérique du Nord. On y trouve cependant aussi le mais, dont la culture est même plus répandue que chez nous. Dans l'Amérique du Sud , c'est le maïs qui domine.

La vigne, qu'on peut mettre au nombre des végétaux les plus utiles à l'homme^ comme objet de commerce et d*échange^ autant que comme boisson réparatrice^ a une distribution assez capricieuse; elle s'étend sur une longue zone d'environ 22 degrés de latitude. Sa limite au nord, en France, touche l'Océan à Vannes, passe entre Nantes et Rennes, entre Angers et Laval, entre Tours et le Mans, remonte par Chartres, pour passer au-dessus de Paris, puis au-dessous de Laon, et au-dessous de Mézières, et atteint le Rhin à l'embouchure de la Moselle.

Les pays au nord de cette ligne sont incapables de produire du vin. Les rayons du Soleil emmagasinés dans le raisin sont apportés sur nos tables dans les délicieux vins de France, et ce sont eux qui donnent au caractère français son ardeur et sa jovialité. En vain le Prussien machinal leur oppose son houblon et sa bière; il ne cessera d'être lourd et barbare, comme nous l'étions jadis nous-mêmes, nous les vieux Francs, quand nous habitions la rive droite du Rhin, avant de faire la conquête des Gaules, que les Germains nous disputent depuis Clovis.

Une dernière remarque sur l'échelle des températures appliquées aux végétaux :

La Tie des plantes offre comme extrêmes de température la Tremella reticula qui f>rospère dans Teau thermale de Dax à (i9®, et le Mélèze qui brave en Sibérie un Croid de 40®. Les graines mûr^s sont insensibles au froid. Exposées à 100 degrés au-dessous de zéro, elles ne perdent pas leur faculté germinative. D'où Ton tire la 4-onclusion que si par une cause quelconque la surface de la terre se refroidissait â 100 degrés, la vie animale serait anéantie, tandis que la vie végétale renaîtrait 5^1 la température actuelle revenait ensuite elle-même.

Nous avons vu dans le chapitre précédent que chaque mois a sa température moyenne propre ; mais si les années se suivent, comme les jours, elles ne se ressemblent pas. L'étude complète des effets de la température est d'une complication extrême. Les années les plus chaudes ne sont pas celles où le maximum de tem* pérature a été le plus haut un jour donné, ni les années les plus froides ne sont pas celles où le minimum a été le plus bas un jour donné. Si nous prenons les mois, nous trouvons de même certains

mois â*une température maximum ou minimum bien au-dessus ou bien au-dessous de la moyenne^ sans que pour cela l*année soit généralement plus chaude ou plus froide. La végétation générale offre les mêmes différences, car chaque espèce végétale a son époque de sensibilité critique; une série de jours très-chauds pourra^ par exemple , amener dans les vignes les conditions d'un vin excellent, si ces jours arrivent à un bon moment, et dans tel autre moment de la saison, les mêmes chaleurs n'exerceront point cette utile influence. Ce sont là des faits que tous les hommes qui vivent à la campagne ont vulgairement constatés, mais qui néanmoins sont pour la météorologie un sujet d'études fort complexe.

Maintenant que nous avons une connaissance exacte de la théorie astronomique des saisons et de leur valeur météorologique el vitale, pour ainsi dire, il serait intéressant pour nous de compléter ce chapitre spécial sur l'été par la liste des étés les plus chauds j afin d'apprécier jusqu'à quel degré la chaleur peut s'élever en ce:? saisons exceptionnelles. C'est ce que nous allons faire.

Arago et Barrai ont rassemblé sur ce point des documents importants qui nous permettent d'en tracer un résumé instructif. Voici quels sont les étés de ce siècle qui ont été remarqués par leur chaleur extrême en France et en Europe; on peut facilement observer dans cette revue rétrospective les particularités diverst»^ de température dont nous venons de parler.

L été de la première année de ce siècle, 1800, ou, pour parier exactement selon la chronologie, de la dernière année du dix-buitiènie siècle, a été remarquable i>ar sa haute température, et nous oumrions {>ar lui notre série, si, quelques années auparavant, TEurDpe n'avait été sous le coup d'une chaleur exceptionnelle a une date qui restera célèbre : 1 7*^.

