LES VENTS PÉRIODIQUES
lalizé du S. E. règne dans rhémisphère austral ; Talizé du N. Ë. "souffle dans rhémisphère opposé^ et il prend le nom de mous$onàe N. E. ;' entre deux est la région des calmes. Quand le soleil s'avance vers le nord, la température du continent et celle de la mer tendent à s'équilibrer: aussi, vers Téquinoxe du printemps ny a-t-il plus de vents régnants dans l'hémisphère boréal, mais des vents variables alternant avec des calmes plats et des ouragans; tandis que la mousson de S. E. règne pendant toute Tannée dans rhémisphère sud. A mesure que la déclinaison boréale du soleil augmente, la température de l'Asie s'élève plus que celle delà mer, tandis qu'elle baisse dans la Nouvelle-Hollande et dans l'Afrique méridionale. La position relative des deux continents dont les différences de température sont les plus marquées, et le mouvement de rotation de la Terre organisent ainsi un courant du S. 0., mousson qui règne depuis le mois d'avril jusqu'en octobre. Ainsi, tandis que dans l'hémisphère austral l'alizé de S. E. règne pendant toute l'année, on trouve au nord de l'équateurJa mousson de N. E. en hiver, celle de S. 0. en été.
Nous venons d'indiquer sommairement la direction générale de ces vents. Déjà dans l'antiquité la plus reculée ils favorisaient les communications alors si fréquentes entre l'Inde et TÉgypte. A la décadence de cet empire, ces rapports cessèrent, la tradition de ces vents se perdit; car, s'ils avaient été connus, Néarque n'aurait pas fait une navigation si longue et si pénible depuis les bouches de l'Indus jusqu'au fond du golfe Persique.
On trouve dans bien des parages des vents périodiques, qui alternent avec les saisons, et qui sont influencés par la conformation des cotes; ainsi, par exemple au Brésil, il y a une mousson du printemps N. E. et une mousson S. 0. d'automne. La Métliterranée a ses moussons, connues déjà des anciens, qui avaient indiqué leur dépendance des saisons par la dénomination de vents ctésiens /Eto;, année, saison). Au sud du bassin méditerranéen s'étend l'immense désert de Sahara. Dépourvu d'eau, composé uniquement de sable ou de cailloux roulés, il s'échaufTe fortement sous l'influence d'un soleil presque vertical, tandis que la Méditerranée conserve sa température habituelle. Aussi, en été, l'air s'élève au-dessus du désert de Sahara avec une grande rapidité et s'écoule surtout vers le nord, tandis que dans le bas on a des vent* de nord qui s'étendent jusqu'en Grèce et en Italie. Dans le nonl de l'Afrique, au Caire, à Alexandrie, on ne trouve que des vents de nord. Tous les navigateurs savent qu'en été la traversée
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d'Europe en Afrique est plu3 prompte que le retour. Ainsi, si i'oa compare la demi-moyenne des traversées d aller et retour entre Toulon et Alger, on trouve que la traversée de retour est plus longue d'un quart pour un navire à voiles, et d'un dixième pour un navire à vapeur. Cet effet ne peut être attribué aux courants qui sont trèa-faibles. Ensuite, tout le versant nord des îles Majorque et M inorque, et surtout de cette dernière, est balayé par ce même vent, qui y occasionne un rabougrissement très-sensible de la végétation. Ces vents dominent à Alger, à Toulon et à Marseille. En hiver, au contraire, où le sable rayonne fortement, lair du désert est plus froid que celui de la mer, et en Egypte, on sent un vent de sud très-froid, mais infiniment moins fort que les vents du nord eu été. (Kaëmtz et Martins.)
Aux vents périodiques réguliers que nous venons d'étudier, aux alizés et aux moussons, nous pouvons ajouter les brises déterminées au bord des mers par Tinégalité de réchauffement de la terre et de Teau. Nous les avons signalées au commencement de ce chapitre comme produites par la chaleur solaire, par la même cause que les alizés.
On observe aussi des déplacements d'air périodiques diurnes dans les pays des montagnes; ils consistent en une brise glissant le long de la montagne pendant la nuit, et en une brise ascendante dans le jour. Ces déplacements sont extrêmement variés en raison même de la configuration et de l'orientation des montagnes.
