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PLUIES DE SANG, — DE LAIT, — DE CROIX

plus souvent. Nous avons vu qu'elles peuvent être causées par les traces de certains papillons. Une troisième cause doit encore être remarquée ici : c'est celle qui provient des volcans, dont les cendres peuvent être transportées par les vents à d'immenses distances. On pourrait en citer de nombreux exemples.

Voici maintenant une série d'autres pluies prodigieuses rapportées par les chroniques anciennes, exagérées et interprétées de manières diverses, et dont les explications ne sont pas toujours faciles à donner.

Lesfiuiesde lait sont assez souvent mentionnées. Ainsi Obsequens rapporte qu'au territoire de Véies, en 629, il plut du lait et de Thuile. L'absence de tout renrseignement positif sur les faits de cette nature autorise, tout au plus, à hasarder quelques conjectures empruntées aux éruptions volcaniques ou à Tenlèvement de terres blanches, crayeuses, par un ouragan. En 620, de Rome, des ruisseaux de lait coulèrent dans le lac romain. En 6^3, du lait coula pendant trois jours, dans un lieu non indiqué ; de nombreuses victimes furent immolées à Toccasion de ce prodige. Ces prétendus ruisseaux de lait sont un phénomène commun dans certaines contrées ; le lavage des terres blanches par les pluies suffît pour donner naissance à cette illusion, qui ne saurait d'ailleurs résister au plus simple examen.

Dion Cassius parle d'une pluie ayant Taspect de lait et qui, tombant sur des pièces de monnaie ou des vases de cuivre, leur donna pour trois jours l'apparence de l'argent. Si le fait est exact, il est évident qu'il s'agit ici de mercure sublimé et retombant par le fait de sa condensation. Mais comment et dans quelles conditions se seraient opérées cette sublimation et cette condensation? Voilà ce qu'il faudrait savoir pour ajouter foi à ce soi-disant prodige.

Glycas signale également une pluie de mercure, qui peut être la même que la précédente, quoiqu'elle soit rapportée à l'époque d'Aurélien*

Nous pouvons rapprocher de ces pluies un phénomène qui a été trop souvent observé dans ces circonstances pour que sa réalité puisse être révoquée en doute. Nous voulons parler de l'apparence de croix sur les vêtements. En voici quelques exemples.

En 764, à Tours, les désordres des moines de l'église Saint-Martin attirèrent la colère de Dieu* Du sang tomba du ciel sur la terre et des croix parurent sur les vêtements des hommes (Grégoire de Tours).

Fritsch signale, en 783, une pluie de sang et des croix sur les vêtements, sans qu'il soit question de pluie.

En 1094, des croix tombent du ciel sur les vêtements des prêtres, sans doute pour les avertir de leur impiété, dit G. Schott.

L'an 1534, en Suède, il tomba une pluie qui laissait sur les vêtements Pappareace de croix rouges. Cardan explique ce phénomène en disant que des poussières rouges étaient délayées dans l'eau de pluie et que les croix étaient formées par les gouttes tombant sur la trame des tissus. Fromond et Schott n'admettent pas cette explication, parce que, suivant eux, ces croix ne se formaient pas seulement sur quelques parties du vêtement, mais sur la totalité, et qu'en faisant tomber des gouttes de sang sur un Ussu elles n^affectent jamais cette forme. Il y aurait donc «u dans ce fait, d'après ces hommes religieux, une intervention directe de la divinité.

Mais il y a mieux. Les chroniques rapportent que des croix tombèrent (en 1501) en Allemagne et en Belgique, non-seulement sur les vêtements, même

mftrmé* dus des coOïes (pour oes âwniers, «u moias, il faudrait dire : les croix qui te formèrtnt et non qui tombimU) el aolamment sur les Têtemenls des femmes, mais encore qai se marquaient sur la peau mf me des individus, et jusque sur leur pain. Ce prodige dura trois ans, se renouTelanl au temps de la Passion et de Pâques; sans doute, dit le narrateur de cette chronique, pour inspirer le respect, trop souvent oublié, que nous devons au sang et k la croix du ^igneur. Jean de Ilom, prince de Liège, rendit compte à Tempereur Maiimilien I^ de l'observation qu'il avait faite sur une jeune fille de celte ville, âgée de vin^t-deui ans, dont les vêlements se couvraient incessamment de croix sanglautes, quoiqu'oD le* changeât à chaque instant.

Du sang i, la chair la transition est directe. Rapportons le fait suivant, cilé par Obsequens. ■ En l'an de Rome 273, la chair tombait du ciel comme de la neige, en morceaux plus ou moins gros. Celle qui ne fut pas dévorée par les oiseaux ne répandit pas d'odeur et no subit aucune altération. > Cette dernière caractéristique démontrerait avec évidence, s'il en élait besoin, qu'il ne s'agit point ici de véritable chair animale, la chair étant essentiel lemen t putrescible. Quelle était donc cette substance ainsi tombée du ciel? Pourrait.00 établir quelque analogie entre la chute de cette maliére solide ol celle de la manne des Hébreux? En rap{>elant qu'on trouve dans beaucoup de sources thermales sulfureuses une production d*a|i|tarence animale, imitant la chair, est-r« dépasser let bornes de la vrai semblant-^ scientifique en supposant que les conditions oécessaires à la formation de celle substance se seraient accidentellement rencontrées dans l'atmosphËre T E?l-il plus tMge d'opposer k ce pbén-'mène une -négation absolue T se demande le docteur Grelloïs. Chacun est libre du jugement k porter.

Rappelons, toutefois, qu'on cite d'autres exemples de pluies de snbsUnces nutritives. Ainsi, de notre temps, en 183ï et en 1828, on vit dans une contrée de la Perse tomber une pluie de ce genre, si abondante en quelques points, qu'elle couvrait le sol à cinq ou six pouces de hauteur. C'était une es|iice de licben, déjà connu ; les troupeaux, et surtout les moutons, a'en nourrirent arec avidité ; oa en fit mCme du pain.

On peut rapprocher des faits précédents la chute de matières molles signalée p>r Muscbenbroeck et qu'on vit en Iriande en 1675. C'était une pluie de substance gnsse comme du beurre, glutineuse et qui se ramollissait dans la nwin, mats se détachait au feu et prenait une mauvaise odeur.

L'abbé Richard rapporte les deux faits suivants, qu'il appelle des pluit-s de fev. Au mois de novembre 17iil, un nuage chassé par un vent d'est trés-violent, apr#« s'être heurté plusieurs fus contre les montagnea qui sont au-dessus de la ville d'Almérie, au royaume de Cirenade en Espagne, se brisa, et il en sortit une pluie

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