«>t été est n;èa;onhîe par Jt^ ch#al^ur> extnc-rilniires el reslô'5 sins titîu, > ^kpuU le siècle ;v\5>e : el.es se sc-nt p.'v'kij.îes er j-illet el en ao-L On couip-le j-. -r riris, ù'aj rès Cassirà IV^ aÎJ'rs à r\vt-. ^r Je TOr-^mtxre :

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ChartreSjle 8 août 38*0

— le 16— 38 1

Vérone, en juillet et août 35 6

Londres, le 16 juillet..... 31 7

A rObsenratoire de Paris, le thermomètre marqua jusqu'à 63 degrés au soleil Oe 8 juillet).

Les grandes chaleurs commencèrent à se faire sentir à Paris le 1^' juillet, et augmentèrent rapidement. Le ciel fut, pendant leur durée, constamment beau, clair et sans nuage ; le vent ne quitta pas le nord ; le plus souvent il était calme, et le baromètre se tint à une très-grande hauteur. Les jours les plus chauds ont été le 8 et le 16 juillet. Le 9, un orage épouvantable dévasta Senlis et ses environs, Une grêle grosse comme des œufs détruisit les moissons; un vent furieux renversa plus de cent vingt maisons. Une pluie énorme succéda à cette tempête ; les eaux, s'amassant dans les campagnes, emportèrent les bestiaux, les meubles, les femmes et les enfants. A Bougueval (Oise), une malheureuse mère, à bout de forces, fut entraînée p^ le courant après avoir sauvé ses neuf enfants. La Convention nationale accorda aux victimes du sinistre un secours provisoire de 30000 livres, et elle décréta que 6 millions seraient remis au ministre de Tintérieur pour secourir les possesseurs des propriétés ravagées. Le 10 juillet, pour com* ble de maux, survint un nouvel orage de grêle.

La chaleur extrême du mois de juillet continua durant une partie du mois d'août. Dans la journée du 7 de ce mois, elle fut singulièrement remarquable : elle se montra générale, pesante, accablante; le ciel était resté très-clair; le vent, au Dord-est, devint sensible et d'une ardeur si violente qu'il semblait sortir d'un brasier ou de la bouche d'un four à chaux. On recevait cette chaleur insolite par bouffées, de distance en distance; elle était aussi ardente à l'ombre que si l'on eût été exposé aux rayons d'un soleil dévorant. On ressentait cette pénible sensation dans toutes les rues de Paris, et les effets étaient les mêmes en rase campagne. Cette chaleur étouffante paralysait la respiration, et l'on se sentait beaucoup plus Incommodé ce jour-là où la chaleur se tenait à 30^,3 que le 8 juillet où le thermomètre était monté à 38^4.

La sécheresse fut extrême. Le niveau de la Seine descendit aux basses eaux de 1719 à la fin d'août et au milieu de septembre. Il ne tomba à Paris, dans toute Tannée, que 331 millimètres d'eau. Dans la campagne, les marronniers, les pommiers, les noyers, les cerisiers, les noisetiers, le chèvrefeuille, la vigne, les groseilliers eurent leurs feuilles brûlées; les fruits, les pommes entre autres, portaient sensiblement le caractère de la brûlure. La rareté des légumes se fît vivement sentir, et ce qui en restait monta à des prix exorbitants. Les terres desséchées, endurcies, crevassées ne pouvaient plus être remuées par la charrue ni par la bêche. Dans le jardin du Luxembourg, le sol ne présenta pas, à un mètre de profondeur, la moindre apparence de fraîcheur. Des terrassiers, chargés de creuser un puits dans on lieu entièrement exposé au soleil, trouvèrent la terre desséchée à 1™,60 de profondeur. Le !«' septembre, les arbres du Palais-Royal étaient presque tous dépouillés de leurs feuilles ; cent cinquante d'entre eux étaient entièrement nus; la sécheresse et la chaleur avaient fait gercer Técorce, et les branches paraissaient mortes; la plupart moururent.

