CHAPITRE V
PRODUCTION DE LA GRÊLE. — MARCHE DES ORAGES. — DISTRIBUTION CAPRICIEUSE DU MÉTÉORE SUR LES CAMPAGNES. — PLUS FORTES GRÊLES OBSERVÉES. — NATURE, GROSSEUR ET FORME DES GRÊLONS — PÉRIODES DES CHUTES DE GRÊLE.
11 n'est aucun de no6 lecteurs qui n*ait été surpris par une de ces averses prodigieuses qui couronnent les lourds orages de nos contrées. Une température suffocante règne à la surface du sol^ plusieurs couches de nuages noirs et gris volent dans Tatmosphère sous des directions différentes. Des éclairs blafards embrasent le ciel , la foudre éclate^ et des millions de kilogrammes de grêlons nous sont lancés du haut des nues comme précipités des cataractes entr ouvertes d*un réservoir immense. Pendant plusieurs minutes la grêle sillonne Tespace^ crible les jardins et les arbres^ roule avec fracas dans les tourbillons de la pluie orageuse ; puis elle s'éloigne avec lèvent, la chaleur étouffante fait place aux fraîches senteurs des plantes mouillées, la lumière revient, larc-en-ciel brille et Tazur céleste reparait au sein de la nature calmée.
Quelle est la force qui produit dans les nues ces morceaux souvent énormes déglace, qui les soutient dans Tespace, puis les lance sur nos récoltes et nos demeures? En étudiant la production de la pluie, nous avons vu qu elle ne se produit ordinairement que lorsqu'il y a deux ou plusieurs couches de nuages superposées. Il en est de même pour la formation de la grêle, mais avec une différence dans les conditions physiques respectives des nuages.
La grêle se produit pendant les orages, en des heures où la tem-
pérature est trës-élevée à la surface du sol et décroît rapidement avec la hauteur. Ce décroissement rapide est la condition principale de la formation de la grôle. On a trouvé ce décroissement descendu jusqu'à I degré pour 70 mètres. Que se passe-t-il alors dans la région des nuages ? Les nuées supérieures^ depuis 3000 jusqu'à 7000 ou 8000 mètres, renferment, les plus hautes, de la glace à — 30 et — 40 degrés ; les plus basses, de l'eau vésiculaire à — 10 et — 20 degrés. Les nuées inférieures contiennent de l'eau vésiculaire au-dessus de zéro. Ordinairement ces nuées marchent en des directions différentes, et la grêle se forme lorsqu'il y a conflit et mélange enti*e des vents opposés entre des courants et des nuées de températures si difl^érentes. Les gouttes d'eau des nuages qui se résolvent alors en pluie, se gèlent instantanément au milieu d'un tel froid. Emportées par les tourbillons, soulevées même et placées sous l'influence des électricités contraires des diverses couches de nuages, ces gouttes glacées ne tombent même pas immédiatement malgré leur poids, car elles ont le temps de se grossir d'une grande quantité d'eau qu'elles s'attachent sur leur passage, et souvent de s'agglomérer en grand nombre.
Le grand froid qui se manifeste dans les nuages au-dessous de la région des neiges éternelles est dû en grande partie à l'évaporation, et cette évaporation a elle-même une double cause : l'acUon du soleil et celle de l'électricité ; car on a ]*emarqué qu'après chaque décharge électrique la pluie ou la grêle se précipite en plus grande abondance, et la réaction produit une dilatation qui doit donner naissance à une évaporation rapide.
La formation des grêlons est toujours très-rapide. Volta pensait que le nuage supérieur était formé par la condensation de la vapeur provenant de la couche inférieure, et chargé d'électricité positive, celle-ci gardant l'électricité négative. De même qu'entre deux plaques de cuivre chargées d'électricité contraire on voit des boules de sureau s élever et redescendre tour à tour sous l'influence de la double attraction, de même il pensait que la grêle se formait par une danse analogue de corpuscules de neige ou de glace, se grossissant successivement de vapeurs condensées. On n'admet plus guère cette théorie, et il est plus simple en effet d'admettre que la grêle se forme comme la pluie, mais en des conditions de froid atmosphérique qui gèle instantanément les globules d'eau au moment où ils se forment.
