‹ L'atmosphère [microform]Chapitre 234 sur 269 · I.rélendi · texte numérisé non relu

I.rélendi

(jfdlM de lUDourfis '\\\\\. en l'roieJice, et celte pluie i ville. Oui'lqui's pi'êlivs de la ville, tronip

rédulité du peuple, n'bésitèrenl pas à voir dans cet événement des influences alauiqui's. Ilemeusenienl un homme insiruil, M. de l^eîresc, se livra, sur ce soiisantpiwlif;e, à des recherches assidues, e ' l td g tt fi ée

la muraille du cimetière de la grande 1 d A t d q Iq oisines. [| reconnut bicnft qu'elles ii'ètai t t t q I ém

e papillon-j qu'où av.iil observés en abon 1 d I m m t d

lillet. Aucune laclio de ce genre n'existait t d I 11 1 p [ I

'avaient point paru, et, de plus, on n'en ol t p -d d I p

lojcime des maison^ niveau auipiel s'arrèt 11 I d ra D 11 rs

i pré-^ence de ces goutte*, dans des lieux couverls, ne pouvait permettre qu'on

sn|ipos;'it une origine atmo-pliérique.

s du miracle. 11 constata et Ctconslaler rouvaienl que dans des cavités, des ia-

II s'enipiessa de montrer que les préirndues gonlles de >ang ne

trrstices, sous le chaperon des niurs, jamais à la surface des pierres lournées vers le ciel. Il prouva par ces diverses observations que les prétendues goultes de sang étaient des gouttes de liqueur rouge déposées par les papillons.

Cependant, en dépit des remarques rassurantes de Peiresc, le peuple des fauiKiui^ d'Aix continua de ressentir une véritable terreur h la vue de ces larmes sanglantes qui tactiaient le sot de la campagne.

Kéaumur signale le papillon nommé grande tortue comme le plus capable de répandre ces sortes d'alarmes.

( Il y en a des milliers, dit-il , qui se transforment en chrysalides vers la fin de

Fig. 107. — Pluie de sang en Provence. Juillet

mai ou le commencement de juin. Pour se transformer, elles quittent les arbres, elles vont souvent s'appliquer conire les murs , elles entrent même dans les mai* sons de campagne .elles pendent aux cintres des portes, aux planchers. Si les papillons qui en sortent vers la fin de juin ou au commencement de juillet volaient ensemble, il y en aurait assez pour former de petites nuées, et, par conséquent, il y en aurait assez pour couvrir les pierres de certains cantons de taches d'un rouge couleur de sang, et pour faire croire à ceux qui ne cherchent qu'à s'effrayer et qu'& voir des prodiges, que pendant la nuit il a plu du sang. »

Kn général, cependant, les pluies de sang ne soot pas seule-

ment des taches rouges produites par certains insectes , mais ce sont de véritables pluies, coloriées par des poussières emportées par le vent. Ce n*est qu*en notre siècle qu*on a reconnu cette origine générale.

Le 14 mars 1813^ Tune de ces étranges pluies rouges tomba dans le royaume de Naples et dans les deux Calabres. Un savant, Sementini, Texamina, l'analysa, en rendit compte dans les termes suivants à TAcadémie des sciences de Naples :

« Un vent d'est soufflait depuis deux jours, lorsque les habitants de Gérace (Fancienne Locres) aperçurent une nuée dense s'avancer de la mer. A 2 heures après midi, le vent se calma; mais la nuée couvrait déjà les montagnes voisines et commençait à intercepter la lumière du soleil ; sa couleur, d'abord d'un rouge pâle, devint ensuite d'un rouge de feu. La ville fut alors plongét^ dans des ténèbres si épaisses que, vers les 4 heures, on fut obligé d'allumer des chandelles dans l'intérieur des maisons. I^ peuple, effrayé et par l'obscurité et par la couleur de la nuée, courut en foule dans la cathédrale faire des prières publiques. L'obscurité alla toujours en augmentant, et tout le ciel parut de la couleur du fer rouge ; le tonnerre commença à gronder, et la mer, quoique éloignée de 6 milles de la ville, augmentait l'épouvante par ses mugissements; alors commencèrent à tomber de grosses gouttes de pluie rougeâtres, que quelques-uns regardaient comme des gouttes de sang, et d'autres comme des gouttes de feu. Enfin, aux approches de la nuit, l'air commença à s'éclaircir, la foudre et le tonnerre cessèrent, et le peuple rentra dans sa ti*anquillité ordinaire. »

Sans commotions populaires, et avec quelques différences en plus ou en moins, le même phénomène d'une pluie de poussière rouge eut lieu non-seulement dans les deux Calabres, mais encort" dans l'extrémité opposée des Abbruzzes.