En Bourgogne, les vendanges commencèrent le 23 septembre. Le vin fut abondant, mais de qualité médiocre. Il était tombé dans cette région des pluies froides qui en avaient altéré la qualité. L'été fut sec et chaud dans le pays toulousain ; la récolte du mais manqua complètement. On se souvient que 1793 fut, en France, une année d'extrême disette.

1800. — L'été fut marqua par des chaleurs très-vives qui s'étendirent sur une

386 L'ËTË.

partie de TEurope. Du 6 juillet au 31 août , le thermomètre ne desceadit à rarii que cinq fois au-dessous de 33', 4, et I'od eut, d'après les tableaux de Boutard:

Chaleur Torle 25 jours.

— tris-forte 5 —

— extraordinaire 2 —

La chaleur direcle du soleil fit monter le thermomètre, selon Cotte, k Uontmorency, le 16 aoâl, à 3 heures du soir, h 51<',5, Les températures tes plus élcTéei de cet été se sont ainsi distribuées:

Bordeaux, le 6 août 38*8

Nantes, le 18 août 388

Montmorency, le 18 août 37 9

Limoges 37 5

Paris, le 18 août 35 5

Londres, le 3 août 311

Des incendies se développèrent dans une proportion énorme depuis le commeDceroent d'avril. Un village entier, dans le département de l'Eure, la forêt d'Hagueoeau, une portion de la Forél-Noire devinrent la proie des flammes. Des mjriàdts de sauterelles s'abattirent sur les cantons voisins de Strasbourg. Dans la nuil du 30 juillet, le tonnerre tomba sur l'ancien couvent des Augustins & Paris ety mil te feu. On constata, dans le midi, beaucoup de cas de rage.

1811.— L'été de 1811 fui l'un des plus mémorables, sous plusieurs rapports, qui se soient produits dans le nord de l'Europe. Voici le tableau des températures maxima :

Augsbourg, le 30 juillet 37*5

Vienne (Autriche), le ejuillet 35 7

Avignon, le 37 juillet 35 0

Hambourg, le 19 juillet 34 6

Naples, le 30 juillet 34 6

Copenhague , en juillet 33 8

Liège 33 7

Strasbourg 33 0

SaiDt-Pétersboui^, le 37 juin 31 I

Paris, le 19juiltet 310

En Bourgogne, la vendange s'ouvrit le 14 septembre. Une gelée, survenqele il avril, avait compromis les deux tiers de la récolte; mais l'été se montra si favorable à la vigne, que les raisins repoussèrent et que l'on eut une petite récolle d'uno qualité trfrs-BDp&rieure, qui resta longtemps célèbre sous le nom de vin >le

1632. — L'été de 1833 a été remarquable dam toute la France par l'élévation Je sa température moyenne, supérieure à la moyenne générale au nord, au centre comme au midi.

Pour Paris, on compte:

Chaleur Torte , 55 jours

— très-forte...... s —

Les maxima de température se sont ainsi distribués :

Malines, en juillet • ,. • 38^8

Joyeuse, le 23 juin 37 3

Alais, les U et 23 36 5

Liège 35 0

Maëstricht, le 11 juin 34 0

Paris, le 10 juin 33 8

! La sécheresse fut très-grande en France, durant la saison chaude : depuis le 21 août jusqu'au 26 septembre, la Seine demeura presque constamment au-dessous du zéro du pont de la Tournelle. Dès le mois de mars, dans les campagnes du midi, on était embarrassé pour abreuver le bétail. On allait chercher Peau à des distances considérables à dos de mulet. On éprouva , au printemps, dans ces contrées, une température comme celle du mois d*août. La moisson était achevée dans le Languedoc avant le 23 juin : elle donna peu de gerbes, mais un grain trèsserré. En Bourgogne, Tannée se signala par la beauté inaccoutumée du ciel. On commença la vendange le 2 septembre ; mais, au dire des vignerons, on eût pu vendanger dès le 15 août, et, dans les environs de Vesoul [Haule-Sadne;, on vendengea le 19 août! La récolte du vin fut assez abondante et de qualité tout à fait supérieure; celle des céréales fut moins abondante, en général, que dans les aa- Dées précédentes.

