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L'ACIDE CARBONIQUE. — LA VAPEUR D'EAU

abondance telle qu'elles produisent des accidents en pleine campagne. Le gaz sort de petits enfoncements de terrain sur les bords desquels la végétation est très-belle : les insectes^ les petits animaux attirés par la richesse de la verdure viennent s y mettre à couvert et tombent asphyxiés; leurs cadavres attirent les oiseaux, qui périssent également; enfin arrivent des bergers du voisinage qui, connaissant le danger, retirent de loin ces animaux et font ainsi sans frais une chasse souvent fructueuse.

Au moyen âge, les accidents que ce gaz amenait dans les caves, dans les mines, dans les puits même, avaient donné naissance aux fables les plus extravagantes. Ces localités étaient, disait-on, hantées par des démons, des gnomes, ou par des génies, gardant des trésors souterrains, dont le regard seul produisait la mort; car c'était en vain qu'on cherchait des lésions, des plaies, des marques quelconques sur les malheureux frappés d'une manière aussi soudaine.

Outre l'oxygène, l'azote et l'acide carbonique, l'air renferme un certain nombre d'autres substances, en quantité plus faible, et d'ailleurs très-variable.

La plus importante osl la vapeur d'eau, dont nous venons déjà de parler à propos de la méthode d'analyse susceptible de la déterminer. L'air contient en tout temps, en tous lieux une certaine proportion de vapeur aqueuse en dissolution, à l'état invisible; lorsque cette eau passe à l'état particulier que Ton appelle vésiculaire, elle constitue les nuages ou les brouillards.

Cette quantité de vapeur d'eau est variable, suivant les saisons, la température, l'altitude, la situation géographique, etc. Pour une même température et une même pression, la quantité maximum tenue en dissolution dans l'air est invariable. L'état hygrométrique de l'air, pour une température déterminée, n'est autre chose que le rapport entre la quantité d'humidité existant réellement dans Fair et celle qui y existerait si l'air était saturé à cette même température.

Les millions de mètres cubes de vapeur d'eau qui, charriés dans l'air, forment les nuages et les pluies constituent l'élément le plus important de l'Atmosphère au point de vue de la circulation de la vie. Aussi l'eau sera-t-elle plus loin l'objet d'études toutes spéciales dans ce livre sur ïair.

On a pu déterminer la quantité de calorique employé à évaporer les eaux à la surface de la terre. L'évaporation qui se produit annuellement peut être représentée par le volume d'eau météorique

qui tombe de T Atmosphère pendant le même laps de temps. Or, en rapprochant les résultats des observations faites à différentes latitudes et dans les deux hémisphères, on est amené à fixer ce volume au chiffre de 703435 kilomètres cubes! ce qui équivaut à une couche d eau de l'épaisseur de 1™, 379 qui couvrirait la terre. La quantité de chaleur enlevée ainsi suffirait, suivant 31. Daubrée, à liquéfier une couche de glace de 10"', 70 d'épaisseur enveloppant le globe tout entier.

D'après les calculs de Dalton, l'Atmosphère renferme environ 0,0142 parties de son poids d'eau ; les couches supérieures en sont presque totalement privées.

Quelles sont les substances que l'Atmosphère renferme encore dans son sein?

Elle contient incontestablement de petites quantités d'ammoniaque, en partie à l'état de carbonate d'ammoniaque, en partie peut-ôtre aussi à l'état d'azotate ou même d'azotite d'ammoniaque. L'origine de cette ammoniaque doit être évidemment attribuée surtout à la décomposition des matières végétales et animales ; et sa présence dans l'air a une importance toute particulière au point de vue des phénomènes de la végétation et de la statique chimi(jue des plantes. Plusieurs chimistes se sont occupés d'en déterminer la proportion exacte. Elle ne paraît pas dépasser quelques millionièmes du volume d'air.

La quantité d'ammoniaque trouvée dans les eaux est, en poids :

Dans les eaux pluviales 0,0000008

Dans les eaux des rivières 0,0000002

Dans les eaux do sources 0,0000001

On a trouvé dans l'eau de la mer de 2 à 5 dixièmes de milligramme d'ammoniaque par litre. C'est une proportion assez faible^ sans doute; mais si l'on réfléchit que l'Océan recouvre plus des trois quarts du globe, et si l'on envisage sa masse, il est permis de le considérer comme un immense réservoir de sels ammoniacaux, où l'Atmosphère réparerait les pertos qu'elle éprouve continuellement.

Les fleuves portent d'ailleurs à la mer de prodigieuses quantités de matières ammoniacales. Je rapporterai un seul fait. D'après M. l'ingénieur Desfontaines, le Uliin, a Lauterbourg, débite, lors des eaux mo\ennei, 1 lOG mètres cubes par seconde. Un litre de cette eau contient au minimum 0 millième 17 d'ammoniaque. Il en résulte qu'en vingt-quatre heures le Rhin, en passant devant

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