‹ L'atmosphère [microform]Chapitre 189 sur 269 · LE SIMOUN · texte numérisé non relu

LE SIMOUN

loppanl d'ua mouchoir. Pendant ce temps le dromadaire, auquel le vent chassait le sable dans les yeux, devintinquiet,semit à galoper, et me ût perdre les étriers. Je restai couché par terre sans bouger de place, car je n'y voyais à la distance de dix mètres, et m'enveloppai de mes vêtements jusqu'à ce que le vent se fût apaisé. Alors j'allai à la recherche de mon dromadaire, que je trouvai à une assez grande distance, couché près d'un buisson qui protégeait sa tète contre le sable enlevé par le vent. » Malcolm et Morier, qui ont traversé les déserts de la Perse, Ker-Porter, qui a visité celui qui est à l'est de l'Euphrate, sont d'accord avec Burckhardt pour déclarer que lorsqu'ils ont été exposés au simoun, ils n'ont rien éprouvé qu'une impression très-désagréable, très-pénible même, mais dont leur santé n'a nullement été altérée.

Ce n'est pas seulement dans les déserts de sable de l'Afrique et de l'Asie que les vents chauds sont à redouter, mais dans presque toutes les contrées continentales voisines des tropiques. Dans l'Inde ces vents sont connus sous le nom de souffle des diables. Ils sévissent fréquemment durant la saison sèche, et répandent dans les campagnes, et jusque dans les villes, l'effroi et la dévastation. Sans être em- |x»isonnés, il est admissible que des vents animés d'une vitesse formidable, emportant avec eux des flots de sable, et dont la température s'élève à kO^ et plus, puissent exercer sur leur parcours une action malfaisante, et devenir surtout funestes aux Européens, qui ne savent guère s'en garantir.

Vers l'époque de Téquînoxe, les tempêtes deviennent terribles dans le désert. Tout le monde a entendu parler du vent brûlant du désert, du simoun, mot qui signifie poison chez les Arabes. Ce vent redoutable souffle aussi en Egypte, où on l'appelle Khamsim (cinquante) à cause des cinquante jours pendant lesquels on Tobserve : vingt-cinq jours avant Téquinoxe du printemps et vingtcinq jours après.

Le simoun s'annonce dans le désert par un point noir qui surgit à l'horizon. Ce point noir grandit rapidement. Un voile blafard envahit le ciel, des flots de sable obscurcissent le soleil et dessèchent toute verdure. Aussitôt qu'il souffle, les oiseaux effrayés s'envolent, le dromadaire cherche un buisson où il puisse préserver ses yeux, sa bouche, ses narines, des nuages de sable; l'Arabe se couvre la face, s'enduit le corps de graisse, d'huile ou de boue humide, se roule à terre, ou se blottit contre un arbre, jusqu'à ce que l'affreuse bourrasque soit apaisée. Le simoun est le plus redoutable ennemi des caravanes qui traversent les déserts sablonneux de l'Arabie et de l'Afrique : on lui attribue la destruction entière des 50000 hommes que le fou Cambyse envoya pour réduire en esclavage les Ammoniens, et mettre ensuite le feu au temple de Jupiter.

En 1805, le simoun tua et ensevelit dans les sables toute une caravane, composée de deux mille personnes et dix-huit cents chameaux. Plus d'une fois nos généraux ont eu des craintes sérieuses sur le sort des colonnes de nos soldats, forcées de s'en-

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