1826. ~ Été très-chaud et très-sec. 36 jours de chaleur forte à Paris, 7 de chaleur très-forte, 2 d^extraordinaire. Moyenne de Tété Irès-élevée : 20*,7. Destruction des récoltes et incendies de forêts en Suède et en Danemark. Plus hautes températures observées :

Maëstricht, le 2 août 38<'8

Ëpinal, le 1«' juillet 36 5

Paris, le 1«' août 36 2

Metz, le 3 36 l

Strasbourg 34 2

1834. — Cette année, sans être remarquable par des chaleurs vives, se distingue par une température moyenne, printanière et estivale, très -élevée dans toute la France. La végétation se montra précoce, et il tomba, en différents lieux, des pluies d'une- distribution très-favorable aux cultures. On compte à Paris :

Chaleur forte. • 43 jours

— très-forte 3 —

La moyenne de Tété, 20^,45» est la plus haute de ce siècle après 1826, 18^2 et IM. La sécheresse fut très-grande en août, et la Seine descendit, le 16 de ce mois, à 0»,03 au-dessous des basses eaux de 1719. Les maxima de 1834 se sont ^nsi répartis :

Avignon, le 14 juillet 35^

Genève, le 18 juillet 34 5

Liège 33 5

MeU,le 12 juillet..... 33 0

Strasbourg 32 8

Paris, les 12 et 18 juillet ; 32 6

^s le midi, la température, o^odérée par des pluies abondantes, te montra

388 L'ËTÊ.

très-douce. La Bourgogne, cette année, est restée célèbre par la qualité supérieure de son vin. On yendengea dès le 15 septembre. Cette précieuse récolte fut néanmoins médiocre pour la quantité. Il en fut de même dans le Bordelais. Dans presque toute la France la moisson fut belle.

1836. — L'été de cette année est mémorable par la constitution orageuse du mois de juin et du commencement de juillet, et le nombre des accidents iunestes produits par la chaleur dans le midi de la France. En Danemark, en Russie, en Espagne, on a noté aussi des effets remarquables de la température.

La sécheresse était intense au mois d'août ; la Seine descendit à 0",30 au-dessous des basses eaux de 1719. On obtint dans le midi une récolte moyenne de vin d'une qualité assez bonne. Les vendanges ne commencèrent en Bourgogne que le 6 octobre. La moisson des céréales fut mauvaise.

1842. — L'été de cette année a été le plus chaud de la première partie de ce siècle, surtout sous le climat de Paris et dans le nord. Il fut aussi très-sec, car il ne tomba, à TObservatoire, que 65 millimètres d'eau, c'est-Â-dire 107 de moins que dans l'été moyen, et la Seine descendit au-dessous de zéro du pont de la Tournelle plusieurs jours en juillet, août, septembre et octobre. On compte pour Paris :

Chaleur forto 51 jours

— très-forto 11 —

-i- extraordinaire k —

La température moyenne de la saison fut, à Paris, de 20^,75, c'est-à-dire de %*,kb supérieure à la moyenne. La température de juin fut supérieure de 3*^ à la moyennet celle d'août de 4®.

Voici le tableau des plus hautes températures observées :

Paris, le 18 août 37^2

Agen, le k juillet 37 0

i Bordeaux, le 16 juillet Zk 8

Toulouse,le 17 juillet 34 4

Divers accidents, produits par la chaleur, ont éte signalés. Le feu prit aux roue** de plusieurs malles de la poste. A Badajoz, en Espagne, trois laboureurs succonbèrent le 28 juin; une dame mourut suffoquée dans une diligence. A Cordoue. plusieurs moissonneurs périrent asphyxiés, et divers cas de folie furent attribués à la même cause.

En Bourgogne, la vendange s'ouvrit le 21 septembre; la récolte du vin fut abondante et de première qualite ; mais, plus à l'est, dans le Doubs, par exemple, la quantité fut médiocre. Dans le Bordelais, la qualité fut faible. La récolte des céréales fut médiocre.