Il parait que celte formation, ou le choc des grêlons transportés par le vent, produit parfois un bruit capable d'être entendu de
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la surface du sol. On voit, chez les anciens, Aristote el Lucrèce rapporter le fait. Les météorologistes Kalm et Tissier disent lavoir entendu, le premier en France, le 13 juillet 1788, le second à Moscou, le 30 avril 1744. Il y a une trentaine d années, Peltier étant à Ham, dont la forteresse est devenue célèbre, entendit un bruit tellement fort à l'approche d'un orage, qu'il pensa qu'un escadron de cavalerie arrivait au galop sur la place de la ville. Il n'en était rien; mais, 20 secondes après, une averse de grêle épouvantable tomba sur la ville. Cette année (1871), à Doulevantle-Chàteau (Haute-Marne), M. Pissot, correspondant de TObservatoirede Montsouris, rapporte avoir entendu, dans l'orage du 14 août, un roulement continu suivi d'une chute de grêle abondante à quelques lieues de lui. Ce n'est peut-être là qu'un bruit de tonnerre analogue à celui dont je parlerai tout à l'heure.
On a vu au chapitre des Nuages la chromolithographie d'une forme type des nuages à grêle. Leur surface présente eà et là d'immenses protubérances irrégulières. Vus en dessous, ils sont généralement très-foncés à cause de leur opacité, que traverse diflicilement la lumière solaire. Ârago avait déjà fait la remarque qu'ils semblent avoir beaucoup de profondeur et se distinguent des autres nuages orageux par une nuance cendrée très-remarquable. Leurs bords offrent des déchirures très-multipliées. Mais ils ne tardent pas à se confondre dans la masse générale des nim« bus qui versent la pluie.
A quelle hauteur planent-ils? De quelle élévation tombent les averses de grêle? Saussure reçut des chutes de grêle sur le col du Géant, à 3428 mètres; Balmat en reçut au sommet même du Mont- Blanc, et Paccard trouva des grêlons sous la neige qui forme la cime; il grêle assez souvent sur les hauts pâturages des Alpes. Ainsi le phénomène de la grêle se produit à toutes les hauteurs. Mais dans le cas où il s'opère à ces grandes élévations, les grêlons fondent en traversant les milliers de mètres d'air au-dessus de zéro qui recouvrent la surface du globe. Dans le cas de nos averses de grêle, au contraire, les nuages qui la donnent sont moins élevés et paraissent situés entre 1500 et 2000 mètres. Au-dessous d'eux s'étendent les nuages* orageux et pluvieux, vers 1000 mètres seulement et même très-souvent plus bas.
Les nuages qui versent la grêle n'occupent jamais une large étendue. Transportés par le vent, ils criblent une bande de terre étroite, dont la largeur n*est souvent que de 1 kilomètre, et ne 8 étend que très-rarement au delà de 4 lieues, et dont la longueur
a atteint parfois jusqu'à 200 lieues* L'une des plus curieuses el des plus remarquables chutes de grêle que les annales de la météorologie aient enregistrées est celle du 13 juillet 1788. Elle était divisée en deux bandes : celle de gauche^ ou de 1 ouest, commença en Touraine, près de Loches, à 6 heures et demie du matin y passa sur Chartres à 7 heures et demie, sur Rambouillet à 8 heures, sur Pontoise à 8 heures et demie, surClermont en Beauvoisis à 9 heures, sur Douai à 1 1 heures, entra en Belgique, passa sur Gourtray à midi et demi, et s'éteignit au delà de Flessingue à 1 heure et demie; c'est une longueur de 175 lieues, sur 4 de large. La bande de gauche, ou de Test, commença vers Orléans à 7 heures et demie du matin, passa sur Arthenay et Andonville; atteignit Paris, au faubourg Saint-Antoine, à 8 heures et demie, Oespy en Valois à 9 heures et demie; Cateau-Cambrésis à 1 1 heures et Utrecht à 2 heures et demie. C'est 200 lieues, sur 2 seulement de large. L'intervalle compris entre les deux bandes était en moyenne de 5 lieues, et reçut de la pluie. Le passage de la grêle fut précédé sur les deux lignes par une obscurité profonde. La vitesse de cet orage était de 16 lieues et demie à l'heure sur les deux branches ; dans chaque lieu la grêle ne tomba que pendant 7 à 8 minutes, mais avec tant de force que toutes les moissons furent hachées. C'est certainement là la plus remarquable chute de grêle qu'on ait suivie sur une aussi vaste échelle. On ne compta pas moins de 1039 communes ravagées en France; le dommage évalué par une enquête officielle s éleva à 24690000 francs.
