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Dessiné nar J.KaiscM.
Fi g. 189. — Diminution des pluies^ des tropiques aux pâles.
Une seconde loi a été remarquée dans la proportion des pluies : c*est leur diminution suivant la distance à la mer^ mesurée sur la direction des vents dominants. Il est facile de comprendre que les nuages ne pouvant plus se reformer dans Tintérieur des continents, deviennent d'autant plus rares et donnent d*autant moins de pluie qu'on est plus éloigné des côtes de TOcéan. L*évaporation produite sur les fleuves^ les lacs y les marais y les plaines humides ^ donne bien naissance à des nuages^ mais ce n*est là qu'une source insignifiante de pluie comparée à celle de TOcéan. Ainsi ^ il tombe 1",24 de pluie à Bayonne, i",20 à Gibraltar, 1",30 à Nantes ; seulement 42 centimètres à Francfort, 45 à Pétersbourg, 45 à Vienne. En Sibérie , il n*en tombe plus que 20 centimètres, et moins encore en s'avançant à Test. — Nous voyons à Alger une moyenne de 200 millimètres d'eau, et une moyenne de 100 millimètres à
Cratide BzTtàAie HoîUnde France
Nord de l'AUemigim Russie
Fig. 190. — Diminution des pluies, selon l'éloignement de TOcéan.
Oran et à Mostaganem. Pour peu qu'on descende vers le sud, la quantité de pluie diminue rapidement , et Biskra, sur les confins du désert, ne reçoit plus que 5 millimètres d'eau, quantité tout à fait insignifiante.
Une troisième loi s'est fait également reconnaître par la comparaison d'un très-grand nombre d'observations. Le relief du sol apporte une variation dans les deux éléments de distribution que nous venons de considérer. Si une masse d'air saturée d'humidité, une couche de nuages, rencontre une chaîne de montagnes^ cette
proéminence du sol l'arrêtera en partie. Mais les nuisiges ne s'arrêteront pas longtemps. Les courants d'air qui s'élèvent sur les pentes des montagnes les élèveront en même temps; ils se refroidiront en raison de 1 degré pour 120, 150, 200 mètres, suivant la saison et la température, subiront une condensation progressive, de telle sorte que lorsqu'ils arriveront à la crête de la chaîne de montagnes, ils pourront passer par-dessus, une bonne partie de leur eau sera tombée et finira de tomber sur cette crête. Le ralentissement de l'air les dépouille aussi de leur eau, un peu comme le ralentissement d'un cours d'eau favorise la chute des dépôts qu'il tient en suspension. Il tombe donc plus d'eau sur un pays hérissé de montagnes qu'il n'en tomberait si celles-ci n'existaient pas et si les nuées nageaient sans obstacle au-dessus de plaines immenses; il tombe plus d'eau , également, sur le versant tourné du côté du vent marin que sur le versant opposé. Ainsi, les nuages qui, en passant au-dessus de Lisbonne, n'y laissent tomber que 70 centi-
Altitades '^«f en Afctrej
Pcssinèjmr J. tiimctu
Fig. 191. — Accroissement des pluies^ selon le relief du sol.
mètres d'eau par an, sont bientôt arrêtée par les montagnes aux froids sommets de Portugal et d'Espagne, et versent 3 mètres d'eau à Coïmbre. — Les nuages qui passent au zénith de Paris y versent par an 50 centimètres de hauteur d'eau; à mesure que l'altitude augmente, on voit la quantité de pluie augmenter; ainsi, sans sortir du bassin de la Seine, nous voyons 1 mètre d'eau pluviale sur le plateau de Langres, et 1"',80 à la station supérieure du Morvan, aux Settons (Nièvre). A Genève, au pied des Alpes, la quantité annuelle de pluie est de 825 millimètres, et au col du grand Saint- Bernard elle est de 2 mètres.
Il y a des régions où ces conditions sont si bien réunies, que les pluies s'y arrêtent comme attirées d'une manière permanente. Ainsi la haute chaîne de l'Himalaya arrête les nuages venus de l'immense évaporation de l'océan Indien. A Cherra- Poejen, situé sur les monts Garrows, à 1360 mètres d'altitude, au sud de la vallée deBrahmapoutrah, la quantité d'eau versée par les nuages est de 14'",80! Ces régions montagneuses et voisines du tropique sont probablement
«2 LA PLUIE
celles du maximum de pluie sur la terre; ce sont là aussi les grands réservoirs des fleuves asiatiques. Dans ces mêmes pentes inférieures de l'Himalaya, sur le versant occidental des Gbàtes^ on a constaté 7°,67 de hauteur moyenne de pluie, d'après une période de quatorze années. On a vu, dans ces montagnes, une averse de quatre heures seulement recouvrir le sol d'une couche liquide évaluée à 7G centimèlrea, plus que Paris n'en reçoit pendant toute une année. Nulle part, sans doute, dans les réglons de la zone torride, la précipitation des pluies n'est favorisée d'une manière aussi remarquable. Les Antilles n'ont pas assez de laideur pour empêcher les venta et les nuages d'obliquer à droite et à gauche, mais certaines régions reçoivent néanmoins 10 mètres d'eau parao. Dans les Indes, l'entonnoir du golfe d'Uraba en reçoit plus encore. On voit au golfe du Mexique les pluies d'été^ presque uniques, donner plus de U mètres d'eau à la Vera-Cruz. En nous éloignant des
CWr>F«geeKilul3UedinrV<xa&iu B«r£e& Nantci Pari*
Fig. 191T— Hauteurs àta pluies comparéei.
régions tropicales^ nous ne trouvons plus de curieux maximums de pluie, si ce n'est sur les chaînes de montagnes qui, placées en travers du courant général, l'obligent à se redresser et l'arrêtent; tel est, par exemple, l'effet produit par les Alpes Scandinaves, qui séparent la Suède et la Norv^e. Le versant occidental de cette chaîne reçoit beaucoup plus d'eau que son versant oriental; à Bergen, il en tombe annuellement 2",65, c'est-à-dire plus qu'en aucune autre ville de l'Europe. Enfin, plusieurs points sont encore spécialement favorisés par leur position maritime ouverte au courant du S. 0-, comme Nantes, par exemple, qui reçoit l",'29 d'eau pluviale par année moyenne.
En réunissant et comparant les observations faites sur un trèsgrand nombre de points disséminés à la surface du globe, on a pu constater les trois influences que nous avons passées en revue, marquer sur le planisphère les hauteurs d'eau observées, et tracer
Où