LES TEMPÉRATURES MOYENNES
Un ciel d*été nébuleui, parce qu'il intercepte une partie des rayons du soleil; Un ciel d*hiver très-pur, parce qu'un tel ciel favorise le rayonnement de la chaleur.
Aux conditioDs générales des climats^ il est nécessaire d*ajouter Tinfluence que des, circonstances locales peuvent apporter à Tétat de la température observée. Il est beaucoup plus difficile qu*on ne le suppose généralement de connaître la température exacte d'un lieu quelconque de la surface du globe^ et surtout d*un lieu habité^ car dix thermomètres identiques et bien comparés ne marqueront pas le même point au même moment en dix rues différentes d'une même ville. La remarque principale que nous pouvons faire ici^ c'est qu'en raison du rayonnement des demeures habitées^ et des obstacles qu'une agglomération de maisons présente à la circulation de lair^ la température des grandes villes est toujours moins accentuée et supérieure à celle de la campagne avoisinante. Howard a démontré que la température moyenne de Londres surpasse de 1^ centigrade celle de tous les environs. Les thermomètres de l'Observatoire de Paris sont moins élevés que ceux de l'intérieur de la ville^ et plus que ceux installés en plein air au champ d'observation de l'Observatoire météorologique de Montsouris. Chacun a pu remarquer qu'il fait plus froid en été^ et plus chaud en hiver^ dans les rues étroites de l'ancien Paris que sur les places et les larges boulevards modernes. La différence atteint souvent plusieurs degrés.
En pleine campagne mème^ à la même altitude et à la même exposition^ la température difiTère suivant le voisinage des bois. Les bois agissent sur la température de l'air. La température moyenne de l'air sous bois est inférieure à celle en dehors du bois. Les maxima moyens hors du bois sont plus élevés que sous bois. La température moyenne de Tété est supérieure hors du bois à celle sous bois. Ces faits résultent, d'après MM. Becquerel^ de plus de quatorze mille observations faites par eux en ces dernières années sur ce sujet.
Les heures des maxima et des mini ma ne sont pas les mêmes dans l'intérieur des arbres (même isolés) que dans l'air. Elles varient suivant l'espèce et le diamètre des arbres : dans les feuilles, les variations de température ont lieu à peu près comme dans l'air ambiant; dans les jeunes branches, un peu plus tard, et ainsi de suite jusqu'au tronc, où elles sont très-lentes. On fait abstraction ici de la chaleur propre des arbres résultant des diverses réactions qui ont lieu dans les tissus et de celle qu'ils empruntent aux
liquides absorbés par les racines^ attendu qu'elles sont faibles, comparées à celle provenant de la radiation solaire ou du rayonnement nocturne^ comme le prouvent les maxima et minima de température, lesquels sont en rapport avec ceux de Tair^ quoique à des heures différentes. Cette chaleur propre des arbres joue un rôle important en hiver^ en empêchant un abaissement qui leur serait fatal. Dans un arbre de 5 à 6 décimètres de diamètre, le maximum de température a lieu en été vers 10 ou 11 heures du soir, et en hiver vers 6 heures, tandis que dans Tair il se montre, suivant la saison, entre 2 ou 3 heures; de cette différence entre les heures des maxima résulte, comme on Ta reconnu du reste par Inobservation, que la température peut s abaisser dans lair par une cause quelconque, telle que le passage d*un nuage, un changement dans la direction du vent, etc., et 8*élever dans Tintérieur des arbres, par suite de la chaleur acquise par les couches extérieures, laquelle est transmise lentement aux couches intérieures, à cause de leur mauvaise conductibilité.
L'abondance des forêts et rhumidité tendent à abaisser la température, tandis que le déboisement et l'aridité produisent un effet contraire ; la différence s'élète quelquefois à 2 degrés pour la température moyenne de Tannée.
La conclusion des nombreuses observations faites depuis plusieurs années par MM. Becquerel, dans le Loiret, a été résumée par eux à l'Académie des sciences dans les termes suivants :
lo En été, les températures moyennes de Tair bors du bois sont supérieures à celles sous bois ;
2» En hiver, c'est Tin verse;
3» La différence entre la température moyenne annuelle de Pair à plusieurs kilomètres du bois et celle sous bois s'élève à 1/2 degré à peu près.
Les températures moyennes de Pair, en été, étant plus élevées d'environ 1*,3, hors du bois que celles sous bois, et les effets étant inverses en hiver, il en résulte que le climat sous bois est un peu moins extrême que celui en dehors ; il a, par conséquent, le caractère des chmats marins, sous le rapport seulement de la température. Les deux flores doivent donc présenter quelques différences. [Compia rendus des séances de V Académie des sciences^ 22 mars 1869.)
Les conditions locales modifient donc plus ou moins la grande esquisse des climats que nous avons tracée tout à Theure. L action locale la plus grande est toujours exercée par le relief du sol. Les chaînes de montagnes partagent la surface terrestre en grands bassins^ en vallées profondes et étroites, en vallées circulaires. Ces vallées^ souvent encaissées^ comme entre des remparts, individualisent les climats locaux (par exemple, en Grèce et dans une partie de TAsie Mineure), et les placent dans des conditions toutes spéciales par rapport à la chaleur, à Thumidité, à la transparence