‹ L'atmosphère [microform]Chapitre 228 sur 269 · AVERSES PRODIGIEUSES · texte numérisé non relu

AVERSES PRODIGIEUSES

par mètre^ fut entièrement submergée pendant 5 minutes; Teau s y était élevée à 45 centimètres au-dessus du trottoir.

Dans le bassin de la Saône^ il existe une petite ville appelée Cuiseaux^ où il pleut toujours plus que dans aucun autre point de la même vallée. Ainsi ^ immédiatement avant les terribles inondations de I84t^ il y tomba 27 centimètres d'eau en 68 heures. Dans le même intervalle^ il n'en était tombé que ISàOuUins^ près de Lyon.

J'ai vu tomber^ racontait F. Petit, directeur de l'Observatoire de Toulouse^ pendant un orage à Toulouse^ le 19 septembre 1844, 35 millimètres d'eau en une demi-heure, soit 1 millimètre environ par minute. C'est la plus forte pluie que je connaisse pour nos climats. Je puis citer également, pour Toulouse, les pluies du 23 avril 1841 et du 25 mars 1844, qui fournirent en 3 heures, l'une 38, l'autre 40 millimètres d'eau; celles du 8 juin 1848^ qui donna 49 millimètres en 5 heures; du 6 septembre 1848, 19 millimètres en 30 minutes; du 10 août 1854, 21 millimètres en trois quarts d'heure; du 10 août 1859, 52 millimètres en deux orages successifs de 40 minutes chacun environ, etc.

Dans la nuit du 5 au 6 août 1857, une averse qui inonda la ville de Toulouse donna au pluviomètre de l'Observatoire 70 millimètres d'eau. Petit remarquait à ce propos que c'est une quantité de 1 1 200 000 hectolitres qui sont tombés sur la ville, égale en superficie à une lieue carrée. C'est 7000 hectolitres par hectare, quantité bien suffisante pour refroidir le sol et pour favoriser par conséquent des pluies nouvelles. Après de longs jours de sécheresse et de chaleur, les nuages venus de la mer doivent être dissous par le rayonnement calorifique du sol, et leur précipitation à Tétat de pluie est d'autant plus difficile que la chaleur a été plus considérable. Après un premier refroidissement, au contraire, les nuages se résolvent plus facilement. La sécheresse favorise la sécheresse, et la pluie amorce la pluie.

Une pluie torrentielle qui a duré 1 2 heures, le 20 septembre 1846, a éclaté à Privas (Ardèche) et dans les environs sur une assez grande étendue; il est tombé 25 centimètres d'eau. Toutes les rivières débordèrent, firent de grands ravages et interceptèrent les communications.

L'une des plus fortes averses de pluie enregistrées au pluviomètre de la terrasse de l'Observatoire de Paris est celle du 9 septembre 1865, qui dura une demi-heure et qui donna 52 millimètres d'eau.

Pendant les inondations de septembre 1868, on a observé au Bernardino (Alpes italiennes) 25 centimètres de pluie en 24 heures.

tm LES GRANDES PLUIES ET LES INONDATIONS.

Ea fait d'averses prodigieuses et d'inondatioos subites on peut ren)arr|uer entre autres celle du 4 juiu 1S39 en Belgique :

Iji pluie commença avant midi, et jusque rers le Boir n'offrit rien de particulier. L'orage ne commença à se déclarer avec îdtensité qu'après 8 heures; la pluie était chassée avec force par un vent violent, dont la direction venait du nord; et, plus tard, il passa \em l'ouest. Pendant plus de trois heures, la pluie tomba avec une abondance dont nous n'avons guère d'exemples dans nos climalrf. Dans plusieurs endroits, les récoltes ont été détruites, les campagnes inondées. Dans le jardin de 1 Observatoire, plusieurs arbres ont été déracinés, trois peupliers out été renversés; le long des boulevards on a trouvé le lendemain un grand nombre d'oiseaux morts ou tellement abattus par la pluie et la fatigue que les passants pouvaient les ramasser. Les communications par le chemin de fer furent interrompues en plusieurs endroits; un grand nombre de bestiaux ont péri avec leurs étables; mais le désastre le plus déplorable est sans contredit celui du hameau de Borght, près de Vilvorde, qui a été presque totalement détruit avec plus de quarante de ses habitants, morts soua les décombres ou ensevelis sous les eaux. L'oratte, en général, a sévi avec le plus d'intensité dans toute l'étendue de la vallée de la Woluwe et du cotédeBerlhein, où l'on a eu à regretter également la perte de onze personnes.

La quantité d'eau tombée dans ces differenles localités doit avoir été considérable, puisqu'à Bruxelles, éloignée de quelques lieues du théâtre de ces grandes dévastations, la quantité d'eau recueillie sur la terrasse de l'Observatoire s'élevait à 11*2 oiîllimètres en 24 heures : quantité énorme, puisqu'elle forme le sixième de l'eau qui y tombe annuellement.

L'une des plus fortes pluies que nous puissions enregistrer ici est encore celle qui vient de tomber à Montpellier, le 2 août de celte année 1871. Le pluviomètre du Jardin des plantes donna à M. Ch. .Martins les curieuses sommes suivantes : De 9 heures .10 du soir à 'i heures du matin, une pluie d'averse sans discontinuité versa 90™" d'eau. Un redoublement de l'orage en versa 51 nouveaux, de 6 heures à midi. Dans l'après-midi, jusqu'à 4 heures, il est encore tombé IS"" d'eau. C'est un total de 154 millimètres en 15 heures, supérieur à la somme de pluie tombée en avril, mai, juin et juillet, qui ne s'élève qu'à 133.

La plus formidable pluie connue est celle du 21 octobre 1832, à Gènes : 81 centimètres en 24 heures ! Ce résultat inouï, fait re-

Page 1