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PLUIES DE POISSONS, DE GRENOUILLES

grenouilles imparfaites (têtards) tombées du ciel. Jonston raconte, suivant le rap^ port de son précepteur, que dans nie d^AucIand (Frise) « où ne vit aucune grenouille, > il en tomba avec la pluie. Olaus Magnus dit aussi que des nuages il tombe souvent des grenouilles, des vers, des poissons dans les régions du nord plus qu*ailleurs, à cause de la viscosité des nuages et de la chaleur qu*iis reçoivent du principe sulfureux.

Fromond prétend qu'aux portes de Tournay, en 1625, étant avec plusieurs de ses amis, une pluie subite tomba sur une poussière sèche, et fit paraître tout à coup une telle armée de grenouilles, que de tous côtés on ne voyait presque autre chose, toutes de même grandeur et de même couleur.

Porta dit avoir vu souvent, entre Naples et Pouzzoles, des grenouilles prendre naissance au milieu de la poussière sèche subitement détrempée par la pluie. Cette particularité, ajoute-t-il, est connue de beaucoup d'habitants de ces deux villes ^Grellois).

Ces apparitions subites de grenouilles et de crapauds sont dues la plupart du temps à ce que ces animaux sortent volontiers de leurs bas-fonds après les pluies d'orage, et peuvent facilement traverser des routes. Ce n'est qu'en des circonstances extrêmement rares que des trombes peuvent enlever des poissons ou des grenouilles.

Les pluies de sauterelles sont dues à des caravanes volantes de ces orthoptères, du criquet nomade surtout. Ces insectes deviennent le fléau de l'agriculture. Ils arrivent, soutenus par les vents, ils s'abattent, et ch^ingent en désert aride la contrée la plus fertile. Vues de loin, leurs bandes innombrables ont l'aspect de nuages orageux. Ces nuées sinistres cachent le soleil. Aussi haut et aussi loin que les yeux peuvent porter, le ciel est noir et le sol inondé de ces insectes. Le bruissement de ces millions d'ailes est comparable au bruit d'une cataracte. Quand rhorrible armée se laisse tomber à terre, les branches des arbres cassent. En quelques heures, et sur une étendue de plusieurs lieues, toute végétation a dispara. Les blés sont rongés jusqu'à la racine, les arbres dépouillés de leurs feuilles. Tout a été détruit, scié, haché, dévoré. Quand il ne reste plus rien, le terrible essaim s*enlève, comme à un signal donné, et repart, laissant derrière lui le désespoir et la famine.

Il arrive souvent qu'après avoir tout ravagé, ils périssent de faim avant l'époque de la ponte. Leurs innombrables cadavres, amoncelés et échauffés par le soleil, ne tardent pas à entrer en putréfaction. Par les exhalaisons infectes qui s'en dégagent, des maladies épidémiques se déclarent, qui déciment les populations.

En 1690, les sauterelles arrivèrent en Pologne et en Lithuanie, par trois endroits et comme en trois corps. « Il s'en troqva en certains lieux, écrivait l'abbé de Ussans, témoin oculaire, où elles étaient mortes les unes sur les autres, jusqu'à quatre pieds de hauteur. Celles qui étaient vivantes se perchant sur les arbres, faisaient ployer les branches jusqu'à terre. »

En 1749, ces criquets arrêtèrent l'armée de Charles XII, roi de Suède, en retraite dans la Bessarabie, après sa défaite de Pultawa. Le roi se croyait assailli par un orage de grêle lorsqu'une nuée de ces insectes s'abattit brusquement sur son armée. L'arrivée des criquets avait été annoncée par un sifQement pareil à celui qui précède une tempête, et le bruissement de leur vol couvrait la voix de la mer Noire. Toutes les campagnes furent bientôt désolées sur leur passage.

Dans le midi de la France les criquets se multiplient quelquefois si prodigieusement, qu'on peut remplir en peu de temps plusieurs barils de leurs œufs. Ils ont causé, à diverses époques, d'immenses dégâts. C'est notamment dans les années 1805, 1820, 1822, 1824, 1825, 1832 et 1834, que leurs apparitions ont été redoutables dans le midi de la France.

Mézeray rapporte qu'au mois de janvier 1613, sous Louis XIII, les sauterelles firent invasion dans la campagne d'Arles. En sept ou huit heures, les blés et les fourrages furent dévorés jusqu'à la racine, sur une étendue de pays de 15 000 ar-

pcnls. Elcs passeront ensuiU' k- Rhône, vinrent à Tarascon et à Beaucairc, où elli's LiiangËrent \es plantes potagères et la luzerne. Puis elles se Irao sport èrcnt à Aranion, ;i Moiifrin, ï ValabrË^'ues, etc., où elles furent heureusement détruites en grandir partie par les élournpaiix et d'autres oiseaux insectivores, accourus, par bandes immenses, à cette curée formidable.

Les consiih d'Arles et de Marseille firent ramasser les œufs. Arles dépensa, pour cette chasse, 25000 francs, et Marseille 20000 francs. 3000 quintaux d'œufs furent enterras ou jclc-i dans le Rhûne. En comptant 1 750 000 leufs par quintal, cela donnernit un tuliil de 5 milliards 250 millions de sauterelles détruites en germe, el

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j\ele I raïiges dont le ia\s venait d'être

!■ territoire des ?f ai ni es -M a ries, non loin d'Aigues-Mortes, sur \<hoi'd di' la MéiliterrauOi-. 1518 sacs de blé furent remplis de sauterelles mories, d'un poids de 63861 kiioïraninie-': 165 sacs, ou 6600 kilogrammes, furent raniassiH h Arles.

On Irouvi' lonjour- de* sauteri'lles en Algérie, dans les provinces d'Oran, Bone, Alger, IloMgie ; mais elles ne vont pas jus.ju'à produire ces invasions terribles qui cliariffent en iléserl les lieux cultivés. Il y a en Algérie des années à sauterelles, comme il y a clie;: nous des anjiécs ii hannetons, à altises, à chenilles, etc. Ces

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