Entre toutes les causes que l'on assigne aux vents. Tune des plus puissantes est, sans aucun doute, la prompte condensation des vapeurs dans le sein de l'Atmosphère. On voit quelquefois tomber 27 millimètres d'eau en une heure sur une grande étendue de pays, particulièrement dans les régions équatoriales. Or, supposons seulement que cette étendue soit de dix lieues de côté, ou de cent lieues carrées. Si la vapeur qui est nécessaire pour produire 27 millimètres sur cent lieues carrées, était dans l'air à l'état élastique, et seulement à 10® de température, elle occuperait un espace cent mille fois plus grand qu'à l'état liquide, c'est-à-dire qu'elle occuperait un espace de cent lieues carrées sur 2 700 000 millimètres, ou 2700 mètres de hauteur. Telles seraient doncles dimensions du Yide qui -résulterait de cette condensation. A la vérité, la vapeur n'est pas a l'état élastique, elle est à l'état vésiculaire ; mais, par cela seul qu'elle reste suspendue dans l'Atmosphère, elle a probablement une densité moindre qu'à l'état liquide, et sa condensation en gouttes de pluie produit encore un vide immense qui
ne peut se remplir sans exciter une grande secousse atmosphérique.
La circulation constante entretenue dans l'Atmosphère rend impossible qu*en un endroit quelconque une des substances nécessaires à la vie des organismes^ telles que Toxygène^ les vapeurs aqueuses^ etc. ^ soient entièrement consommées^ ou qu'une substance délétère^ telle que lacide carbonique, s'y accumule en quantité dangereuse : l'existence de la nature animée est intimement liée à cette circulation.
Ces traits simples semblent au premier abord ne pas s'appliquer au jeu en apparence si capricieux du temps, et ne pas esquisser tel qu'il est ce type de la versatilité et de Tinconstance. Le temps n'en est pas moins variable, dans nos climats surtout, comme nous allons le voir. Nous pouvons partager la surlace du globe en deux moitiés inégales : la région du temps constant et celle du temps variable. Aussi loin que s'étend l'influence des vents alizés, on peut prédire la disposition de l'air, même pour plusieurs années à venir. La zone moyenne (comprise entre le 2* et le V lat. N. et S.) est celle où pendant toute l'année sans interruption de fortes chaleurs et des calmes alternent avec des averses et des tempêtes nocturnes. A côté d'elles,- vers le nord comme vers le sud, vient une autre zone (V à 1 0^ lat.) où cet état de choses ne se présente qu'en été ou en hiver, et le vent alizé amène un ciel serein. Vient ensuite une troisième (10* à 28* latitude N.) où, en liiver comme en été, les vents alizés n'amènent pas la moindre humidité, où des années se passent sans qu'une petite pluie passagère vienne ra* fraîchir la terre.
Enfin, une dernière zone au nord et au sud (de 20* à 30* lat.) forme la limite du temps constant; là, les vents alizés déterminent un été sans pluie et un hiver doux et pluvieux, toutefois la pluie n'y est pas toujours continuelle. L'indication approximative des latitudes se rapporte à l'hémisphère boréal et à l'océan Atlantique, le seul endroit où des observations sûres ont été recueillies.
