‹ L'atmosphère [microform]Chapitre 199 sur 269 · LP]S PUISSANCES DE L'AIR · texte numérisé non relu

LP]S PUISSANCES DE L'AIR

i^ue dans nos souvenirs, se manifestant par un état extraordinaire d'exaltation chez quelques hommes habituellement très-ealmes.

De nombreux oiseaux étaient retenus dans cette espèce de goufiCi*e aérien. Parmi eux, se trouvaient plusieurs échassiers : ce qui indique, avec les insectes et les débris de plantes, que le cyclone avait [)assé sur des îles. Quelques-uns des poissons volants qui tombaient sur le pont étaient \i\ants; d'autres, morts depuis quelque temps, sentaient déjà.

On j)rolita du calme central pour mettre des chaloupes à la mér, vider Teau du navire, débarrasser les voiles, installer un gouvernail de fortune, et attendre avec confiance la reprise de la tempête.

Après cinq heures de calme, vers midi, les premiers souffles du \ent se Hrent sentir, et quelques instants après, rouragan ^ans toute sa force (emportait de nouveau le bâtiment. Les rafales arrivaient maintenant du nord, mais aucune des voiles qui avaient été préparées ne put tenir. Il était par suite impossible de manœu-: vrer pour s'éloii»ner rapidement du cyclone; le changement d'amures prescrit par la théorie, afin de prendre le ^ent par bâbord, put seul être opéré. On fut réduit encore à un rôle passif au milieu des fiu-eurs de Toura^an, qui ne devait s'éloigner qu^au bout de deux jours par Teffet de son lent mouvement de translation.

Les dernières tempêtes mémorables qui se soient déchaînées» sont celles du 27 février au 3 mars 1869, dont le naufrage du naviie à trois mats la Lérida de Nantes, venant d'Haïti et échoué au Havre, est resté dans les annales maritimes comme un des plus émouvants épisodes denos cotes.

Le 2 mars, à 10 heures du matin, au milieu d'une mer furieuse, ce trois-mâU, (juc Ton suivait depuis deux heures du rej^ard, arrivait près de la jetée, alors qu*un (•(lur.nit lt'rril)le.dont la pui>sance était encore décuplée par le vent du nord-ouest, (noiUiisait une harre inlranciiissahle.

Hienlùt. il res^^onlil les [ueniières atteintes du courant, qui deux heures plus lai-d aurait été pros^pie sans cllet. 11 avait jusqu'alors pu naviguer vent arrière mais il dut virer du lof, et celle mameuvre, en diminuant sa vitesse, le livra presijue sau< délViise aux élément'^ déchaînés.

Une angoisse poignante étreignit tous les spectalcui-s, parmi lesquels les hommes <le mer étaient en majorité, lis avaient compris que dès ce moment le saint de la Lcrida était ^j^ravemenl compromis. Son capitaine essaya d'une manœuvre désespérée. Il voulut virer lof pour lof afin de s'élever au large ou tout au nioin-; (Pentrer en i)aie de Seine; mais cette manœuvre trop tardivement tentée ne pu réussir. Un dernier espoir restait: les deux ancres furent mouillées; elles ne purent mordre à temps!

On y>ut encore croire un instant que tout n'était pas désespéré; les ancres ^'étaient accrochées, mais sous l'impulsion des montagnes liquides, qui venaient

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