Ï^ORME ET GROSSEUR DES GRÊLONS
dimensions comprises entre des noix et des œufs de dindon. On en a mesuré un de 22 centimètres de circonférence.
Muncke a pesé, en Hainaut^ des grêlons dont le poids était de 120 grammes.
Le 29 avril 1697^ on ramassa dans le Flintshire^ suivant Halley^ des grêlons pesant 1 30 grammes^ et le 4 mai de la même année^ Taylor mesura^ dans le Stratforshire^ des grêlons qui avaient 30 centimètres de tour.
Volney raconte que pendant Torage du 13 juillet 1788, il était au château de Pontchartrain , à quatre lieues de Versailles; les rayons du soleil étaient d'une chaleur insupportable, lair calme et étouffant, c'est-à-dire très-raréfié ; le ciel était sam nuages^ et cependant on entendait des coups de tonnerre. Vers 7 heures et un quart parut un nuage au sud-ouest, suivi par un vent très-vif. En quelques minutes, dit-il, le nuage remplit Thorizon et accourut vers notre zénith avec un redoublement de vent alors frais, et tout à coup commença une grêle, non pas verticale, mais lancée obliquement comme par 45°, d'une telle grosseur, que Ton eût dit des plâtres jetés d'un toit que Ton démolit. Je n'en pouvais croire mes yeux ; nombre de grains étaient plus gros que le poing d*un homme, et je voyais qu'encore plusieurs d'entre eux n'étaient que les éclats de morceaux plus gros. Lorsque je pus avancer la main en sûreté hors de la porte de la maison où, fort à temps, je m tétais réfugié, j'en pris un, et les balances qui servaient à peser les denrées m'indiquèrent le poids de plus de 6 onces (1 53 grammes). Sa forme était très-irrégulière : trois cornes principales, grosses comme le pouce, et presque aussi longues, prédominaient du noyau qui les rassemblait!
Volta assure que, dans la nuit du 19 au 20 avril 1787, parmi les énormes grêlons qui ravagèrent la ville de Côme et ses environs, on en trouva qui pesaient 9 onces (280 grammes).
Parent, de l'Académie des sciences, rapporte qu'il tomba, le 15 mai 1703, dans le Perche, des grêlons de la grosseur du poing. Ils pesaient de 300 à 400 grammes.
Montignot et Tressan en ramassèrent à Toul, le 1 1 juillet 1753, qui avaient la forme de polyèdres irréguliers, et un diamètre de 8 centimètres.
Pendant une grêle, le 5 octobre 1831, il tomba à Gonstantinople des masses plus grosses que le poing, et pesant 500 grammes. On cite des grêlons analogues ramassés en mai 1821 à Palestrina (États romains).
Maie voitj des constatations {dus extraordînain» encore : Le 1 5 juin 1 d21), une grêle fut assez forte pour enfoncer les toità des maisons à Cazorla (Espagne) : les bloc» de glace pesaient jusqu'à 2 kilogrammes !
Dételles proportion» nepeuvent être atteintes que par des grêlons agglomérès, soudés ensemble, soit là oïi ils tombent, soit mèmf pendant leur chute. C'est ce que i'obser>ation a toujours constaté du reste. Telle est, à plus forte raison, l'explication des faits suivants, si toiilelbis ils sont bien réels :
Dans les derniers jours d'octobre 184'*, au milieu d'un ouragan épouvantable qui dévasta le midi de la France, on ïit des grèloni de 5 kilogrammes; la ville de Cette, en particulier, éprouva les
montrant leur
plus grands désastres; des hommes furent lapidés, des rluiaons renversées et des vaisseaux coulés bas.
11 parait que dans une grêle fantastique arrivée le 8 mai 180'i, on ramassa une masse de glace qui mesurait I mètre en long et en large, el i décimètres d'épaisseur.
Le docteur Foissac, qui cite ce fait, ne le tient pas pour exagéré, et il lui ajoute le suivant : >< M. Hue, de la congrégation de .Saint- Lazare, missionnaire apostolique dans la Tartarie, le Thibet et la Chine, rapporte que la grêle tombe fréquemment dans la Mongolie, et souvent, dit ce vénérable ecclésiastique, elle est d'une grosseur surprenante : nous y avons vu des grêlons du poids de douze livres ; il suilit quelquefois d'un instant pour exterminer des troupeaux entiers.
■ En 18't3, pendant un grand orage, on entendit dans les airs comme le bruit d'un vent terrible, el bfenlôt après il tomba dans un champ, non loin de notre maison, un morceau de glace plus gros
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({u'una meule de moulin. On le cassa avec des haches, et, quoiqu'on fût au temps des plus fortes chaleurs, il fut trois jours à se fondre entièrement. »
Si le fait est réel, rien n'empêche d'admettre la clironique du temps de Char lemague, qui parle de grêlons de 1 5 pieds de large sjr 6 de long et H d'épaisseur; et celle de Tippo-Saïb, qui met en scène un grêlon de la grosseur d'un éléphant!
Les formes des grêlons sont très-diverses. Ordinairement ils sont ronds, sphériques, plus ou moins irréguliers, comme des pois, des grains de raisin, des noisettes Un grand nombre aussi sont allongés, comme des grains de ble, de cornouilles, d olives Lorsqu ils sont très-grosj ils sont formes par la juxtaposition de par celles cristallisées Le 4 juillet 1810, pendant un orage lie nuit qui désola une grande partie de l'ouest de la France, Deicros ramassa plusieurs grêlons sphériques entiers, dans lesquels on remarquait un premier noyau sphérique d'un hlanc assez opaque, offrant des traces de couches conccntiiques; autour de ce nojau
était une enveloppe de glace Fîg. soo. — Coupe d'un grêlon, grwiie. compacte, rayonnée du centre
à la circonférence, et terminée extérieurement par douze grandes pyramides entre lesquelles des pyramides moindres étaient intercalées. Le tout formait une masse sphérique de près de 9 centimètres de diamètre.
Des grêlons ramassés le 1 2 septembre 1 803 dans un chemin situé au sud-ouest deTiflis, et dessinés dans le Bulletin de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, avaient la forme ellipsoïdale, et leur surface était recouverte d'un grand nombre de petits mamelons. Le tissu polyédrique, examiné à la loupe, montrait l'aspect d'une série de pyramides à six pans, et une section faite dans l'iutérieur montrait aussi Texistencc d'un réseau à mailles hexagonales représenté par le dessin précédent.
Le 29 juillet de cette année (1871), à 6 heures du soir, par un beau soleil, avec quelques nuages d'apparence très-innocente, on entendit à Auxerre un bruit caractéristique, comparable à la mar-
che d un train lourdement cliariié. Quelques éclats de foudre précédèrent les chutes de la grêle. Celle-ci ne tarda pas à tomber sans tempête, sans bouleversement atmosphérique, en miroitant au soleil dans sa descente tranquille. Les grêlons gardèrent leur forme en tombant sur le sol. M. Daudin a dessiné quelques-unes de leurs physionomies les plus caractérisliquea. Les voici, dans leurs di-
- Différcnles formes de grtloiu.
mensions exactes (^Bulletin inlernalionai de l'Observatoire de Paris, du 27 août 1871). Ils occupent les quatre angles de celle figure. Les deui grêlons taillés placés au centre sont ceux dont nous avons parlé plus haut et qui ont été dessinés pour l'Académie de Pétersbourg. On leur a ajouté quelques grêlons moins gros et de forme plus ordinaire.