FORME ET GROSSEUR DES GRÊLONS
Dana ce même orage, à Montargis, M. Parant a remarqué qu*à G heures 45 minutes du soir il tomba, pendant une grêle abondante, des morceaux de glace de 8 à 5 centimètres de longueur, de forme ovoïde, et aussi transparents que le cristal.
Pendant Torage du 22 mai 1870 , à Paris, M. Trécul, de l'Institut, remarqua que plusieurs grêlons étaient coniques, ou plutôt pyriformes, c'est-à-dire plus larges à leur partie inférieure qu a leur partie supérieure; il y en avait qui atteignaient environ 2 centimètres de longueur et 1 cent, et demi de largeur. L'un d'entre eux, spécialement examiné, présentait des caractères dignes d'attention. Le tiers supérieur (la partie la plus étroite du grêlon) était opaque et blanc, tandis que la partie inférieure, ou la plus large, était d*une translucidité parfaite, comme la glace la plus pure. Eu outre, ce grêlon, vu par le gros bout, c'est-à-dire quand le diamètre le plus étroit était placé transversalement par rapport à Taxe visuel, montrait manifestement la figure d'un rhombe à angles obtus, et des côtés partaient des facettes obliques qui convergeaient et s'effaçaient vers le sommet obtus du grêlon.
Quant aux époques de la grêle, chacun a pu remarquer qu'elle tombe principalement en été et dans l'après-midi, c'est-à-dire dans les circonstances où sont réunies les conditions météorologiques rapportées plus haut : grande chaleur à la surface du sol, diminution rapide avec la hauteur, forte évaporation des nuages sous l'action du soleil. Comme cependant le seul conflit d'un vent supérieur très-froid avec un vent très-chaud à la même altitude peut amener la production de la grêle, elle tombe parfois en hiver et parfois pendant la nuit; mais ce sont là des exceptions.
Les météorologistes réunissent souvent le grésil et la grêle, et trouvent alors que ces météores aqueux tombent plus souvent en hiver et au printemps qu'en été et en automne. Mais le grésil diffère de la grêle, non-seulement par son état de division extrême, mais encore par son mode de formation, car il ne prend pas naissance au sein des orages et ne nécessite pas les grands mouve* ments atmosphériques que nous avons résumés. Ce n'est qu'une pluie glacée, ou qu'une neige grenue et dense.