‹ L'atmosphère [microform]Chapitre 25 sur 269 · ET DES HOMMES · texte numérisé non relu

ET DES HOMMES

Maintenant que nous connaissons le volume^ le poids et la nature de rAtmosphère terrestre, il convient que nous embrassions dans une esquisse rapide l'œuvre permanente de ce fluide vivifiant à la surface de notre planète, et que nous nous rendions un compte aussi exact que possible du fonctionnement de cette œuvre à travers les corps vivants.

La constitution organique de la Terre est construite par l'air et pour l'air. C'est l'air qui a joué le premier rôle dans la formation des êtres. Depuis le plus humble jusqu'au plus riche, tous respirent, tous renouvellent leurs tissus par- la respiration, et par l'alimentation, qui n'est elle-même qu'une sorte de respiration. L'air baigne, emplit, compose toutes choses. L'herbe des champs, l'arbre des forêts, le fruit du poirier ou de l'oranger, la pêche ou Tamande, le grain de blé ou la grappe de la vigne : autant de fruits de l'air. L'animal n'est lui-même que de l'air organisé; et l'homme est une âme vêtue dair plus ou moins condensé, plus ou moins agréablement disposé par la force vitale suivant la forme du type humain terrestre.

L'âme de la plante, l'âme de l'animal, l'âme de l'homme, se fabrique son organisme planétaire à l'aide du milieu ambiant. Là elle pousse une feuille dans la lumière pour saisir et fixer avec avidité l'acide carbonique de l'air. Ici elle ouvre et ferme alternativement les poumons destinés à extraire l'oxygène du même

milieu aérien qui nous imbibe. Là encore elle dirige une racine haletante vers tel suc terrestre qui conviendra à son espèce ; ici elle nous engage à choisir tel aliment^ à laisser tel autre; et ainsi dans chaque être vivant elle entretient sans oubli Torganisme qu'elle s'est formé.

Considérons un instant cet entretien de la vio végétale, animale et humaine; et puisque notre propre personne nous intéresse ordinairement plus que les autres productions de la nature, voyons d'abord de quoi vit Thomme.

L'alimentation d'abord est multiple en apparence, mais elle se résume en défmitive pour tous, dans les éléments analogues à ceux de la respiration.

L'indigène d«* l'Amérique du Sud toujours en chasse à cheval sur son coursier sauvage consomme dix à douze livres de viande par jour; une tranche de citrouille qu'on lui offre dans une hacienda est pour lui une véritable jouissance; le mot de pain ne se trouve pus dans son vocabulaire. Las de son travail de chaque jour, l'Irlandais plein d'insouciance se régale de ses polatoesei ne cesse jamais d'égayer son repas frugal par des plaisanteries. La viande lui est une chose étrangère, et heureux est celui qui a pu se procurer quatre fois par année un hareng pour assaisonner ses pommes de terre. Le chasseur des prairies, qui abat le bison d'un coup infaillible, savoure avec plaisir la loupe succulente et entrelardée qu'il vient de rôtir entre deux pierres brûlantes; pendant ce temps l'industrieux Chinois porte au marché ses rats engraissés avec soin et ses nids d'iiinmdelles, bien assuré de trouver parmi les gourmets de Pékin des chalands généreux; et dans sa hutte enfumée, presque ensevelie sous la neige et la glace, le Groenlandais dévore le lard qu'il vient de couper aux flancs d'une baleine échouée. Ici l'esclave nèi^re miche la canne à sucre et maniée ses Itananes ; là le négociant africain vide son sachet de dattes, seule nourriture à tra\ers le désert; plus loin le Siamois se remplit l'estomac d'une quantité de riz effrayante, qui ferait reculer l'EuroiRvn le plus avide. Et quel que soit l'endroit de la terre habitéi» où nous demandions l'hospitalité, partout on nous offre un aliment différent, « le pain quotidien », sous les formes les plus variées.

Cependant, se demande Schleiden, l'homme est-il un être tellement accommodant, qu'il puisse se construire à l'aide des matières les plus hétérogènes l'habitation corporelle de son esprit, ou bien toutes ces différentes e>pèces d'aliments ne conliennent-elle>

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