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LES LIGNES ISOTHERMES

avons dit que la température moyenne de l'équateur est de 27*^5; la température moyenne de Paris est de 10^^ 7; la température moyenne de — 15 degrés a été constatée le long et au delà du cercle polaire.

Pour établir un tableau fidèle de la distribution de la température à la surface de la Terre^ Alexandre de Humboldt a imaginé de marquer sur une mappemonde tous les points où des observations thermométriques sérieuses ont été faites^ d*y noter les d^rés observés^ puis de tracer des lignes passant respectivement par tous les endroits dont la température moyenne est la même. Il a désigné ces lignes sous le nom d'isoihermes (l^oçy égal^ et 6ep|ioç, chaleur). Depuis cinquante ans que cette ingénieuse méthode a été inventée^ on a multiplié les observations^ et perfectionné les cartes. Le planisphère que Ton voit ici reproduit ces lignes curieuses^ telles qu'on les connaît aujourd'hui : en les examinant attentivement on apprendra mieux que par toute description la distribution de la température sur la Terre.

Nous y voyons les lignes d'égales températures s'élever le long des cotes occidentales de l'Europe. Si nous regardons^ par exemple^ en particulier la ligne de 10 degrés^ nous voyons qu'elle touche le 40* degré de latitude au sud-ouest de New- York, qu'elle s'élève jusque vers le 55* degré en approchant de TAngleterre, de telle sorte que Dublin et Londres ont la même température moyenne que New- York, quoique situées beaucoup plus au nord; la même température redescend ensuite vers le sud, en pénétrant sur le continent allant à Vienne, Astrakan et Pékin, et descendant même au-dessous du 40' parallèle.

La ligne de plus grande chaleur, appelée équateur thermique, se tient presque partout au nord de l'équateur; sa température varie suivant les lieux de 2V à 30**. Jusqu'aux régions polaires, la température moyenne des différents lieux décroît jusqu'à la courbe de — 1 ?•, à peine tracée encore, à cause de la difficulté des voyages d'observation dans ces régions inhospitalières.

Humboldt a remarqué que malgré ces grandes différences, la température moyenne décroît à peu près uniformément à raison d'un demi- degré du thermomètre par chaque degré de latitude. Mais comme, d'autre part, la chaleur diminue de 1® quand la hauteur augmente de 1 56 ou 1 70 mètres, il en résulte que 78 ou K5 mètres d'élévation au-dessus du niveau de la mer produisent le même effet sur la température annuelle qu'un déplacement vers le nord de l^en latitude. Ainsi, la température moyenne annuelle

du couvent du mont Saint -Bernard^ situé à 2491 mètres de hauteur^ par 45^^50' de latitude^ se retrouve dans la plaine par une latitude de 75^50'.

En étudiant la distribution de la chaleur et la surface du globe^ et en traçant le système des lignes isothermes^ Humboldt a mis en évidence les causes qui élèvent la température d'un lieu et celles qui rabaissent.

Les causes qui augmentent la température moyenne sont :

La proximité de Tocénn à Touest dans la zone tempérée ;

La configuration particulière aux continents qui sont découpés en presqu'îles nombreuses ;

Les méditerranées et les golfes pénétrant profondément dans les terres ;

L^orientation , c^est-à-dire la position d'une terre relativement à une mer libre de glaces , qui s'étend au delà du cercle polaire , ou par rapport à un continent d'une étendue considérable situé sur le même méridien, à Téquateur, ou du moins à rintérieur de la zone tropicale ;

La direction sud-ouest des vents régnants, s'il s'agit de la bordure occidentale d'un continent situé dans la zone tempérée , les cbatnes de montagnes servant de rempart et d'abri contre les vents qui viennent des contrées plus froides ;

La rareté des marécages dont la surface reste couverte de glace au printemps et jusqu'au commencement de l'été ;

L'absence des forêts sur un sol sec et sablonneux ; la sérénité constante du ciel pendant les mois d'été; enfin le voisinage d'un courant maritime, si ce courant apporte des eaux plus chaudes que celles de la mer ambiante.

Les causes qui abaissent la température moyenne sont :

La hauteur au-dessus du niveau de la mer d'une région qui ne présenta point de plateaux considérables ;

L'^loignement de la mer dans la direction de l'ouest et du sud pour notre hémisphère;

La configuration compacte d'un continent dont les côtes sont dépourvues de golfes;

Une grande extension des terres vers le pôle, et jusqu'à la région des glaces éternelles, à moins qu'il n'y ait entre la terre et cette région une mer constamment libre pendant l'hiver ;

Une position géographique telle que les régions tropicales de même longituJ** soient occupées par la mer, en d'autres termes, l'absence de toute terre tropicale sur le méridien du pays dont il s'agit d'étudier le climat;

Une chaîne de montagnes qui, par sa forme ou sa direction, gênerait l'accès des vents chauds, ou bien encore le voisinage de pics isolés, à cause des courants d'air froid qui descendent le long de leurs versants ;

Des forêts d'une grande étendue : elles empêchent les rayons solaires d'agir sur le sol ; les feuilles provoquent l'évaporation d'une grande quantité d'eau en vertu de leur activité organique, et augmentent la superficie capable de se refroidir par voie de rayonnement. Les forêts agissent donc de trois manières : par leur ombre, par leur évaporation, par leur rayonnement;

Les marécages nombreux qui forment, dans le nord, jusqu'au milieu de Tété, de véritables glacières au milieu des plaines;

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