Cette poussière avait une couleur d'un jaune de cannelle et une saveur terreuse peu marquée; elle était onctueuse au toucher, on y découvrait à la loupe de petits corps durs ressemblant au pyroxène. La chaleur la brunissait, puis la rendait tout à ikit noire, et enfin la rougissait en devenant plus intense. Après l'action de la chaleur, elle laissa apercevoir, même à Toeil nu, une multitude de petites lames brillantes, qui étaient du mica jaune. Sa pesanteur spécifique, lorsqu'elle fut privée de corps durs, était de 2,07; elle était composée de silice 33,0, alumine 15,5^ chaux 1 1,5, chrome 1,0, fer 14,5, acide carbonique 9,0.

D*où venait cette poussière? G*est ce que Ton ne put encore déterminer.

Il faut arriver jusqu'à Tannée 1 846 pour avoir un eiamen général de ces pluies^ qui les suivra dans Tespace jusqu'à leur origine.

Le 1 6 mai de cette année-là^ une pluie de terre salit toutes les eaux de Syam (Jura). L'automne de la même année vit se reproduire une pluie de terre qui fut accompagnée par un cortège de foudres, de pluies diluviennes, d'ouragans extraordinairement désastreux, qui se déchaînèrent tour à tour, et à peu de chose près, sur un large anneau du sphéroïde terrestre, de façon à ne se lais* ser expliquer que par une grande perturbation du système des alizés-

Alors, les cyclones bouleversèrent l'Atlantique : au milieu d'épouvantables rafales, de tourmentes^ de grêles, des vaisseaux furent démâtés, rasés comme des pontons; d'autres naviguaient entre des débris flottants. Des tempêtes éclatèrent ensuite en France, en Italie, à Constantinople, et plus loin, vers l'est, les typhons exercèrent leurs fureurs sur les mers de Chine.

Les vents furent assez intenses pour détacher une couche de terre dans les régions où la surface du sol offrait des sables ou de la terre friable, facile à enlever. Transportée au loin, cette terre devait nécessairement se déposer quelque part. L'effet se produisit dans le midi de la France, entre le Puy et le Mont-Cenis, dans le sens du vent dominant, et transversalement de Bourg à laDrôme. Toutefois, l'abondance du précipité variait suivant les localités : à Lyon même, il fut peu apparent, quoiqu'il se montrât sous la forme d'un limon rougeâtre, que les croyances populaires qualifièrent de pluie de sang. Mais à Meximieux, les soldats d'un bataillon qui se rendait à la frontière suisse ont été couverts de boue, leurs fourniments en étaient tellement imprégnés qu'il fallqt les soumettre à uu lavage soigné. Le château de Chamagnieu reçut un crépi qui le rendit méconnaissable, et à Valence, la couche se trouva si épaisse, que les habitants furent forcés de curer les goût* tières des toits et de dégager les tuyaux de descente. Fournet rapporte un <;alcul duquel il résulte cette curieuse conclusion que, pour le département de la Drôme, les nuées ont dû charrier et répandrct sur la contrée le poids énorme de 7200 quintaux métriques, qui représentent la charge de 480 charrettes attelées de 4 chevaux vigoureux et portant chacune 40 quintaux métriques de cette terre.

Ehrenberg^ auquel on fit parvenir des échantillons de ce produit^ y constata 73 formes organiques dont quelques-unes sont propres à rAmérique méridionale. Cette terre venait du nouveau monde I

L'intervalle de temps écoulé entre la sortie de rAmérique, 13 octobre, et Tarrivée sur la France, 47 octobre, fut d'environ quatre jours, vitesse de 17°',Î5 par seconde.

Depuis 1 846, nous avons, comme pluie colorée remarquable, celle du 31 mars 1847, dans les environs de Chambéry. Elle était troublée par une matière laiteuse qui avait l'apparence d*une argile tenue en suspension. Les vêtements des passants qui reçurent quelques gouttes de cette pluie restèrent parsemés de taches blanchâtres assez visibles. Mais bientôt après, les nouvelles venues de la Savoie, et surtout celles du grand Saint-Bernard, apprirent qu'il y tomba une neige rouge terreuse poussée par le sud-ouest, et qui recouvrit le sol sur une épaisseur de plusieurs centimètres.

