L'OXYGÈNE. — L'AZOTE
de potasse, qui prend à soo tour l'acide carbonique. Des deux derniers tubes, contenant de la pierre ponce imbibée d'acide sulfurique, !'a\ant-dernier est destiné à retirer l'bumidité prise à la potasse par l'air, et le dernier à empêcber l'bumidilc de rebrousser chemin de l'aspirateur dans les tubes. En pesant avant, puis après l'eiLpénence, tes séries de tubes analysateurs, on olitient le poids de Veau et le ])oids de Vacide carbonique contenus dans un volume d'air é^i au volume du réservoir.
L'atmosphère contient environ 4 dix-millièmes de son volume d'acide carbonique.
On peut encore faire l'analyse de l'air, et séparer l'oxygène de l'azote par un procédé très-simple.
bans un tube gradué contenant un certain volume d'air, mesuré Kur l'eau ou sur le mercure, on introduit un long bâton de phosphore. Au bout de G ou i heures, généralement, l'oxygène est aWorl*é, et l'on peut retirer le bâton de phosphore et mesurer le gaz qui resle, c'est-à-dire l'azote. — L'absorption est jugée corapléle (l'appareil étant porté dans l'obscurité) lorsqu'on ne voit |Jus de lueui-s à la surface du bâton de phosphore.
On peut déterminer l'absorption rapide de l'oxygène par le phosphore en chaufTant le gaz dans une cloche courbe dans laquelle DD a introduit un fragment de phosphore; onchaufTc le phosphore avec une lampe à alcool; il a'ullunie, on volatilise une partie du
phosphore^ et lorsque la flamme a parcouru toute la partie occupée par le gaz^ Texpérience est terminée. On laisse refroidir^ on transvase dans un tube gradué et on mesure le volume de Tazote; par diiTérence avec le volume primitif on a Toxygène.
L'oxygène et Tazote sont deux gaz permanents^ c'est-à-dire que l'on n'a pu jusqu'à ce jour, ni par le froid ni par la compression, leur faire perdre leur forme gazeuse. Le premier, l'oxygène, est l'agent ordinaire des combustions, qu'elles aient lieu dans nos foyers ou dans l'intimité de nos organes, l^e second, au contraire, est le modérateur du premier.
Lacide carbonique, qui existe en quantités variables suivant les temps et les lieux, mais toujours très-faibles, a pu être liquéfié sous une forte pression aidée d'un froid très-vif; il a pu même être solidifié. Il présente alors l'aspect d'une neige légère et trèscompressible, dont le contact avec la peau produit Teffet d'une brûlure : l'épiderme est désorganisé par ce froid excessif comme par la chaleur. Aux doses minimes où il se trouve généralement dans l'air, l'acide carbonique est sans inconvénient; à des doses plus fortes, il nuit à la respiration et finit par produire l'asphyxie.
Les émanations, les sources abondantes de gaz acide carbonique se rencontrent fréquemment dans les contrées volcaniques.
Lorsque 31. Boussingault explora les cratères de Téquateur, on lui signala une localité où les animaux ne pouvaient rester impunément: c'est le Tunguravilla, situé à peu de distance du volcan de Tunguragua, et que le chimiste visita en décembre 1831. « Nos chevaux, dit-il dans sa relation, nous indiquèrent bienUU que nous appi*ochions ; ils n'obéissaient plus à l'éperon, levaient la tête par saccades et de la manière la plus déplaisante pour le cavalier. La terre était jonchée d'oiseaux morts, parmi lesquels se trouvait un magnifique coq de bruyère que nos guides s'empressèrent de ramasser. Il y avait aussi dans les asphyxiés plusieurs reptiles et une multitude de papillons. La chasse fut bonne, le gibier ne parut pas trop faisandé. Un vieil Indien Quichua, qui nous accompagnait, assurait que lorsqu'on voulait dormir longtemps et paisiblement, il fallait faire son lit sur le Tunguravilla. » Cette émanation délétère se manifeste par la stérilité dont le sol est frappé sur une étendue de quelques centaines de mètres carrés; elle était surtout très-intense sur un point où l'on voyait plusieurs grands arbres renversés, desséchés et presque enfouis dans la terre végétale, ce qui implique que ces arbres avaient vécu là où ils sont tombés depuis l'éruption du gaz acide carbonique. Ce gaz, comme