Ig4e. La température de cet éte fut très-remarquable, et l'on éprouva des

chaleurs intenses en France, en Belgique, en Angleterre. On compte, pour Paris :

Chaleur forte 48 jours

— très-forte 9 —

«— extraordinaii^ 2 —

La moyenne température estivale fut de 20^,63, c'est-à-dire de i*,33 supérieure ï la moyenne générale ; la moyenne de Bruxelles fut encore plus élevée, d'aprb les observations de M. Quéte!et, et s'éleva à 2l%l.

Les maxima de cette année se présentent dans Tordre suivant:

Toulouse, le 7 juillet 40^0

Quimper, le 19 juin 38 0

Rouen, le 5 juillet * 36 8

Paris, le 5 juillet • • 36 5

Orange, le 13 juillet 36 5

Angers, le 29 juillet 35 0

Mets, le l*' août. .4 Zk 8

Des accidents ont été signalés en Bretagne. A la foire de Pont-de-Groix, plusieurs personnes ont eu des syncopes occasionnées par la chaleur ; à Beuzec, une petite fille, laissée imprudemment exposée au soleil, est morte en quelques mi* nutes. La température de juin fut également excessive à Toulouse, Toulon et Bordeaux. Dans les Landes, on obtint une seconde récolte de seigle. Aux environs de Niort, au commencement de juillet, trois laboureurs expirèrent sur leur sillon.

Les vendanges s^ouvrirent, en Bourgogne, ?e 14 septembre : on n^obtint qu^une demi-récolte, mais de qualité très-supérieure. La récolte des céréales fut également très-médiocre.

1849. — On éprouva des chaleurs très-fortes dans le midi, et le maximum d^Orange est la température à Tombre la plus élevée qui ait été encore éprouvée en France.

Voici le tableau des températures les plus hautes :

Orange, le 9 juillet 41H

Toulouse, le 23 juin • 37 6

Bordeaux, le 7 juillet 34 6

Gand 34 4

Metz, le 8 juillet 33 6

1852. — L*été a été remarquable en Russie, en Angleterre, en Hollande, en ;>ei • gique, en France. On compte, pour Paris :

Chaleur forte 30 jours

— très-forte , . 6 —

— extraordinaire 1 —

La moyenne estivale fut, à Paris, de 19^,33, de 1 degré plus élevée que la moyenne générale. La moyenne de juillet fut de 22^,5, de 3 degrés plus forte qae la moyenne de ce mois ; on éprouva une succession insolite de chaleurs vives : le 9 juillet, 31*,1 ; le 10, 33«,5 ; le 11, 31%0 ; le 12, 32%5; le 13, 33«,8; le 14, 34^2; lel5,34%2;le 16,35V.

Les plus hautes températures se sont ainsi distribuées en Europe :

Constantinople , le 27 juillet 38® 5

Rouen, le 5 juillet 36 1

Versailles, le 16 juillet 35 7

Orange, le 25 août 35 3

Dunkerque, le 7 juillet 35 7

Paris, le 16 juillet 35 1

Verviers, le 18 juillet 35 1

Londres, le 12 juillet 35 0

A Amsterdam, un thermomètre exposé à la réverbération monta, le 12 juillet, ^ 39*,0. A Alphen, près de Leyde, deux paysans, asphyxiés par la chaleur, furent

39a L'ÉTÉ*

trouvés morts dans un champ; à Alkenaer, un chauffeur de machine à Tapeur fiit frappé d'aliénation mentale, après une congestion produite par rinsolatioo. Dans le centre de la France, le thermomètre resta. plus de dix jours au-dessus de3(f. Beaucoup d'animaux domestiques succombèrent au travail. A Madrid, on souffrit beaucoup de la chaleur. A Thouroutte, en Belgique, le 11 août, on vit tomber une grêle désastreuse. Beaucoup de grêlons pesaient 75 grammes et avaient de 7 à 8 centimètres de diamètre.

En France, la moisson eut lieu généralement un peu après la mi-juillet, et fut satisfaisante pour la quantité. En revanche, la vendange ne commença que d)ns les premiers jours d'octobre ; la récolte du vin se montra faible dans beaucoup de vignobles et de mauvaise qualité.