Les grêlons n'avaient pas toujours la même forme : les uns étaient ronds, les autres longs etarmés de pointes; on en ramassa qui pesaient jusqu'à 250 grammes I
Il est très-rare qu'une même averse de grêle s'étende sur une pareille longueur et sur une ligne aussi régulière. Il est probable que les nuages producteurs de la grêle étaient ici à une hauteur supérieure à 1 kilomètre. Eu général, ils ne sont qu'à cette hauteur et subissent l'influence du relief des terrains. Certaines averses, sans se développer sur une pareille étendue, sont remarquables par leur abondance. Le 9 mai 1865, par exemple^ un orage commence à 8 'heures et demie du matin sur Bordeaux et se dirige au nord-nord-esl, passe sur Périgueux à 10 heures, sur Limoges à midi, sur Bourges à 2 heures, arrive à Orléans à 5 heures et demie, à Paris à 7 heures 45, à Laon à 1 1 heures, et tombe après minuit en Belgique et dans la mer du Nord. Sa largeur moyenne était de 1 5 à 20 lieues. La grêle n'est tombée
que par places : à gauche de Périgueux^ sur rarrondissement de Limoges^ à droite de Ghâleauroux^ au sud*est de Paris^ de Corbeil à Lagny^ et dans les arrondissements de Soissons et de Saint- Quentin; sur ce dernier point elle a été formidable. La masse de cristaux tombée du ciel sur les prairies du Calelct formait un lit de 2 kilomètres de long sur 600 mètres de large^ évalué dans son ensemble à 600000 mètres cubes I Quatre jours après^ les grêlons n avaient pas encore disparu (voy. fig. 218^ p. 755).
Quelquefois il tombe des averses de grêle telles qu'elles détruisent toutes les récoltes^ témoin celle qui ravagea les environs d^Angoulême, le 3 août 1813. On était à la veille de la récolte^ et tout annonçait au cultivateur qu'elle serait aussi belle qu'abondante. La journée fut superbe^ et le vent souffla plein nord jusqu'à 3 heures après midi^ puis il tourna en un moment du côté opposé; le ciel se couvrit de nuages^ qui bientôt s'amoncelèrent d'une manière effrayante. Le vent, qui était assez violent depuis midi jusqu'à 5 heures^ cessa tout à coup de souffler. Le tonnerre se fit entendre dans le lointain^ mais bientôt ses éclats redoublèrent; ils devenaient à chaque instant plus forts et plus fréquents ; le ciel s'obscurcit enfin tout à fait^ et d'épaisses ténèbres remplacèrent le jour. A 6 heures^ une grêle horrible se précipite sur la terre avec fracas ; les grêlons étaient gros comme des œufs. Plusieurs personnes en furent grièvement blessées , et un enfant fut tué dans Tarrondissement de Barbezieux. Le lendemain^ 4 août^ la terre présentait le triste aspect de l'hiver le plus rigoureux; les grêlons s'étaient accumulés dans les vallons et dans les chemins à une hauteur de 8 à 1 0 décimètres ; les arbres étaient entièrement dépouillés de leurs feuilles; les vignes étaient comme hachées^ les moissons écrasées; les bestiaux et surtout les moutons et les porcs qu'on n'avait pas eu le temps de rentrer^ furent nautiles. Ces cantons restèrent dépeuplés de gibier^ et Ton trouva même des louveteaux que la grêle avait tués. En 1818, l'on se ressentait encore de ce désastre; les vignes surtout n'avaient pas repris leur force productive, et l'on fut obligé d'en arracher une grande partie.
