L'OZONE
Cet agent excite les poumons^ provoque la toux, la suffocation, et présente tous les caractères d'une substance toxique.
Malgré toutes les recherches faites sur Tozone, sa connaissance au point de vue physique et chimique laisse encore beaucoup à désirer : ce que Ton comprendra facilement si Ton pense que par les moyens les plus parfaits on ne peut transformer que 1/1300 d*une masse d'oxygène en ozone libre; parvenue à ce maximum, l'action cesse. Comment étudier un corps forcément répandu dans au moins 1300 fois son volume d'un autre gaz?
On a songé à adjoindre aux observations météorologiques ordinaires, des observations ozonoscopiques ou même ozonométriques. Parmi les expérimentateurs qui ont suivi cette voie, il faut citer MM. Schœnbein, Bérigny, Pouriau, Bœckel, Houzeauet Scoutetten.
Pour ses observations, M. Schœnbein fait bouillir 1 partie d'iodure de potassium, 10 parties d'amidon et 200 parties d'eau, puis il y trempe du papier Joseph. On sèche dans un appartement clos, puis l'on découpe en bandelettes. Ce papier bleuit au contact de l'ozone, car l'iode est mis en liberté et réagit sur l'amidon; mais l'intensité de la teinte dépend de la quantité d'oxygène ozonisé. On expose chaque jour pendant douze heures une bandelette à l'air libre, à l'abri des rayons solaires et de la pluie, puis l'on compare sa teinte à une échelle de dix couleurs, allant depuis le blanc jusqu'à rindigo.
En 1851 , MM. Marignac et de la Rive se livrèrent, sur l'ozone, à de nombreuses recherches expérimentales, et ils en conclurent que cette substance doit être simplement de l'oxygène dans un état particulier d'activité chimique déterminé par Télectricité. Berzelius et Faraday se rangèrent à l'opinion des physiciens genevois; MM. Frémy et Becquerel, en 1852, démontrèrent, par de nouvelles expériences, la légitimité de cette explication.
Les travaux de Thomas Andrew s, publiés en 1 855, ne laissent aucun doute à cet égard. L'ozone, de quelque source qu'il dérive, est un seul et même corps, ayant des propriétés identiques et la même constitution, et ce n'est point un corps composé, mais un état allotropique de Toxygène. Cet état allotropique est dû à l'action de l'électricité sur l'oxygène.
Cette opinion, basée sur de belles expériences, a prévalu partout, et l'jexistence de l'ozone, ainsi considéré, parait aujourd'hui incontestable.
Ajoutons encore à toutes ces diverses substances la présence de l'eau oxygénicy constatée par M. Struve, directeur de l'Observatoire
de PulkoNva. Occupé à faire des analyses chimiques de Teau de la rivière Kusa, notre savant correspondant était frappé de la présence dans cette eau d'une certaine quantité de nitrite d'ammoniaque^ dont il ne constatait l'existence qu'après chaque chute de neige ou de pluie. Mais quelque temps après il était impossible de découvrir même la plus petite trace de cette substance. M. Struve pensa donc que le nitrite d'ammoniaque existait dans l'air, et qu'il avait été entraîné par la neige ou la pluie. Il entreprit des recherches sur cette question, et c'est dans le courant de ces recherches qu'il fit l'intéressante découverte de la présence de l'eau oxygénée dans l'Atmosphère. De ces recherches résultent les conclusions suivantes :
i"* L'eau oxygénée se forme dans l'Atmosphère comme l'ozone et le nitrite d'ammoniaque, et se sépare de l'air par les dépôts atmosphériques.
2"* L'ozone, Teau oxygénée et le nitrite d'ammoniaque se trouvent toujours dans un rapport intime.
S'^Les altérations que l'air atmosphérique fait subir aux papiers ioduro-amidonnés sont dues à l'ozone et à l'eau oxygénée.
Un dernier mot encore.
Tout en absorbant pour nos poumons la quantité d'air qui leur est due, nous respirons souvent sans le savoir des armées d'animalcules microscopiques en suspension dans le tluide atiuosphé rique, et môme des animaux antédiluviens, des momies et des squelettes des temps disparus !
Paris est presque entièrement bâti de carapaces et de squelettes calcaires microscopiques. Les coquilles des foraminifères, entre autres, à l'état fossile, forment à elles seules des chaînes entières de collines élevées et des bancs immenses de pierre à bâtir. Le calcaire grossier des environs de Paris est, dans certains endroits, tellement rempli de ces dépouilles, qu'un centimètre cube des carrières de Gentilly, carrières par couches d'une grande épaisseur, en renferme au moins 20000; ce qui fait, par mètre cube, le chiffre énorme de 20 000 000000.
Quand nous passons près d'une maison en démolition ou d'un édifice que Ton construit, et que nous sommes enveloppés par uu nuage de poussière qui pénètre dans notre gosier, nous avalons souvent, sans nous en douter, des centaines de ces infiniment petits.
Chaque jour, chaque heure, nous aspirons et faisons pénétrer dans notre poitrine des légions animales et végétales. Ici ce sont des microzoaires vivants, dont plusieurs espèces sont les pois-