Maintenant, nous sommes en présence d*une zone de 24 degrés de latitude, où les luttes entre le courant polaire et le courant équatorial occasionnent un climat variable qui ne nous paraît capricieux et accidentel que parce que les circonstances, dont dépend la prédominence, dans une localité donnée, de Tun ou de l'autre des deux courants, sont compliquées au point que nous n'ayons pu déduire, de nos différentes observations, une loi oapa* ble de régir ces modifications. Si nous approfondissons la ques-
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tion^ nouB trouvons^ d'après ce que nous venons de dire^ qu'il n'y a, en réalité^ que deux vents dans l'Atmosphère : celui qui souffle des pôles vers l'éqùateur^ et celui qui revient de l'équateur pour se rendre auK pôles. Prenons maintenant un endroit situé dans la r^ion du temps variable^ par exemple^ les latitudes de Paris^ Londres^ Vienne, et admettons, en outre, que cet endroit soit situé exactement dans la direction du courant polaire. Lorsque le vent du nord y souffle, le froid se fait sentir, le ciel s'éclaircit et reste serein, lors même que le vent déviant peu à peu de sa direction tourne à Test. (L'air polaire qu'il nous amène, remarque Scbleiden, est des plus dangereux aux poitrinaires, à cause de sa grande siccité et de son abondance en oxygène.) Le vent d'est sonffle aussi longtemps qu'aucun autre ne vient le relever; mais il n'y en a pas d'autre qui puisse le faire, si ce n'est le courant équatorial qui arrive comme vent du sud. Le choc produit par leur rencontre a pour résultat immédiat de donner naissance à des directions intermédiaires des vents S. E., dont l'air chaud et humide, étant refroidi par le courant polaire, est forcé de céder une partie de son eau sous forme de nuages, de neige ou de pluie. Peu à peu le courant équatorial prend le dessus, le temps s'éclaircit, s'échauffe et se maintient de la sorte avec un vent du midi qui, insensiblement, se dirige vers l'ouest. Il n'y a que le courant polaire qui, à son tour, puisse le relever; leur mélange, passant au nord-ouest, produit d'abondants précipités atmosphériques. Ce sont ces jours froids et humides qui incommodent tant les personnes nerveuses. Les choses continuent à marcher ainsi et tou jours dans le même ordre. L'étude de ces vents variables fera l'objet du chapitre ui.
Chose étonnante, cette zone variable, que l'on serait tenté de regarder comme la plus défavorable au développement du genre humain, embrasse presque en entier l'Asie moyenne, l'Europe, TAmérique septentrionale et la côte septentrionale de l'Afrique; par conséquent, elle comprend tout ^ théâtre sur lequel se meut l'histoire de l'humanité et de son développement intellectuel. Peutêtre y a-t-il une connexion secrète entre ce phénomène et le développement spécial du monde végétal de cette région.
Nous venons de tracer une esquisse de la répartition du temps à la surface du globe; cette esquisse est modifiée par bien des causes. L'élévation des pays au-dessus du niveau de la mer, les plaines et les montagnes, les déserts sablonneux et les forêts, etc., apportent de grandes perturbations dans ces lois.
bOk LE VENT ET SA CAUSE.
Parmi les influences qui modifient la répartition du temps^ une des plus importantes est la distribution de terre et d'eau à la surface du globe terrestre. La terre exposée aux rayons solaires se réchaufTe plus vite^ et prends dans un temps donnée une température plus élevée que Teau qui, en revanche, une fois échauffée, se refroidit beaucoup plus lentement. La première conséquence est que la zone la phis chaude, la région des calmes, n'occupe pas une étendue égale au nord et au sud de Téquateur; mais^ au contraire, occupe une plus grande étendue dans Thémisphère septentrional. Nous avons déjà remarqué, et nous constaterons mieux encore tout à Theure, Tinfluence de la distribution des eaux et des terres dans nos climats.
Nous avons vu que la chaleur et sa répartition inégale dans toutes les directions est le phénomène fondamental autour duquel se groupent les autres et dans une grande dépendance. L'humidité de Tair a une corrélation intime avec ce phénomène, et celle-ci, unie à la chaleur, sont les raisons d'être de la vie végétale. C'est à ces deux conditions que se rattache en grande partie la distribution des plantes à la surface du globe. I^ monde animal suit les plantes, car à Texistence des herbivores se lie directement celle des carnivores. Le premier principe suprême, celui qui, non-seulement vivifie, mais excite et règle tout, c'est le Soleil; ses rayons brûlants sont les burins dont il se sert pour tracer les lumières et les ombres y le jaune ardent du sable aride et le vert rafraîchissant des prairies, et ù Taide desquels il dessine la géographie des plantes et des animaux, et trace même Tesquisse d'une carte ethnographique pour lé genre humain.
L'empereur Aurélien disait que « de tous les dieux que Rome avait empruntés aux nations vaincues, aucun ne lui paraissait plus digne d'adoration que le Soleil ; » et nous disons que de toutes les formules d'adoration du paganisme, celle du Parsi est la plus sublime, lorsqu'il attend le matin, sur les bords de la mer, la réapparition de l'astre du jour; lorsque, aux premiers rayons qui vacillent sur les ondes de l'élément humide, il se jette la face contre terre et adore en priant le retour du principe vivifiant qui anime tout. (Schleiden.)