L'orage qui éclata le 17 juillet 1852, vers 6 heures du soir, sur le territoire de Chaumont, dans la Haute-Marne^ parcourut 24 lieues de long sur 2 de large ; les blés^ les vignes et presque tous les arbres furent détruits par des grêlons d'une grosseur énorme. Le même ouragan fondit avec impétuosité sur le département de l'Aisne, déracina les arbres, renversa les chaumières,
tua plusieurs personnes ; en quelques secondes^ les champs, bouleversés par la violence du vent et de la grêle, ne présentaient plus trace de moissons.
Le 17 juillet 1868, vers 8 heures du soir, une forte grêle dévasta plusieurs communes des environs de Reims : les grêlons avaient le volume d'une petite noix, et Torage a duré environ 45 minutes. Des cavités infundibuliformes , observées après l'orage, produisaient, dans les parties sablonneuses et en pente, des empreintes comparables à celles que laisserait un tir à la cible. Os cavités, dans lesquelles les gréions étaient d'abord enchâssés, constituent de véritables empreintes physiques de grêle, qui paraissaient avoir, au point de vue de l'interprétation d'empreintes du même genre observées par les géologues, une importance particulière.
Les grêles désastreuses'sont peu fréquentes dans nos climats; cependant on voit que de temps en temps elles exercent de grands ravages. Le 18 juin 1839, un orage commença à Bruxelles vei"» 7 heures du soir; des nuages épais allaient du sud-sud-ouest nu nord, tandis que la girouette indiquait un courant inférieur venant du nord-ouest. Jusqu'à 7 heures et demie, on n'entendit qu un roulement continu, pendant lequel les éclairs se succédaient avec une étonnante rapidité. Bientôt après, un gros nuage, remarquable par une nuance cendrée, et dont la direction était ouest-nord-ouest au sud-est, plongea Bruxelles dans une obscurité presque complète, et creva avec une épouvantable chute de grêle qui causa les plus grands dégâts. La plupart des grêlons avaient une grosseur qui variait de 12 à 20 millimètres; on en a trouvé qui avaient jusqu'à 30 millimètres. Quelques-uns étaient à peu près sphériques; mais le plus grand nombre présentaient un aplatissement plus ou moins grand. La hauteur de l'eau tombée pendant l'orage a été de 37""»/f. Le thermomètre centigrade s'était élevéjusqua33%A, qui est son maximum pour Bruxelles; le baromètre atteignait un minimum de 754""",48 vers 4 heures de l'après-midi.
La chute de la grêle a une tendance à suivre les vallées et les rivières lorsque les nuages ne sont pas très-élevés; car, on le voit par les cas précédents, les orages sont alors des courants généraux qui viennent de l'Atlantique, et suivant la progression ordinaire des courants qui nous en arrivent, continuent leur marche des régions du sud-ouest vers celles du nord-est. Mais dans tous les orages secondaires partiels, qui sont les plus nombreux et se bornent à quelques départements, on remarque une déviation évi-
LES ORAGES A GRÊLE. Ôfc?
dente le lon^ des vallées. Il semble aussi qu^ils évitent les forêts. Depuis que les écoles normales de France s'attachent à constater les faits météorologiques, les témoignages de Tinfluence des terrains, la distribution des orages et de la grêle abondent. Tels et tels pays sont grêlés chaque année, tandis que dautres ne le sont qu'une fois en dix ans. On a pu même construire des cartes statistiques des dégâts causés par la grêle dans chaque département, en se servant des documents des compagnies d'assurances; mais ces cartes sont peu exactes au point de vue météorologique, puisqu'elles sont basées sur les pertes vénales : une même quantité de grêle produira dix fois plus de perte en tombant sur une plantation de tabac, comme dans le Bas-Rhin, qu'en tombant sur des terrains incultes ou même des bois. Il n'en est pas moins vrai ce[)endant que la quantité intrinsèque de grêle diffère pour des pays voisins selon leur situation géologique, orographique et climatologique.
