‹ L'atmosphère [microform]Chapitre 197 sur 269 · LES PUIISSANGES DE L'AIR · texte numérisé non relu

LES PUIISSANGES DE L'AIR

commença à la Barbadc un peu avant minuit, le 10 août 1831 ; elle atteignit Saint-Vincent à sept lieures du matin. Sa marche était donc de 5 lieues à Theure. Un gentleman qui habitait Saint- Vincent depuis quarante ans, étant monté à cheval au point du jour, se trouvait k environ un mille de son habitation, lorsqu^il aperçut dans le nord un nuage d'une apparence si menaçante, que pendant sa longue résidence sous les lroi»iqucs il n'avait jamais rien vu d'aussi alarmant : ce iiuage lui parut d'une couleur gris olivo. Appréhendant une horrible tem[)éte, il se hâta (hî regagner son domicile et d'y clouer portes et fenêtres : précaution à laquelle il attribua la conservation de sa maison.

Vers minuit, les éclairs jaillirent avec un éclat à la fois majestueux et terrible, et un coup de vent souilla avec force du nord et du nord-est; à une heure du ma* tin. l.i furie du vent augmenta, et la tempête qui avait soufflé du nord-est sauta subitement au nord-ouest et aux points intermédiaires. A partir de ce moment les régions supérieures furent cunstamnient illuminées par des éclairs incessants, formant une vii^te nappe de feu, mais dont l'éclat fut souvent dépassé par celui des décharges (rélectricilé qui éclataient de tous cotés. Rien ne saurait dépeindre le bruit assoiinlis-aut Je l'ouragan, lequel, peu ai)rès deux heures, souffla du nordnord-ouest et du nonl-ouest. \'ers trois heures, le vent se modéra par intervalles; mais d«.' tenijis à aulro de terribles rafales soufflèrent du sud-ouest, de Touest et de roucst-nord-ouest. avec une force redoublée.

Les é('lairs avant aussi ce^sé ])ar intervalle^, la ville était enveloppée d'une obscurité (jui inspirait une iVavrur indicible. lUentùt après, des météores de feu tombèrent du ciel ; l'un d'eux, descendant per]>endiculairement d^une hauteur prodigieuse, attira parliculirremenl l'attention : il était déforme circulaire et d'une couleur rouge foncé. Ce uiéléore était évidemment entraîné par Teffet de son propre poirls, et ne recevait d'impulsion d'aucune force étrangère. En s'approchant du sol. ce ^lohe enllainnié i»rit une forme allongée d'une blancheur éblouissante, et éclata en se réjiandant comme l'aurait fait un métal en fusion.

OueUjues instants ajirès rapi>arition de ce phénomène, le bruit assourdissant du vent se transforma en un murmure solennel, ou, pour mieux dire, en un mugissement lointain, et les éclairs, qui depuis minuit avaient presque incessamment lancé des fourches, se succédèrent avec une activité eflrayante pendant près d'une demiminute entre les nuages et la terre. La vaste masse des nuages semblait toucher les maisons et lançait vers la terre des volumes de flammes que celle-ci renvoyait aussitôt dans l'espace.

Dés que cette singulière alternative d'éclairs cessa, l'ouragan éclata de nouveau du côté de l'ouest avec une violence prodigieuse et indescriptible, lançant de toutes parts des milliers de projectiles, fragments de toutes les constructions qui n'étaient pas à l'abri de sa violence. Pendant le passage de l'ouragan le sol trembla et les maisons les plus solidement construites furent ébranlées jusque dans leurs fondements. (Icix^ndant, à aucun moment de la tempête, pas une seule détonation de tonnerre ne fut distinctement entendue. Le hurlement du vent, le mugissement de l'Océan dont les vagues gigantesques menaçaient de détruire tout ce que les autres éléments auraient épargné, et le bruit des tuiles s'entre-choquant, des toits et des murs s'écroulant, etc. , formaient le fracas le plus épouvantable qu'on puisse imaginer.

Vers cinq heures, la force de l'ouragan mollit par intervalles, et on entendit clairement pendant quelques courts instants la chute des matériaux que la queue de la temi)ête avait probablement portés à une hauteur extraordinaire.... A six heures, le vent était sud; à sept heures, sud-est; et à huit heures, estrsud-esl. A neuf heures, le temps était redevenu beau.

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