VARIÉTÉ DBS EFFETS DE LA FOUDRE
Tarracha pour Texaminer avec soin, et on constata que les couches concentriques du bois se détachaient les unes des autres, comme des tubes de lunette d'approche !
Mais quoi de plus effrayant que les exemples de la chute de la foudre sur certains navires?... En voici un qui a été littéralement fendu en deux.
Le 3 août 1852,1e navire ifotse,dans son passage dlbraïl à Queenstown^fut surpris, en vue de Malte, par un violent orage. Vers minuit, la foudre tomba sur le grand mât, le suivit, et, descendant dans le corps du bâtiment, le fendit en deux; il coula immédiatement. Équipage et passagers périrent. Le capitaine Pearson était sur le pont. 11 eut le temps de se jeter sur une pièce de bois flottante, sur laquelle il se soutint pendant dix-sept heures. Le navire sombra en trois minutes (Nautic, Mag.s XXIII, p. 290.) C'est ce formidable coup de foudre que M. Jules Noël a représenté dans son dessin.
Au commencement de ce siècle, le navire Royal-CharloHe^ étant à Diamond-Harbeur, dans la rivière Hoogley, sauta en mille pièces par Texplosion de son magasin à poudre foudroyé. La détonation fut entendue au loin , et l'ébranlement ressenti à plusieurs milles.
Le 18 août 1769, la foudre tomba sur la tour de Saint-Nazaire à Brescia. Cette tour reposait sur un magasin souterrain contenant un million de kilogrammes de poudre, appartenant à la République de Venise.... La tour, lancée tout entière dans les airs, retomba comme une pluie de pierres.... Une partie de la ville fut renversée.... Trois mille personnes périrent.
Telle est la puissance du tonnerre. Eh bien I avec cette puissance — et c'est par cela que nous terminerons — il s'amuse parfois bénévolement comme il suit :
Une jeune paysanne était dans un pré, non loin de Pavie, dit l'abbé Spallanzani, le 29 août 1791, pendant un orage, lorsque tout d'un coup apparaît, à ses pieds, un globe de feu de la grosseur des deux poings. Glissant sur le sol« ce petit tonnerre en boule arriva sur ses pieds nus, les caressa, s'insinua sous ses vêtements, sortit vers le milieu de son corsage, tout en gardant la forme globulaire, et s'é« lança dans l'air avec bruit. Au moment où le globe de feu pénétra sous les jupons de la jeune fille, ils s'élargirent comme un parapluie qu'on ouvre. Elle tomba à la renverse. Deux témoins du fait coururent la secourir. Elle n'avait aucun mal ! L'examen médical fit seulement remarquer sur son corps une érosion superficielle, s'étendant du genou droit jusqu'au milieu de la poitrine, entre les seins ; la chemise avait été mise en pièces dans toute la partie correspondante. On remarqua un trou de deux lignes de diamètre qui traversait de part en part la partie du vêtement appelée pectorine {pettorina del busto). Opusc., I. XIV, p. 296.
M. Babinet a communiqué le fait suivant, non moins bizarre, à l'Académie des sciences, dans sa séance du 5 juillet 1852.
Rue Saint-Jacques, à Paris, dans le voisinage du Val-de-Grâce, le tonnerre en boule sortit de la cheminée d'une chambre habitée par un ouvrier tailleur, en renversant le châssis de papier qui la fermait. Cette boule de feu ressemblait à un jeune chat, de grosseur moyenne, pelotonné sur lui-même et se mouvant sans être porté sur ses pattes. Il s'approcha de ses pieds comme pour jouer avec. Celui-ci les écarta doucement pour éviter le contact, dont il avait la plus grande peur. Après quelques secondes, le globe de feu s'éleva verticalement à la hauteur de la tête de l'ouvrier assis qui le regardait, et qui, pour éviter d'être touché au visage, se redressa en se renversant en arrière. Le météore continua de s'élever, et se dirigea vers un trou percé dans le haut de la cheminée pour faire passer un tuyau de fourneau en hiver, c mais que le tonnerre ne pouvait voir, dit l'ouvrier, car il était fermé par du papier collé dessus. » Le globe décolle le papier sans l'endommager, entre toujours aussi lentement dans la cheminée, et après avoir pris
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