LES NEIGES ÉTERNELLES
M. Reoou, notre savant collègue de la Société météorologique, a récemment montré que cette limite est entièrement liée à la distribution delà température dans les diverses saisons.
La limite inférieure des neiges n'est pas uniquement une fonction de la latitude géographique et de la température moyenne annuelle du lieu; ce n'est ni à l'équateur, ni même dans la zone intertropicale, comme on l'a cru longtemps, que cette limite parvient à sa plus grande hauteur au-dessus du niveau de la mer. Si on la soumet à une analyse détaillée, ce que les observations récentes permettent de faire aujourd'hui, on reconnaît qu'elle dé-
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des limites des Neiges fefuld UXf\f. AraraL-
dlrerses latitudes.
pend du concours d'un grand nombre de causes, outre les précédeates, telles que la différence des températures propres à chaque saison; le degré habituel de sécheresse ou d'humidité des couches Bupérieures de l'Atmosphère; l'épaisseur absolue de la masse de neige qui est tombée ou qui s'est accumulée; le rapport entre b hauteur de la limite inférieure des neiges et la hauteur totale de la montagne, etc., etc.
Sous nos latitudes la neige envahit toutes les pentes jusqu'aux plaines en hiver; au printemps, elle commence à fondre par les parties inférieures ; en été, elle fond rapidement, et enfin cette fusion s'arrête en automne à une certaine limite qui reste toujoors à peu près la même : c'est là ce qu'on appelle la limite des
neiges perpétuelles ou mieux persistantes. Ainsi^ le phénomène est alternatif; pendant six mois^ les neiges empiètent considérablement; pendant six autres mois^ elles reculent; cette simple considération montre que la limite supérieure ne doit dépendre que de la moitié la plus chaude de l'année^ celle comprise pour la plupart des climats au nord de Téquateur, entre le 22 avril et le 22 octobre. On est ainsi conduit à établir cette loi générale :
Dans toutes les contrées de la terre ^ la limite des neiges persistantes est l'altitude à laquelle la vioitié la plus chaude de r année a une température moyenne égale à celle de la glace fondante.
Les glaciers proprement dits constituent un phénomène à part; ce sont^ en effets des amas de glace dans des vallées où elle 8*accumule considérablement^ et dans lesquelles elle descend sans cesse de manière à remplacer celle qui fond à la partie inférieure.
Le petit tableau suivant indique la diminution (à partir de rÉquatour) de la hauteur de la limite des neiges et de la température moyenne de la moitié la plus chaude de Tannée des plaines qui sont à leur pied.
contrées. Latitude. Altitude de la Température
u« i*uvi«, limite des neiges. moyenac.
Andes 1® 4,795 S^^^
Mexique 19 4,580 26 2
„. , i pente S.) ^^ 3,956 25 0
Himalaya jp^^teN.i '• ^^ 5,067 24 0
Caucase 43 3,216 20 0
Pyrénées 42 2,800 17 5
Alpes 45 2,700 17 0
Karpalhes 47 l,rj92 16 2
Altaï 49 2,144 13 4
Alpes Scandinaves 61 1,650 10 3
Islande 65 940 6 3
Norvège (Magerœ}... - 71 714 4 8
Ile Cherry 75 180 12
Spilzberg, côte S. 0... 78 0 0 0
Nous connaissons bien la limite inférieure des nei<:;es perpétuelles; quant à leur limite supérieure , il ne peut pas en être question^ car les cimes les plus hautes sont encore loin d*atteindre les couches d*air qui ne contiennent plus de vapeur capable d'engendrer des cristaux de glace, il est certain que si cependant elles s'élevaieut encore à une altitude plus considérable dans les espaces aériens^ elles finiraient par atteindre une limite supérieure des neiges. En effets la froide Atmosphère des hautes régions ne contient qu'une très-faible proportion de vapeur, et les rares flo-