PLUS BASSES TEMPÉRATURES OBSERVEES
lieoz. Latitade. Longitude. Altitude. Date. MiDimum.
I loi- iLr*,/. ooto riio» S 31 décembre 1788 — 24®0 U)iis.Ie^aalnier . . 46*40 3M3 258»} ig janvier 1838 -24 5
Poiliers 46 35 1 60 118 décembre 1788 —20 0
mj ,. ,* «, , /x ccn i '^^ décembre 1788 —22 6
Mo^^^'^s 46 34 10 227 | 22 décembre 1870 -25 0
Roanne 46 2 1 44 286 31 décembre 1788 —20 6
Limoges 45 50 15 2S7 décembre 1788 —23 7
,. ,« « «^ «ne ( 31 décembre 1788 -21 9
Lyo"^ ^^^^ 2 29 295 I ,6 janvier 1838 -20 0
Grande-Chartreuse 45 48 3 23 2030 30 décembre 1788 —26 3
Grenoble 45 11 3 24 213 février 1776 —21 6
Périgueux 45 11 136 98 décembre 1870 —23 0
Aurillac 44 56 0 6 622 27 décembre 1829 —23 6
Les froids les plus excessifs que Ton ait ressentis jusqu'à ce jour sont de 31*3 pour la France ; de 20*,6 pour les Iles Britanniques ; de 24*,4 pour la Hollande et la Belgique ; de 55* pour le Danemark , la Suède et la Norvège ; de 43*,7 pour la Russie ; de 35*,6 pour PAUemagne; de 17*,8 pour ritalie;de 12* pour l'Espagne et le Portugal. Quant aux autres pays, qui n'appartiennent pas à l'Europe, il faudrait de plus nombreuses observations pour qu'on pût dire avec quelque certitude les plus forts degrés de froid qu'on est exposé à y subir. —
II est constant néanmoins qu'on a observé à Fort-Rciiance, dans l'Amérique anglaise, un froid de 56*,7, et près de Semipalatinsk un froid de 58*. Le mercure se congèle à — 40*. Il y a des points habités sur le globe où il reste en cet état plusieurs mois de l'année (par exemple l'Ile Melville). Le capitaine Parry affirme du reste qu'un homme bien vêtu peut se promener sans inconvénient à l'air libre par 48* au-dessous de zéro, s'il n'y a pas de vent; dans le cas contraire, la peau est rapidement brûlée. Le mercure gelé a l'aspect du plomb ; mais il est moins dur, plus fragile et moins cohérent. Au toucher, il brûle comme un morceau de fer rouge. On peut en faire de petites statuettes qui se fondent quand la température descend au-dessous de —40*.
Tels sont les plus grands froids éprouvés. Si Ton se reporte aux plus grandes chaleurs notées au chapitre précédent (75^ à la surface do sol africain), on conclut que les extrêmes de température sur ce globe peuvent atteindre une échelle de 133 degrés!
Nous allons^ dans le chapitre suivant^ apprécier la théorie des climats dans son caractère général, saisir la distribution de la ch leur à la surface du globe, et relever Tétat moyen comme les extrêmes de température observés sur les différents points de la planète.
L*occupation la plus agréable que l'homme puisse se donner, c est certainement Yétude de la nature. Le travail manuel a besoin dun complément : Tactivité de T intelligence; ce complément, nul sujet ne peut mieux Toffrir que Tétude de la nature. La politique, qui n a guère été jusqu'à présent qu^un tissu de duperies mutuelles et de crimes, n'est pas digne de la contemplation de l'âme, et ne deviendra une science qu*à l'époque où les hommes posséderont
les notions élémentaires de la réalité naturelle, sauront ce qu'ils sont, quelle planète ils habitent, et cesseront d'avoir les yeui fermés par Tignorance brutale dans laquelle ils gisent encore. L'histoire peut fixer Inattention de Thomme; mais elle existe à peine, ne consiste encore qu*en une série de guerres renaissantes^ et n est qu'une ride à la surface de Tocéan des âges. Ce qui peut légitimement et utilement occuper les instants précieux de notre esprit libre, c'est la grande, la vraie étude de la nature, source inépuisable d'émotions pures, et dont chaque branche offre à notre intelligence un aliment délectable et salutaire.
Parmi les diverses branches de l'étude de la nature, la météorologie restera toujours celle qui nous intéressera le plus facilement et le plus constamment; car c'est de l'Atmosphère que dépendent les diverses circonstances de notre vie physique et de son entretien. Le météorologiste, l'ami de la nature, qui a appris à connaître, comme nous essayons de le faire dans cet ouvrage, l'ensemble des lois qui régissent la circulation de la vie ici-bas, trouve chaque jour un nouveau sujet d'intérêt dans l'observation du temps. Non-seulement les phénomènes généraux des saisons sont pour lui un spectacle désormais raisonné et lumineux; non-seulement il voit à travers les nuages, les tempêtes, les orages, quelles sont les forces qui tiennent les fils de ce mouvement perpétuel; mais encore les variations quotidiennes de la température et les faits les plus ordinaires l'intéressent constamment et sans fatigue. C'est un si grand bonheur de savoir où l'on est, dans ce grand univers, de se sentir chez soi, de bien connaître sa maison, et de mener une vie intellectuelle, au lieu de rester dans la fange obscure dans laquelle la masse de l'humanité traîne sa massive carapace.
J'ajouterai même que celui qui s'intéresse ainsi scientifiquement à l'observation de la nature se met au-dessus des sensations physiques qui sont pour d'autres des causes de souffrances. Il y trouve constamment de l'intérêt sur tout, et quand les extrêmes de la température se manifestent, il constate avec plaisir ces extrêmes eux-mêmes. Dans les plus grandes chaleurs de l'été, le météorologiste a di jamais assez cliaud, car, le thermomètre fût-il à 100 degrés de chaleur, il voudrait le voir à lOT, pour la curiosité de l'exception. Dans les températures les plus glaciales, il n'a jamais assez froid, car si le thermomètre est descendu jusqu'à 30 degrés, il serait encore plus satisfait de voir le mercure gelé lui-même. Ainsi, il est toujours heureux.