1857. — L'été de 1857 fut plus chaud que la moyenne en France, et présente presque partout des chaleurs intenses en juillet et août. La moyenne estivale fut, d'après les observations de l'Observatoire de Paris, de 19<',38.

Voici les plus hautes températures observées :

Montpellier, le 29 juillet 38^6

Orange, le 18 juillet 38 3

Les Mesneux, le 4 août 37 0

Toulouse, le 27 juillet 36 8

Clermont, les 14 et 15 juillet, et le 3 août. 36 8

Blois , en août 36 5

Paris, le k août 36 2

Metz 35 6

Il y a eu trois courants distincts de chaleurs estivales. Le premier passe le 27 juin sur les stations les plus élevées et sur les plus méridionales de la France, et parvient, le 28, à notre frontière septentrionale ; le second parcourt le nord* ouest du 14 au 16 juillet; le troisième, et le plus intense, à marche lente et successive , s*étend du midi au nord dans l'intervalle compris entre le 27 juillet et le 4 août.

Cet été fut d'une sécheresse extraordinaire dans la plus grande partie de la France; heureusement, dans le milieu d'août, il tomba, sur un grand nombre de points, de petites pluies bienfaisantes. La Seine, à Paris, est restée au-dessous de zéro de l'échelle du pont de la Toumelle pendant plusieurs jours, en juillet, août et septembre. En Bourgogne, on a commencé à vendanger le 16 septembre, et la récolte a été passable en quantité et bonne en qualité. Les céréales ont offert, en général, une bonne moyenne.

1858. — Cet été est signalé par une grande sécheresse et des chaleurs prolongées, plutôt qu'intenses, dans l'Angleterre, la Belgique, le centre de la France, une partie du midi et de l'Algérie. Il a été moins chaud dans le nord que celai de 1857 et plus chaud dans le midi.

Les chaleurs les plus remarquables se sont produites, en France, du 13 au 20 juin; elles se sont fait sentir le 13 sur les stations élevées, ont atteint leur maiimum le 15 dans un grand nombre de points, depuis Lille jusqu'à Bordeaux, et du 19 au 20, ont acquis une intensité extrême dans les alentours de Montpellier. Du \k au 16 juillet et du 12 au 18 août, il s'est encore produit des maxima élevés, quoique moins forts que ceux de juin, à l'exception du Var, de Vaucluse et de la Haute-Garonne, qui ont eu leur plus haute température en juillet. Voici le tableau de la répartition des maxima extrêmes :

Montpellier, le 20 juin 33^

£t£s Mémorables. 39r

Ortnye, le 19 juillet 38«3

Yendôme, le 15 juin 36 l

Tours, juin 3(5 0

Clermont • • 35 8

Lille, le 15 juin 35 5

Londres, le 16 juin 34 9

Paris, le 3 juin 32 0

La sécheresse, désastreuse pour Télève du bétail, a été très-grande dans presque toute la France pendant le printemps et la moitié de Tété ; durant le mois de juin, le ciel a été d'une pureté remarquable ; mais de petites pluies en juillet et des orages nombreux en août ont atténué en partie, pour le nord, Faridité des prairies causée par un manque d'eau remontant à Tannée précédente. La moisson terminée le l*' juillet dans une grande partie du midi, et le l^' août dans le nord, a donné une récolte moyenne pour la quantité , assez belle pour la qualité. Les vendanges, commencées en Bourgogne le 18 septembre, ont donné une récolte remarquable, tant pour la quantité que pour la qualité.

Parmi les dernières années, nous devons signaler les étés de 1865 et 1868 comme ayant été marqués par une longue série de chaudes journées. Les conditions du premier surtout ont été, comme chacun sait, des plus favorables à la Tîgne.

