‹ L'atmosphère [microform]Chapitre 15 sur 269 · EXPÉRIENCES DE LAVOISIER · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES DE LAVOISIER

tique beaucoup plus propre que Pair de Tatmosplière h entretenir la combustion et U respiration des animaux.

Ayant fait passer une portion de cet air dans un tube de verre d'un pouce de Jiamètre, et y ayant plongô une bougie, elle y répandait un éclat éblouissant ; le charbon, au lieu de s'y consumer paisiblement comme dans Tair ordinaire, y brûlait avec flamme et crépitation, à la manière du phosphore, et avec une vivacité de lumière que les yeux avaient peine à supporter. Cet air que nous avons découvert prosque en même temps, M. Prieslley, M. Schéele et moi, a été nommé, par le premier, air déphlogistiqué ; par le second, air empyrial. Je lui avais d'abord donné le nom d'atr éminemment respirable; depuis on y a substitué celui d'at'r vitaL

En réfléchissant sur les circonstances de cette expérience, on voit que le merrurp, en se calcinant, absorbe la partie salubre et respirable de Tair, ou, pour parler d'une manière plus rigoureuse, la base de celte partie respirable ; que la ^lortion d'air qui reste est une espèce de mofette incapable d'entretenir la combustion et la respiration ; l'air de l'atmosphère est donc composa de deux fluides éJa<;tiques de nature diflFérente et pour ainsi dire opposée.

Une preuve de cette importante vérité, c'est qu'en recombinant les deux fluides élastiques qu'ion a ainsi obtenus séparément, c'est-à-dire les («2 pouces cubiques de mofette ou air non respirable et les kS pouces cubiques d'air respirable, on rp-forme de l'air en tout semblable à celui de l'atmosphère, et qui est propre, à peu près au même degré, à la combustion, à la calcination des métaux et à la respiration des animaux....

Arrivant plus loin aux dénominations à donner aux substances découvertes, Lavoisier ajoute :

La température de la planète que nous habitons se trouvant très-voisine du de$rn'* où l'eau passe de l'état liquide à l'état solide, el réciproquement, et ce phénomène s'opérant fréquemment sous nos yeux, il n'est pas étonnant que, dans toutes les langues, au moins dans les climats où l'on éprouve une sorte d'hiver, on ait donné un nom à l'eau devenue solide par l'absence du calorique.

Nous n'avons pas jugé qu'il nous fiU permis de changer deî> noms reçus et consacrés dans la société par un antique usage. Nous avons donc atUiché aux mots d'eott et de giace leur signiflcation vulgaire ; nous avons de môme exprimé par le mot d'air la collection des fluides élastiques qui composent notre atmosphère.

C'est principalement du grec que nous avons tiré les mots nouveaux, et nous avons fait en sorte que leur étyniologie rappelât l'idée des choses que nous nous proposions d'indiquer; nous nous sommes surtout attaché k n'admettre que des mots courts et, autant qu'il était possible, qui fussent susceptibles de former des idjectifs et des verbes.

D'après ces princifies, nous avons conservé le nom de gaz, employé par Van- Helinont, et nous avons rangé sous cette dénomination la classe nombreuse des fluides élastiques aériformcs.

L'air «le l'atmosphère est principalement composé de deux fluides aériformes ou paz: Pun respirable, susceptible d'entretenir la vie des animaux, dans lequel les métaux se calcinent et les corps combustibles peuvent brûler ; l'autre, qui a des propriétés absolument opposées, que les animaux ne peuvent res]»irer, qui ne peut ^nlr*»t4»nir la combustion, etc. Nous avons donné à la base de la portion respirable dp Tair le nom tToxygéne, en le dérivant des deux mots grecs ^ç, acide, yê(vo|jwk, fengendre^ parce qu'en effet une d(»s propriétés les plus générales de cette base est àe former des acides en se combinant avec la plupart des substances. Nous appellerons donc Oxygène la réunion de cette bcise avec le calorique. Sa pesanteur dans «et étal est assez exactement d'un demi-grain poids de marc par pouce cube, ou d*une once et demie par pied cube, le tout à 10 degrés de température et à 28 ouces <lu baromètre.

COMPOSITION CHIMIQUE DE I/Aflt.

„V.|,-,nl|,;,s,.nn>r,-lr.-.-l,ir„ nom a,. ^,■, !..-:■ .1. 1:. m-,>|,n,

rlii' non nspir;iMc <iy Tiiir dv l'iitiims^plièi Moii- nous ',nriini.-< ronlvul.' .1,- iK-.hnrc ■ 1.^1/ lii' [irivcr i|i' la ïii' li-s aninijinx qui

I,a iiaUm' di' i'air l'tuil donr ('•taljlic iietlciiii^iit pat- ci;s expôlieiici'S, ijuî soni ilo l'annéi' I (77. Sa véiitaMe uoiiipo^ilion, toutefois, ne l'dt (.■oniiiii' cuinpUHi'itH'iil (pip ilans nolie sièilc.

L;i |)iviiii(-re analyse cvaete de l'air reinonte à ciiupiante ans à

peine, et ell*! csi dm- à (j.i\-Lnsri;i(r et lliiiiiliuldl, qui IrM-eiitèreiit par riivdroiit'iie au niovi'ii df Vfiidioiiictrc.

Lot-sipi'iiiiM|)i're la i(ini!iU!>lion d'un luélannede MiUnnes é^auv d'air et d'Iiydruiii-no [nir, dans l'end ioniètre à niei'ciU'e, tout 1 oxyîi;ène disparait sons forme d"ean «pii se eoiidense en rusée, dont le vidunni est iiéi;lif:;e;ilile, el il reste un iiH'laniie formé d'azote et de l'excès dlijdroiiène employé ; or rii\di'o^ène fuit disj^raïtre, à l'étal ircaii, un yolunie d'oxyj;ène éifal à la moitié du sien. Il suit de là ipie le yohime de l'oxygèni^ eontejiu dans l'air riie-suré est éf-al au tiers du volume disparu. Si la mesure de Tuir, de l'Iiy- (iri)jjèiie, puis des gaz a]irès l'explosion, est ('aile à la même pression et il la même température; si, de plus, les yaz étaient saturés

Page 1