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LES CURIOSITÉS DE LA POUDRE

Le 20 janvier 1868, dit le Journal de Benn&Sy le tonnerre est tombé à Groix, sur le moulin à vent de Kerlard, qui appartient à M. Jégo, adjoint. Le garçon meunier a été atteint mortellement. Il était des pieds à la tête comme séparé en deux*.

Les journaux anglais des 24 et 25 mai 1868 rapportent que Forage qui a fondu sur Paris, dans Taprès-midi du 22, était passé sur Epsom dans la matinée. Là , deux spectateurs étaient en voiture découverte. Un coup de tonnerre fendit en deux la tète de Tun, et asphyxia son compagnon, qui reprit bientôt ses sens*.

Avec une énergie bizarre , assez souvent les chaussures sont arrachées de force par la foudre sans que le foudroyé soit mortellement frappé pour cela.

Le 8 juin 1868, un employé de la Compagnie du gaz passait rue Thouin à 10 heures du soir,au moment de Torage, lorsqu'il se sentit affaisser sur lui-même, en même temps qu'il aperçut un éclair éclatant. II tomba sur ses genoux, éprouva une forte oppression dans Testomac, et fut en proie à un tremblement général qui dura deux jours. Étant entré chez un débitant de liqueurs pour demander du vulnéraire, et en proie à une vive émotion, il examina son corps pour voir s'il n'avait pas reçu une blessure quelque part. Quelle fut sa surprise, quand il s'aperçut que la plus grande partie des clous de ses bottes avaient été enlevés! Les clous étaient à vis , et les bottes presque neuves. La force d'attraction a dû être considérable *.

Cette observation était communiquée à l'Académie par M. Becquerel lorsque le maréchal Vaillant flt la remarque qu'il y a quelques années une observation semblable a été faite dans le bois de Vincennes ; mais l'homme a été foudroyé, et ses souliers, dont les clous avaient été enlevés, ont été lancés à quelque distance.

On lit dans le Journal du Loiret^ du 29 mai 1867, qu'une femme a été foudroyée pendant l'orage , sans être tuée , en subissant d'étranges commotions. Son bonnet a été brûlé, et un côté de sa tête aussi bien rasé que si le rasoir lui-même y eût passé. Pénétrant ensuite sous les vêtements, le fluide a longé le corps tout entier, ne produisant que de légères excoriations et ne brûlant même pas la chemise. Les souliers ont été mis en lambeaux, et les pieds n'ont pas été touchés*.

Le 20 avril 1867, un cultivateur d'Orbagna, dit le Courrier du Jura, Jules Débauchez, âgé de 20 ans, revenait des champs, fuyant le violent orage qu'accompagnaient d'épouvantables éclats de tonnerre. Tout à coup la foudre éclate ; elle lui enlève sa hotte, arrache et met ses vêtements en lambeaux , et brise en mille morceaux les sabots qu'il avait aux pieds. Muet de frayeur, tout transi de froid, blessé gravement et rendu sourd, le pauvre jeune homme est rentré chez lui n'ayant plus que sa chemise sur le corps *.

Mais de tous les effets de la foudre, l'un des plus extraordinaires est certainement de laisser l'homme ou l'animal dans Valtitude même où la mort subite l'a surpris. On en a plusieurs exemples.

Voici une jeune femme qui sans doute a été saisie par la foudre dans l'état où on l'a retrouvée après l'accident. C'était pendant un violent orage , le 16 juillet 1866. Mariée depuis \k mois, à un ouvrier mineur de la Ricamarie, dit le Mémorial de la Loire, elle était allée voir sa famille à Saint- Romain-Ies-Atheux, emmenant son enfant âgé de quatre mois.

Elle était seule à la maison pendant Torape. Quand ses parents sont revenus des champs, un triste spectacle les attendait ; la jeune femme avait été tuée par la foudre. On l'a trouvée à genoux dans un coin de sa chambre et la tête cachée dans ses mains. Elle ne portait aucune trace de blessure. L'enfant, qui était couché dans la chambre, n'a été que légèrement atteint par le fluide*.

Voici un autre exemple plus frappant :

Dans le courant de juillet 1845, quatre habitants d'Heiltz-le-Maurupt , près de Vitrj'-Ie-François, se réfugièrent, trois d'entre eux sous un peuplier, et le quatrième sous un saule contre lequel sans doute, il s'appuya. Bientôt après ce malheureux fut frappé de la foudre ; une flamme claire jaillissait de ses vêtements, et

toujours iloboiilsousiesnule, il paraissait ne ii'aperc«voir de rien. cTu brûles I mais lu ne vois donc pas (|ue tu brilles? ■ lui criaient ses camarades. N'obtenant iptas de réponse , ils s 'app roc 11 tarent de lui el restèrent muets de terreur eu s'apercevaot qu'il n'Olail plus qu'un cadavre (Sesticr).

