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CHAPITRE VI

LES PLUIES DE SANG, — DE TERRE, — DE SOUFRE, — DE PLANTES» DE GRENOUILLES, — DE POISSONS, — d'anIMAUX DIVERS.

A part les pluies ordinaires^ plus ou moins intenses, d'eau^ de neige ou de grêle, que nous avons étudiées jusqu'ici, Thistoire des météores nous offre parfois des pluies extraordinaires qui^ bien souvent, ont jeté la terreur parmi les âmes faibles et ignorantes qui croyaient y voir des signes directs de la colère céleste.

Nous ne parlerons pas des pierres tombées du ciel, des aérolithes , dans lesquels les philosophes grecs voyaient des fragments détachés de la voûte céleste, et qui sont, comme nous Tavons vu, des corpuscules cosmiques circulant dans Tespace. Nous ne parlerons pas non plus des pluies de pierres, de briques, de planches, de i;»oleries, qui sont dues à des trombes. Mais nous devons jeter un coup d'œil critique sur certains phénomènes que nous avons passés sous silence jusqu'ici. Et d*abord, commençons par les pluies de sang.

Homère fait tomber une pluie de sang sur les héros grecs, présage de mort pour de nombreuses et vaillantes tètes, que Zeus doit précipiter dans Hadès. Obsequens cite les suivantes : Après la prise de Fidènes,ande Rome 14, des gouttes de sang tombèrent du ciel, au grand étonnemenJt de tous. En 538 , pluie de sang abondante sur le mont Aventin et à Âricie. En 570 et 572, sur la place de Yulcain et sur celle de la Concorde, il pleut du sang pendant deux jours ; en 585, pendant un jour. En 587, ce prodige apparut en plusieurs endroits de la Campanie, au territoire de Préneste. En

626 à Céré; en 648 à Rome; en 650 à Duna; en 652 aux environs (Je TAnio. Il plut du sang lors du meurtre de Tatius....

Plutarque parle de pluies de sang après de grands combats: dans la guerre cimbrique^ par exemple, après le massacre de tant de milliers de Cimbres dans les plaines de Marseille. Il admet que les vapeurs sanguines distillées des corps et diluées dans Thumeur des nuages^ communiquaient à ceux-ci leur coloration rouge.

Voici les pluies de sang que j'ai pu relever depuis le commencement de notre ère jusqu'à la fin du siècle dernier, en mettant surtout à profit les recherches de M. Grellois sur ce curieux sujet :

Je vois d'abord dans Grégoire de Tours que Tan 582 de noire ère « une pluie du sang tomba sur le territoire de Paris. Beaucoup de gens la reçurent en leurs vêtements, et elle les mouilla de telles taches, qu'ils s'en dépouillèrent avec horreur. •

L'histoire de Constantinople rapporte une pluie analogue sur cette ville en 652.

En 654, le ciel parut embrasé dans les Gaules, du sang s'échappa des nuages en abondance.

En 787, Fritsch signale, on Hongrie, une pluie de sang suivie d'une peste. On en vit d'autres en 869 à Brixen, et en 929 à Bagdad.

En 1117, des phénomènes extraordinaires, pluies de sang, bruits souterrains, jetèrent l'épouvante en Lombardie pendant la lutte de l'aiTranchissement des communes, et l'on provoqua, à cet effet, une réunion d'évî^ques à Milan. Le même phénomène fut observé à Brescia pendant trois jours et trois nuits, avant la mort du pape Adrien IL

En 1144, il plut du sang sur plusieurs points de l'Allemagne; en 1163, à la Rochelle.

En 1181, au mois de mars, il plut constamment du sang pendant trois jours, en France et en Allemagne^ une croix lumineuse parut dans le ciel.

Vers la lin de 1543, il tomba du sang au château de Sassembourg, près de Earendorf en Westphalie, en 1560 à Louvain. Dans les environs d'Einden (Frise orientale], en 1571, il tomba, pendant la nuit, une si grande quantité de sang que sur un espace de 5 à 6 milles l'herbe et les vêtements exposés à l'air prirent une couleur pourpre. Plusieurs personnes en conservèrent dans des vases. On chercha, mais en vain, à expliquer ce prodige par la supposition que la vapeur du sang de nombreux bœufs abattus s'était élevée dans les nuages. On ne trouve pas d'autre explication plus sérieuse parmi les causes naturelles.

Nous en remarquons aussi en 1623 à Strasbourg, en 1638 à Tournay, et en 1640 à Bruxelles.

On lit dans l'histoire de l'Académie des sciences, que le 17 mars 1669, à quatre heures du matin, il tomba, en plusieurs endroits de la ville de Chdtillon-sur-Seine, une espèce de pluie ou de liqueur roussâtre, épaisse, visqueuse et puante, qui ressemblait à une pluie de sang. On en voyait de grosses gouttes imprimées contre les murs, et même un mur en était fouetté de côté et d'autre : « ce qui fait croire que celte pluie était formée d'eaux stagnantes et bourbeuses, enlevées par un tourbillon de vent de quelques mares des environs. »

Venise en reçoit une en 1689.

En 1744 il tomba une pluie rouge au faubourg Saint-Pierre d'Arena de Gênes, que les horreurs de la guerre, qui était alors sur les terres de la République, rendirent très-eflrayante pour le peuple, et l'on vérifia ensuile que cette teinte résultait d^une terre rouge qu'un vent impétueux avait enlevée d'une montajLne voisine.

L'Iiistoire ei» eonslate <■ 'n Italie.

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ml ëti- assez souvent observées à noire époijiie .■un dûiile sur la nSalilé du phénomèni'; la seuU' nature de cette coloration, qui lui donnait uji>! lit qu'une pluie plus épaisse el plus chaude qu'oromme du sang el faire illusion aux ignorant, rauts du moyen âge, raeonlenl que vers le milieu e iwudre rouge et une matière semblable à du

Kiing euai-'ulé. I les plûlosoplies étaient donc entrés déjà dans la voie d'une saine cvpUealion; ils ne voient là qu'une ressemblance, ee qui peut être vrai, el non une réalité, ee cpii répugne à la logiqiLc la plus simple, i Ce que le vulgaire appelle pluie de s;mK. dit ('>. Scliotl, n'e^t ordinairement que la chute de vapeurs teintes par du verniillou ou de la craie rouge. Mais quand il lombc du sang véritable, ce qu'on pourrait difficilement nier, c'est un miracle dû à la volonté de Dieu. ■ l.ueur dr vérité, bientôt évanouie! On lit dans Enstathe, coiument.iteur d'IIoniêre, qu'en Arménie les nuages laissent édi.ipper des pluies de sanp. parc'^ que cette contrée renferme des mines de Ctnabre, dont la poussière, mêlée à l'eau, vient colorer les gouttes de pluie.

Conrad Ljcoslhèues, dans

son Lirre de» Prodiges, dont

nous avons déjà donné un

fae-simileàla page 333de('t'l

ouvrage, représente les pJuifi

dt sang et les fluits de croix

en des dessins enfantins qui

nous donnent une idée de la

naïveté d'autrefois (voy. aussi

la Jlg. 204).

Au commencement de juil-

safij vint à tomber dans les

s'étendit à une demi-lieue de

ou désireux d'exploiter la

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