RESPIRATION ET ALIMENTATION
qa*un seul ou un petit nombre d*éléments similaires qui constituent la nourriture de Thomme? C'est cette dernière hypothèse qui est la Traie.
Tout ce qui nous entoure est constitué d*un petit nombre d'élt ments simples découverts successivement par la chimie. Il y en a surtout quatre d'entre eux qui entrent dans la composition de tout être organisé vivant sur la terre : Tazote et Toxygène sont les éléments les plus importants de l'air atmosphérique; l'oxygène et i'/jvdrogène forment Teau, par leur combinaison; le carbone et l'uxygène produisent l'acide carbonique^ et, enfin, l'azote et l'hydrogène se réunissent pour composer l'ammoniaque. Ce sont ces quatre éléments, à savoir : le carbone, l'hydrogène, l'oxygène et l'azote, qui dans leurs combinaisons diverses forment les substances dont se composant les plantes et les animaux.
Les quatre corps que nous venons de nommer, en se réunissant dans différentes proportions, constituent une infinité de substances organiques que l'on pourrait classer en deux séries distinctes. L'une comprend les corps composés des quatre éléments réunis, tels sont : l'albumine, la fil)rine, la caséine et la gélatine. Le corps animal entier est tissé de ces matières, et quand elles en sont séparées ou que la vie les quitte, elles se décomposent en fort peu de temps et donnent de l'eau, de l'ammoniaque et de l'acide carbonique qui se dégagent dans l'air. La seconde série contient, au contraire, des substances privées d'azote, savoir: la gomme, le sucre, l'amidon, les liquides qui en dérivent, tels que Talcool, le vin, le beurre et enfin les corps gras. Ceux-ci passent par le corps animal, en ce sens que leur carbone et l'hydrogène sont consumés par l'oxygène aspiré pendant la respiration, et ensuite exhalés sous forme de gaz acide carbonique et d'eau.
Les mêmes atomes des corps simples passent en proportions différentes, et dans des combinaisons ou mélanges différents, à travers les organismes. végétaux et animaux, venant de l'air et y retournant. La vie se nourrit de la mort, et les décompositions servent de nouveaux mets sur la table toujours complète de l'entretien de la vie terrestre. Le naturaliste a raison de dire que Diomme vit en définitive de l'air par l'intermédiaire des plantes. La plante absorbe dans l'Atmosphère les substances dont elle compose sa nourriture. Que nous mangions du végétal, de l'animal, ou que nous respirions simplement, nous ne faisons ja-
mais que remplacer les molécules do notre corps par des molécules nouvelles, qui ont appartenu à d'autres corps, et en définitive, absorber ce qui a été rejeté par d'autres, et rejeter ce qui va être repris par d'autres.
L'homme adulte pèse en moyenne 70 kilog., et après avoir défalqué la grande quantité d'eau qui circule dans toutes les parties du corps, il reste environ 18 kilog., dont 7 pour les os et 11 pour les autres parties. Les premiers contiennent eu moyenne 6G pour 100, et le reste 3 pour 100 de substance terreuse qui subsiste après l'incinération. A part ce sable, ce phosphate de chaux, nous prenons tout dans l'air, directement ou indirectement.
Nous nous nourrissons aux trois quarts d'air par la respiration. Nous devons demander le dernier quart à des aliments en apparence plus solides ; mais nous voyons que ces aliments eux-mêmes sont surtout composés des principes constitutifs de l'air. Tel est l'état de notre planète. Il existe certainement des mondes où Ton vit plus agréablement, sans être astreint à ce travail grossier du manger et du boire, et à leurs désagréables conséquences, — où l'air, un peu plus nutritif qu'ici, l'est suffisamment. A l'opposé, il existe sans doute des mondes où l'on est encore plus malheureux qu'ici, où l'on ne possède pas cette Atmosphère qui nous nourrit aux trois quarts à notre insu, et où Ton est obligé de gagner, par le travail, des déjeuners d'oxygène ou d'autre gaz.
En somme, l'air transparent est composé des mêmes principes qui se trouvent en plus grande abondance dans la croûte opaque et solide de notre globe. Les quatre éléments principaux de tout organisme végétal ou animal : l'oxygène, l'azote, l'hydrogène et le carbone, s'y retrouvent également : les deux premiers, comme éléments constituants de l'air; le troisième, mélangé avec l'oxygène sous forme de vapeur d'eau; et le quatrième enfin, mèlc au souille expiré par les animaux et à maint autre gaz provenant de la décomposition des plantes.
Si nous reconnaissons ainsi dans les principes de Talimentation la prépondérance de l'oxygène, de l'eau et de l'azote, en diverses combinaisons, il nous sera incomparablement plus facile de constater maintenant dans la respiration l'œuvre constante et unique de l'Atmosphère.
Examinons donc ce grand rôle de l'air dans la vie.
Le système sanguin qui se développe dans tout notre corps se divise principalement en deux sortes de conduits : h^s artères^ par lesquelles le sang se transporte du cœur à tous les organes; les