Autre observation ;

Vers la fin du siècle dernier, dit l'abbé RicUard, le procureur du sémJDaire de Troyes revenait à cheval lorsiju'il fui frappé par la foudre. Un trtre qui le suivait ne M'en clant point ajic'rçu, crut qu'il s'élailendoniii, |arce qu'il le voyait vaciller. Ayant c-isayiS de le réveiller, il le trouva mort.

Un des t'ails les plus curieux de ce genre est peut-i^lre celui d'un prËtre qui fut tué par la foudre pendant qu'il était à cheval. L'animal continua sa roule et ramena son maître à la maison, dans l'attitude d'un liomme à cheval, après avoir fait deux lieues à partir de l'endroit où la foudre l'avait frappé (Boudin).

Le pasteur ituller a été témoin du fait suivant qu'il raconte : Le S7 juillet 1691, à Éverdon, dix moissoimcurs se réfugièrent sous une liaie à l'approche d'un ontgc. La foudre éclala et tua raide quatre d'entre eu\ , qui restèrent immobiles et comme iiOtrifiOs. L'un fut trouvé tenant encore entre ses doiçls une prise de tabac qu'il allait prendre. L'a autre avait un petit chien rnort sur ses genoux, une main sur la tète de ranimai ; de l'autre main il tenait un njorceau de p^n, comme prêt h le lui donner; un troisième était assis, les jeux ouverts cl la tCte tournée du cùlé de l'ora^/e. Lorsque nous voyons le mCmc plii'nomène signalé par plusieurs auteurs de tenijis et de pays diirérents , remarque à ce propos le docteur Seatief, i) nous est impossible, malgré ce qu'il présente d'ottraordinaire, de le reléguer dans le domaine des fables.

Cardan rapporte que huit moissonneurs, prenani lour repas sous un chéns, furent frappés tous les huit par un môme coup de foudre, ijui se fit entendre au loin. Lorsque k-s passants s' approc lièrent pour voir ce qui él^il arrivé, les moiasouDcur!, pétriliés soudain par la mort, semblaient continuel leur paisible repas.

L'un tenait son verre, l'autre portail le pain à la buuclie. un troisième avait la main dan-i le plaL La mort les avait tous saisis dans )a position qu'ils occupaient lors de l'e.xplosion du tonneri-c. — C'est celle curieuao stène que M. Bayard a reprc-'cntée dans son dessin.

La catastrophe e-t tellement rapide, que le visage n'a pas le temps de prendre une expression douloureuse. La vie est si vite supprimée, que les muscles re3t«nl avec la situation qu'ils avaient. Les yeux et la bouche sont ouverts comme à l'état de veille; si lu couleur de la peau est respectée, l'illusion est complète : on croit que la vie habite encore le cadavre, on s'étonne qu'auL'un mouvement ne se produise.

riusieurs de ces moissonneurs curent la peau noircie comme s'ils eussent été enfumés par l'acliun de l'électricité.

Kn général les foudroyés tombent instantanément ( t sans se débattre. 11 est démontré, aujourd'hui par un grand nombre d'obsi'rvalion=, que l'homme atteint de l'éclair de manière à perdre h. l'instant même connaissance, toml>e sans avoir n'en vu, rien enlendu, rien unti; de sorte que ceux qui reviennent k eux ne savent absolument rien de ce qui s'est passé, et qu'ils ne comprennent pas, par exemple, pourquoi ils se trouvent étendus sur le sol ou dans un lit. L'électridlfi va plus vile que la lumière et surtout que le son : l'œil vl l'oreille sont panilysés avant que la lumièi'e ou le son aient pu faire impression sur eux.

On a un très-grand nombre d'exemples d'individus laissés par la foudre dans la situation même où ils étaient. On a aussi des exemples diamétralement contraires.

Le 8 juillet 1839, la foudre atteignit un chêne près de Triel (Seine-et-Oise), et frappa deux ouvriers carriers, le père et le fils. Celui-ci fut tué raide, soulevé et transpurlé à 23 mètres de dislance.

Le chirurgien lîrillouel. surpris par un orage près de Chantilly, (ut enlevé par

Fig. îlb. — MoUMiineun tuéi rtide par un couji do toonerre.

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