Cette coloration de la neige par de la poussière ne doit pas être confondue avec sa coloration plus fréquente par un petit animal qui vit sur son sein glacé : le disceraca ou uredo nivalis^ espèce (Vinfusoire qui se développe sur une étendue parfois singulière dans les Alpes et dans les régions polaires.

Lors de la pluie rouge de 1 847 dont nous parlons, les neiges s'étendaient sur une bonne partie de la France : à Paris, à Orléans, dans les Vosges, dans la Bresse, et les ouragans sévirent à la Havane, à Bahama, aux Açores, à Terre-Neuve, aux Sorlingues, dans le Portugal et l'Espagne. Des tourbillons atmosphériques bouleversaient le nord, l'ouest, le Havre, Paris; à Grignan, vingtquatre cigognes descendaient des nues, asphyxiées ou brûlées par la foudre. Dans Nantua, une trombe enlevant à 3 mètres de hauteur une guérite avec la sentinelle, couvrait les rues de débris de tuiles, de vitres, de cheminées. Les nombres donnés par Fournet font ressortir une baisse barométrique très-prononcée et trèsrapide dans la journée du 31 , à laquelle succéda une baisse encore plus forte le 2 avril.

Nous devons ensuite relever la pluie de terre du 27 mars 1862, remarquable par ses résultats. A l'état humide, le résidu possédait, comme celui de 1 846, une couleur rouge assez marquée pour ra* viver les préjugés populaires sur les pluies de sang; en séchant, c'était une terre fine et jaunâtre. Ehrenberg y découvrit 44 formes diverses, parmi lesquelles ces galionelles microscopiques dont un pouce cube peut tenir 466 000.

Signalons encore celle du mois de mai 1 863^ à Beauvais^ à 5 heures du matin^ par une pluie à larges gouttes qui continua jusqu'à 41 heures. Les étoffes furent de nouveau maculées et offrirent les empreintes d'une terre de même apparence que les précédentes.

Dans la nuit du 30 avril au 1 *' mai, vers 3 heures du malin, un orage violent avec tonnerre éclata sur Perpignan; ensuite, le matin, on reconnut sur plusieurs points de la ville aussi bien qu'à la campagne une poussière rougeâtre dont on ignora d'abord l'origine; mais il fut bientôt constaté qu'elle était tombée avec la pluie. La même chute s'est étendue dans la plaine du département des Pyrénées-Orientales, comme sur les points élevés, à cette différence près, qu'il s'agissait, pour ceux-ci, d'une neige rouge.

L'apparition de ses flocons qu'on crut teints de sang causa une certaine terreur aux habitants. Enfin, le même phénomène se manifesta sur plusieurs points du littoral de la Méditerranée.

On y trouva une poussière de marnes argileuses, ferrugineuses, mêlées de sables très-fins qui, en traversant l'atmosphère, la dépouillèrent d'une partie des matières organiques qui sy trouvaient en suspension. En ce sens, ces pluies deviennent des chutes d'un limon fertilisateur, des pluies d'engrais.

Naturellement, chaque vent un peu énergique est capable de soulever des flots poussiéreux; le fait se remarqué encore plus particulièrement quand, animé d'un mouvement giratoire, il possède Tespèce de force d'aspiration qui lui permet de composer les petits follets ou tourbillons de sable que l'on rencontre si souvent sur les routes.

Toute l'étendue de la vaste zone des déserts, qui se prolonge sur les pays intertropicaux et subtropicaux de l'ancien comme du nouveau monde, est capable de livrer aux vents des éléments terreux, transportables au loin. L'Europe peut également livrer aux vents des sables et de la poussière, aussi bien que les contrées lointaines de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique.

Nous avons apprécié plus haut la puissance des trombes. Pour ne rappeler que celle de i 780, remarquable au point de vue actuel, elle se développa près de Carcassonne, sur les bords de l'Aude, éleva très-haut de grandes quantités de sable, découvrit quatre-vingts maisons, emporta et dispersa au loin les gerbes qu'elle rencontra sur les champs. De gros frênes furent déracinés; leurs plus puissantes branches furent lancées jusqu'à 40 mètres de distance, etc., etc. Une telle puissance suffit pour expliquer les transports les plus lointains de sable et de terre. La pluie de

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sang tombée à Sienne^ du 28 au 31 décembre 1860^ et analysée avec soin par le D. Campani^ a paru être d*origine organique.