Les orages à grêle sont ceux où le développement de l'électricité atteint les plus grandes proportions. Les nuages épais où s'élabore le météore sont chargés d'une forte dose du mystérieux fluide, dont une partie s'épuise dans leur propre sein ou dans les décharges réciproques avec leurs congénères. Le tonnerre n'est plus seulement alors un bruit succédant à l'éclair; c'est un roulement continu pendant lequel on n'aperooit souvent pas les éclairs, soit qu'ils n'aient que de très-petites dimensions, soit qu'ils agissent exclusivement dans l'intérieur du mouvement des nuées. Ainsi, le 4 septembre dernier (1871), entre autres, j'ai remarqué, en suivant 1 orage à grêle qui se développa sur Paris entier, qu'à ;{ heures 30 minutes, après que la grêle était passée sur le quartier de l'Observatoire, et lorsqu'elle se trouvait sur Ménilmoniant, un roulement de tonnerre sans éclairs dura pendant 6 minutes, et recommença plusieurs fois. — Le 7 mai 18G5, un violent orage éclate sur le département de l'Aisne et cause un désastre (le plusieurs millions. Au-dessus des couches de nuages on voyait un épais cumulus, d'un blanc livide, dans lequel se produisait un pétillement continu d'éclairs; le roulement du tonnerre se prolongeait sans intensité ni fracas; un fourmillement non interrompu d'éclairs engendrait une espèce de crépitcation sans intermittence, et les explosions semblaient se concentrer dans l'intérieur de la plus forte nuée. Lorsque la nuée eut franchi lentement les hauteurs de Rousoy, au faite du bassin de la Somme et de l'Escaut, elle fondit avec une effrayante rapidité dans la vallée de ce dernier
fleuve^ cribla Vend'huile^ le Gàtelet^ Beaurevoir de grêlons en nombre si considérable qu'ils couvrirent le sol sur une épaisseur de 5 mètres ; ils y étaient encore six jours après, et formaient par endroits des bancs si compactes que les eaux en furent endiguées; lorsqu*on se mit à les déblayer, ils glissaient comme des banquises I — Le 1 8 juin 1 839, à Bruxelles, par un fort orage à grêle, M. Quételet remarqua, à 7 heures et demie du soir, un roulement continu du tonnerre, pendant lequel les éclairs se succédaient avec une étonnante rapidité. Bientôt après, un gros nuage cendré plongea la ville dans une obscurité profonde, et creva avec une épouvantable chute de grêle.
Il est intéressant pour nous de nous demander ici jusqu'à quelles dimensions les grêlons peuvent atteindre. Un choix de documents authentiques nous permet de donner à ce sujet des comparaisons assez curieuses.
Âpres la grande grêle du 13 juillet 1788, dont nous parlions tout à rheure, le géologiste Tessier façonna des morceaux de glace qui lui parurent avoir la consistance de la grêle, de manière à leur donner la grosseur d*un œuf de pigeon, d*un œuf de poule, d*un œuf de dindon, pour faciliter aux météorologistes les moyens d'évaluer approximativement le poids des grêlons en partant de la manière habituelle de désigner leur grosseur. Le premier pesait 11 grammes, le second 23 grammes, le troisième tV.) grammes.
La grosseur la plus ordinaire de la grêle est à peu près celle d*une noisette; souvent même il en tombe de la grosseur d'un gros pois seulement. Dans les averses ordinaires, les grêlons pèsent de 3 à 8 grammes.
Les trois dimensions que nous venons de rappeler se sont présentées fréquemment dans les annales de la météorologie. Ce n*est pas un fait absolument extraordinaire de recevoir des grêlons de 10 à 70 grammes.
I^s faits extraordinaires sont les suivants, qui sont en même temps parfaitement authentiques, et certifiés par des physiciens connus :
Dans une grêle qui fit de grands ravages sur les bords du RhiOp le 13 avril 1832, le grêlon le plus lourd trouvé par Vogel, à Heinsberg, pesait 90 grammes. A Randerath, ils pesaient le double.
Dans une grêle qui écrasa, pendant 45 minutes^ une partie du Morbihan, le 21 juin 1846, les grêlons présentèrent toutes les