1865. — Les températures moyennes mensuelles, observées à TObservatoire de Paris, ont été les suivantes :

Janvier 3*»56 Juillet 19*85

Février 2 30 Août 17 72

Mars 2 21 Septembre. 19 22

Avril 15 80 Octobre 12 19

Msd 16 27 Novembre 7 97

Juin 17 88 Décembre 2 29

La chaleur extrême à Paris a été de 33^,3 le 6 juillet. La moyenne des trois mois d*élé est del8%5. En ajoutant septembre, la moyenne des quatre mois est del8*,6, durée rare. La moyenne de Tannée est 11^,44, et dépasse par conséquent la moyenne ordinaire de 0^,66.

Le mois de janvier a été relativement chaud. En avril, à partir du 4, le temps a été exceptionnellement beau et le thermomètre très-élevé, car, dès le 8, la température était celle de juin. En mai et juin , le thermomètre s'est encore maintenu au-dessus de la normale. Juillet et août ont été froids. En septembre, la tempe» rature s*élève plus haut qu'en août. Octobre et novembre sont chauds.

Les plus hautes températures observées en France ont été :

Nîmes, le 5 juillet 37*9

Nice, le 1 0 juillet 35 3

Perpignan, le 4 juillet 35 2

Aix, le 28 août 34 7

Montpellier, le 26 juillet 34 0

IgM. ^ Les températures moyennes mensuelles observées à TObservatoire de Paris ont été les suivantes :

Janvier 0*0 Avril 10*5

Février 5 4 Mai 17 9

Mars 7 0 Juin 18

Juillet ai'S Octobre lO* 5

Aoat 18 7 Novembre ^9

Septembre 17 6 Décembre 8 G

La température maximum, à Paris, a été de 34 degrés le 33 juillet, k l'Obcwvatoire. La moyenue des trois mois d'été est de 19*,%. Cet été fait époque duii les annales de la météorologie par son éléTation thennométrique, et son ensemble de circonstances favorables aux récoltes sous le double rapport de la qoutité et de la qualité. La moyenne des températures de mai, juin et juillet atteignit un chiffre singulièrement élevé dans le Midi. Ainsi, & Tours, la moyenne de nui est 18',4 ; celle de juin, 19',8 ; celle de juillet, 2l»,8,

Les plus hautes températures observées en France ont été :

Nîmes, le 20 juillet «•*

Perpignan, le 25 juillet 37 3

Draguignan, le 24 juillet 36 9

lifontaut>aD. le 20 juillet 36 7

Toulouse, le 19 juillet 35 0

Montpellier, le 20 juillet 3% 0

Aix, le 20 juillet 34 0

Le thermomètre était monté plus haut en 1859, sans donner une telle mojennt. Celle-ci a élé due moins à la hauteur des maxima diurnes qu'à celle des mininu nocturnes. En elTet, malgré la sérénité presque constante des nuits, te refroidissement causé par le rayonnement nocturne n'a jamais été trts-marqnè. Presque toujours, peu avant le lever du soleil, une bmme légère, indice d'un état hygrométrique assez élevé, venait recouvrir le sol, humecter les plantes et tempérer les effets de la vive insolation des jours. La vapeur d'eau s'oppose au rayonnement de la chaleur obscure ; l'air qui reposait sur nos contrées, et dont l'état hygrométrique assez élevé augmentait la transparence pour la lumière stellaire, entravait las effets du rayonnement nocturne, si énergique même dans les régions tropicales, quand il s'exerce i travers un air dépouillé d'humidilé.

Cet été remarquable a influé sur la température à 1 mètre de profondeur. Pendant les étés de 1361, 65, 66 et 67, la chaleur k 1 mèlre avait été marquée ptr 1VSS9, 14»,66, 14»,03et I4»,17. En 1868, cette chaleur a été de 15»,90, presque 16*.

Tels sont les étés mémorables de ce siècle.

Voici maintenant les plus hautes températures de Tair {à l'uinbie et au nord' observées en France depuis qu'on les constate scient ifiquement par le thermomètre. J'ai relevé toutes celles qui ont atteint au moins 37*, et je n'ai relevé que celles-là, excepté pour Paris oîi il y a plusieurs comparaisons. Les villes sont inscriles ici en allant du nord au sud.

Vaint-Omer

Cambrai ..

de la att.

10 août 1777 37*5

1^*Me<neux....

MfU

4 août 1S57 37 i 4 août 1781 38 1

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