LES RÉGIONS POLAIRES
ment un aspect très-pittoresque : tantôt elles ont la belle couleur bleu Tcrdâtre des plus brillantes topazes; tantôt recouvertes d'une neige épaisse^ elles présentent sur leur sommet et à leur contour les accidents les plus variés.
Les ondulations de Peau^ le mouvement des vagues ou quelque autre cause puissante^ brisent un champ de glace en un instant^ et le réduisent en fragments de 100 ou 200 mètres carrés. Ces fragments séparés se heurtent et se dispersent^ mais quelquefois ils sont emportés par un courant rapide; alors s'ils rencontrent un courant opposé^ entraînant les énormes débris d'un autre champ de glace, ces montagnes se choquent avec un épouvantable fracas. Les glaçons^ soulevés et balancés par les flots^ retombent les uns sur les autres ; ils se superposent^ ils se couvrent de fragments plus ou moins volumineux^ et composent ainsi de véritables montagnes^ accidentées de mille manières^ qui s'élèvent de 10 à 15 mètres au-dessus des eaux. L'épaisseur qui surnage est^ en général^ à la partie submergée comme 1 est à 4; ainsi^ la hauteur totale de ces montagnes est de 40 à 60 mètres.
Quelquefois aussi des glaçons de 30 ou 40 mètres de longueur^ chargés à leurs deux extrémités^ s'enfoncent tout à fait sous les eaux à une profondeur assez grande pour que le vaisseau passe audessus d eux; mais l'équipage est alors exposé aux plus affreux dangers : le moindre choc^ la moindre cause peut déranger l'équilibre des poids qui tiennent le glaçon submergé; alors il s'élèverait avec impétuosité et lancerait le bâtiment dans les airs^ ou du moins le ferait chavirer inévitablement.
Dans la baie de BafTin^ on trouve des montagnes de glace beaucoup plus hautes que dans les mers du Groenland : les navigateurs en ont mesuré qui s'élevaient à plus de 30 à 40 mètres audessus de la surface de l'eau^ et qui avaient par conséquent plus, de 200 mètres de hauteur totale. On suppose que ces masses effrayantes se forment sur les côtes où elles ferment les vallées qui aboutissent à la mer et qu'ensuite elles en sont détachées. Dans la saison du soleil^ les eaux coulent du haut de leur crète^ et forment dans la mer d'immenses cascades, qui sont quelquefois surprises par les gelées. C'est alors un majestueux spectacle^ mais les navigateurs le regardent de loin : en un instant ces colonnes^ ces arceaux gigantesques, suspendus dans les airs, se brisent avec un horrible fracas et s'écroulent dans la mer.
Scoresby a vu fréquemment la glace se former en pleine mer à 20 lieues des côtes. Dès que les premiers embryons de cristaux
LES CLlM.i
. Nous avions rencont.é noire pr-' ^^^^ ^j y^^ ^^^^jj ^
au cercle polaire. En entendan' y-'" .
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leurs volut' .r>^/;>^ji, densité de l'eau de mer est 1,026; en
la superh 'J^'^'^'^!i>ns^\^ à — 2 degrés. Les eaux qui ont été
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Fîg. IM. — Derniers» habi
(les ri'pions polairei.
* alors elles ne gèlent qu'à — 10 degrés, et l'on sait que l'eau saturée de sel ne peut se solidifier qu'à — 1 5 degrés.
Ces régions désolées, où le mercure se congèle à air libre, sont cependant bahitées par les Esquimaux. C'est le peuple qui s'avance le plus loin dans le rroid.car il s'étend jusqu'au 79< degré de latitude 1 Le docteur Kane visita en 1B53 deui d« leurs villages sur la cûle groSnlandaise du détroit de Sroilb, à 11' du pdle. O; villages se nomment Élah et Peterovik; la capitale du pays est Cpernarik, visiby en 1861 par le docteur Hajes. On peut prendre une idée des villages aujourd'huioccupés par ce peuple d'où descend l'Amérique en jetant les jeui sur notre figure 130. Les huttes sont construites par assises, à l'aide de blocs de neige Uitléi en forme de ddmes. L'entrée est une ouverture circulaire très-basse. La lumi^rt pénètre dans ces maisons d'un genre si singulier par une fenêtre formée dunr plaque bien diaphane de glace épaisse.