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la carte des pluies sur le globe entier. On voit par cette carte que la plus intense précipitation de vapeur aqueuse se produit au nord de Téquateur dans TÂtlantique^ de chaque côté de cette même ligne dans le Pacifique^ et à l'est de TAmérique. Dans ces mêmes régions^ le maximum, la hauteur de pluie supérieure à 2 mètres, ce manifeste, en Asie dans les lies de Bornéo^ Sumatra, Java, le long des montagnes du Cambodge, de THimalaya, des Ghâtes de la côte occidentale du triangle indien; — en Afrique, le long des plateaux de la côte orientale; — dans T Atlantique, entre la Guinée et la Guyane; dans l'Amérique du Sud, sur les Andes du Chili, au cap Horn, et au sommet, au-dessus du Pérou, qui par contraste est une contrée sans pluie. Enfin, la chaîne de montagnes qui borde TAmérique du Nord à Test par 50 et 60 degrés de longitude, montre également un maximum de plus de 2 mètres de pluie annuelle.
Les régions sans pluie se déroulent le long du Sahara, de rÉgypte, de TArabie et de la Perse, pour s'étendre jusqu'à la Mongolie et même la Sibérie, à part la région de l'Asie centrale, sur laquelle les moussons et les pluies d'hiver versent un peu de pluie.
Si nous considérons l'Europe en particulier, nous remarquons des pluies relativement abondantes, de 1 à 2 mètres, dans les zones marines du Portugal, de Bretagne, d'Irlande et de Suède. La proportion des pluies diminue graduellement de l'ouest à l'est, avec des zones de condensation produites par les reliefs du sol. Il y a en certains points des régions où les pluies sont fort rares, comme en Grèce^ par exemple; le climat de TAttique est sec et le ciel y est généralement clair; l'air a toujours passé pour le plus pur de la Grèce, et il Test encore aujourd'hui; un papier a pu être exposé à l'air toute la nuit par ^I. Lusieri, dont la maison était sur remplacement de l'ancien Prytanée, et l'on pouvait tout aussi bien écrire dessus le lendemain matin. On attribue même à cette grande sécheresse de l'air l'étonnante conservation des monuments
athéniens.
L'hémisphère boréal reroit une proportion de pluie plus considérable que l'hémisphère austral, un quart en plus environ. Ce surcroît de pluie est dû surtout à la zone équatoriale boréale des pluies et aux moussons. Cependant notre hémisphère possède beaucoup plus de terre ferme que l'autre, et l'évaporation s'opère sur une échelle beaucoup plus grande dans l'hémisphère austral, presque entièrement occupé par l'océan. Ainsi nos nuages^ nos
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pluies^ nos rivières et nos fleuves sont en grande partie alimentés par l*oeéaa de l'hémisphère de nos antipodes.
La distribution des pluies ayant pour double cause les variations de température et les vents régnants^ on conçoit que saivant les contrées elle soit plus ou moins abondante selon les saisons. G*est ce que l'observation a constaté.
Les pays qui ont ce qu'on appelle une saison de pluies sont les contrées situées entre les tropiques, et où le soleil, deux fois Tan, passe perpendiculairement sur la tète des habitants, occasionnant en ces jours un excès de chaleur, qui, naturellement^ doit se traduire par une raréfaction énei^ique des couches qui reposent sur le sol, par l'élévation de ces couches devenues trop légères pour porter les couches supérieures, et enfin par le refroidissement et la pluie qui suivent toujours ces effets produits par une cause quelconque. Il est impossible de se faire une idée de la masse d'eau que versent les pluies de saisons dans les bassins de TAmazone et de TOrénoque. Après les débordements de ces fleuves et de leurs affluents, à plusieurs dizaines de mètres de hauteur, toute une contrée vaste comme l'Europe devient, à la lettre, une mer d'eau douce, dont Técoulement dans roccan le dessale à une grande distance des côtes, et près de laquelle les immenses lacs de l'Amérique septentrionale ne sont que de petits étangs. Dans ce grand dé ploiement des forces physiques, où la nature supérieure et irrésistible dans son action commande l'attention à Thomme dont Texistence est menacée, la science d'observation progresse forcément, et les meilleurs physiciens sont les habitants eux-mêmes, dont la conservation dépend de la connaissance des vicissitudes des saisons.
Ainsi, aux États-Unis, sur l'Atlantique, du 2A' et jusqu'au delà du 40' degré de latitude, en Espagne, dans le sud de la France, en Italie, en Grèce, en Turquie, en Asie, en Chine, au Japon, dans le Pacifique, sous les mêmes latitudes, les pluies tombent presque entièrement en hiver, à part la région des moussons périodiques; et, sur certains pays méridionaux, des mois entiers se passent en été sans qu'un seul nuage apparaisse dans le ciel. Il en est de même entre le 25* et le 40' degré de latitude australe, à Buenos- Ayres, au Cap, à Melbourne.
Sur une zone qui s'étend du 12* au 25* degré de latitude sud, sur presque tout le globe aussi, c'est en été que les pluies tombent.
Sur une zone qui s'étend du 40* au 60* degré de latitude nord, et qui s'allonge même jusqu'au 75% au delà de Mslande et de la
Suède^ pour se i*étrécir en Asie^ les pluies tombent en toute saison. Cependant il y a encore^ dans nos régions si variables^ des proportions remarquées pour chaque saison particulière. Ainsi, en considérant la France en particulier, nous voyons qu'on peut la partager en dçux parties. La région occidentale a son maximum de pluie çn été et son minimum en hiver. L'Angleterre est dans le premier cas. L'Allemagne est dans le second, et sous une forme plus accusée encore. Il en est de même de la Russie.
Nous avons mentionné la quantité de pluie annuelle, 2'",25, qui tombe à Bergen, en Norvège. Cette ville forme, sous ce rapport, une exception surprenante dans la météorologie du globe; c'est, dans toute l'Europe, celle où la pluie est la plus abondante. Elle se trouve située au milieu d'une longue baie, exposée au souffle des vents d'ouest, qui sont arrêtés'par des montagnes, de sorte que l'eau, suivant la remarque de Kaemtz, en est, pour ainsi dire, mécaniquement exprimée.
On pourra d'ailleurs se faire une idée plus juste du phénomène de la chute et de Tabondance des pluies par le tableau suivant, construit pour les points de l'Europe où il y a le plus grand nombre d'années d'observations :