L'une des dernières pluies de sang les plus remarquables est celle du 1 0 mars 1 869. Ce jour-là^ le Sirocco, dont nous avons parlé dans notre chapitre sur les vents particuliers^ soufflait à Naples. Ses rafales emportaient avec elles cette espèce de nébulosité qui lui est propre et qui ressemble à un léger brouillard ; le baromètre avait beaucoup baissé et marquait 637 millimètres; il faisait trèschaud^ et de temps à autre de brusques et courtes averses tombaient tantôt en pluie fine et serrée^ tantôt en larges gouttes d^orage. Chaque goutte de cette pluie laissait une trace boueuse là où elle était tombée.

Côs taches^ vues de près, avaient une teinte brun-jaunâtre tresprononcée et ressemblaient fort à l'empreinte produite par une eau ferrugineuse ; les gouttes laissaient une trace sur les vêtements et marquaient sur la soie du chapeau, tout comme les éclaboussures d'une boue renfermant de l'oxyde de fer. Une feuille de papier blanc, préalablement mouillée et exposée au vent, a présenté au bout de quelques minutes un assez grand nombre de petits grains rougeâtres, de forme sensiblement sphérique, dont le diamètre pouvait varier de -j^ à -^ de millimètre.

Si l'on se demande d'où provenait ce sable, la réponse n'est pas douteuse : en suivant la direction tracée par le vent, on arrive directement à l'Afrique sans rencontrer aucune terre d'où l'on puisse supposer que ces matières auraient été enlevées ; c'est donc le simoum du Sahara qui les a semées sur la Méditerranée et projetées jusque sur notre côte.

M. Breton, professeur à Grenoble, a remarqué que ce résidu était tout à fait analogue à celui qu'il a ramassé à Valence en septembre 1846, après la pluie rouge dont nous parlions tout à rheure.

Comme on l'avait présumé, ce sable venait en effet du Sahara. On voit, par une autre relation, que le 3 mars 1869, l'Algérie a été le théâtre d'un ouragan de la plus grande violence.

Près d'El-Outaïa nos soldats ont été surpris par le vent au milieu d'une mer de sable. Ils ont dû employer 4 heures et demie pour parcourir 1 1 kilomètres. « Depuis 17 ans que je suis en Algérie, dit un témoin oculaire, je n'avais jamais été témoin d'une pareille tourmente. Toute notre petite colonne dut s'arrêter et les précautions les plus grandes durent être prises pour la grouper et éviter de perdre des hommes. A la seconde halte forcée, nous tournâmes le dos à la rafale, et pendant une heure et demie il

nous fut impossible d apercevoir le soleil et le ciel, quoique. nous n eussions remarqué antérieurement que de très-légers nuages au-dessus de nos têtes. Pendant des quarts d'heure entiers^ on cessait d^entrevoir son voisin, couché à 2 ou 3 mètres de distance.»

La pluie rouge tombée à Naples avait certainement été prise, la veille sans doute, dans les sables du Sahara, aussi bouleversé par une tempête qui du reste s'étendit sur l'Europe entière, la Méditerranée et l'Afrique.

Ces phénomènes sont intimement liés aux grands mouvements de l'Atmosphère, comme M. Tarry en a fait récemment la judicieose remarque.

Dix jours après la pluie rouge précédente, le 20 mars, une violente tempête, venant de l'Angleterre, assaillit les côtes nord de la France. Le 20, un centre de dépression atmosphérique très-marqué existe à Boulogne (734 millimètres); le 21, il est déjà à Lésina, sur l'Adriatique. Pendant plusieurs jours, un vent viplent du nord-ouest sévit sur la France, puis sur l'Italie. Le 22, le cyclone est sur l'Afrique, où il soulève, comme précédemment les sables du Sahara; puis le mouvement de recul se produit; une baisse barométrique se manifeste de nouveau sur le sud de l'Europe, où la pression s'était relevée après le passage du cyclone. Le 24, le baromètre descend à 740 millimètres à Palerme, à 742 à Rome ; le vent prend une violence inouïe ; à Rome le météorographe du P. Secchi indique une vitesse de 640 milles en vingt-quatre heures, la plus grande qui ait été atteinte dans toute Tannée.

En même temps. Je 23 mars, on observe en Sicile que l'atmosphère est chargée de nuages épais et d'une poussière jaunâtre qui donne au ciel un aspect insolite. La pluie étant venue à tomber, chaque goutte laisse un résidu jaune qu^on ne peut séparer entièrement qu'après deux ou trois fil trations. Cette substance, analysée par le professeur Silveatre à Catane, contenait les éléments suivants : de l'argile, du sable calcaire, du peroxyde d'hydrate de fer, du chlorure de sodium, de la silice, et des matières organiques azotées.

Le même phénomène est observé à Lubiace, près de Rome, et à Lésina, en lUyrie. Ainsi, voilà les prodiges dont parle Tite- Live, enregistrés aujourd'hui par l'Observatoire de Paris.

La dernière pluie rouge remarquable est celle du 13 février 1870.

Le 7 février, une forte dépression barométrique se produit sur TAngleterre; le baromètre marque 745 millimètres àPenzance; le 9

elle descend sur la Méditerranée; le 10 elle est sur la Sicile, où le baromètre est plus bas qu'à Rome. Cette baisse barométrique est accompagnée dune violente tempête; à Rome, le vent souffle du nord avec violence pendant trois jours, les 8, 9 et 10. Sous celte influence glaciale, un froid terrible règne en France et en Italie; il neige à Rome dans les nuils des 8 et î). Le 1 1 et le 12, le temps se calme, et le baromètre remonte; le cyclone est sur l'Afrique où il soulève les sables du Sahara. Puis le mouvement de recul dont nous avons ])arlé ne tarde pas h se faire sentir; le P2, le baromè- Irc tombe à 74'} millimètres au sud de l'Espagne; un vent furieux du sud ne cesse de soufller le 13 et le 14 sur l'Espagne et l'Italie; l'Afrique renvoie <*omme précédemment à l'Europe le cyclone qu'elle en a reru les jours précédents avec l'ouragan qui l'accompagne, plus le sal)le <|u'ila enlevé au Sahara. En effet, le 13 février, à 2 lieun^s de l'après-midi, la présence d'un sable rougeâtre dans l'eau de pluie est constatée (hms les environs de Rome, à Subiaco, par M. Alvarez; à Tivoli par le P. Ciauq)ri, et à Mondragone par le P. LavaiTi^d. Dans la nuit du 13 au L'i, il tombe à Gènes une matière terreuse et rouge, el à Mimcaliéri le P. Denza, directeur de r()bs(M'vatoire, recueille de \i\ neige roî/g^e contenant ce même sable. Cet hislori(iue des pluies de sang nous montre 1" qu'elles sont réelles^ 2** qu'i^Jles sont dues le plus souvent à des poussières enlevées |)ar le vent à des régions souvent très - éloignées , 3" qu'elles ne sont pas aussi rares (|u'elles le paraissent. Ainsi celles qui ont été authentiqueuuMit constatées en Europe et en Algérie en notre siècle et ont eu quelque importance par leur densité et leur étendue, sont au nombre de 21 :

1803 Février Italie. 18^7 Mars Cliambéry.

1813 Février Calabre. 1852 Mars Lvon.

\S\k Mclohre OnÔLiIia, ettlie Nice 1854 Mal IlorbourgjprcîiOjl-

«'tiièiK'-^. mar.

1819 Si'pteiiibre. . . >Iii.1<mii, Moravi*'. 1860 31 Décembre. Sienne.

^^-'^ ^t:ii <li<'ss('n. 1862 Mars Deaunan, près «It

1839 Avril niilip[)evillr. AIgé- Lyon.

rie. 1863 Mars Rhodes.

1841 Février (iéne^, Panne, Ca- 1863 Avril Entre Lyon et r\-

iligon. ragon.

1842 Mars (iièce. 1?63 25 Avril Toulouse.

3846 Mai Syaiu, Chanibéry. 1869 10 Mars Naples.

18'i6 Octobre Daupliiné, Savoie, 1869 23 Mars Sicile.

Vivarais. 1870 13 Février... Rome.

On voit que c'est au printemps et à rautomne, à Tépoque des tempêtes é(|uino\iales, que ces pluies singulières se produisant le

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