DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE DES ORAGES
à Toulon, de 12 à Paris, de 9 jours à Londres et à Pétersbourg, de 0 ou à peu près au Spitzberg.
Il y a cependant des exceptions, comme nous Tavons vu pour la distribution de la chaleur et pour celle des pluies. Ainsi, il paraît qu'à Lima, au Pérou, il ne tonne jamais, quoiqu'on soit dans les régions intertropicales. En Norvège au contraire on compte autant de jours de tonnerre qu a Paris.
Les orages ont lieu surtout en été dans nos climats. Leur proportion, pour l'Europe occidentale tout entière, est de 53 pour Tété, 21 pour Tautomne, 18 pour le printemps, et 8 pour Thiver. Si Ton s'éloigne des côtes et qu'on regarde seulement l'intérieur de l'Europe, la proportion est de 78 pour l'été, 16 [)our le printemps, G pour Tautoinne, et 0 pour l'hiver. 11 n'en est plus de même en s'avaneant vers les pôles, où la découpure des continents, les presqu'îles si nombreuses, les courants maritimes, les glaces variables, semblent apporter divers éléments d'irrégularité. Ainsi, à Bergen, il y a plus d'orages en hiver qu'en été, très-peu en automne et encore moins au printemps. Sans aller aussi loin, il eM curieux de remarquer qu'en Angleterre même il y a pins d'orages à grêle en hiver qu'en été.
Depuis l'année 1863, l'Observatoire de Paris a pu organiser, grâce à l'esprit progressif et clairvoyant de V. Duruy, ministre dont la France gardera longtemps un sympathique souvenir, l'Observatoire, dis-je, a pu organiser un service général d'ol)servations d'orages sur toute l'étendue du pays. Des commissions départementales se chargèrent de recueillir les constatations prises par les instituteurs. Les documents furent centralisés à Paris, et, à Faide de cartes départementales, on put porter sur les caries de France les documents météorologiques de chaque jour, en faire la synthèse et suivre facilement la direction, la vitesse et l'ampleur des
orages.
11 résulte nettement de ce travail d'ensemble, dit M. Marié- Davy, que les orages ne sont point des phénomènes localisés, comme on Favait admis jusqu'alors. Ils s'étendent toujours à une partie considérable de la France, et quelquefois la tra\ersent dans toute son étendue, sur une ligne plus ou moins large, mais dépassant parfois 200 et 300 lieues de longueur. Ils exigent, pour se former, une certaine préparation de l'atmosphère, ce qui permet de prévoir leur arrivée. Ils accompagnent constamment les mou- Yements tournants de Fair.
Parmi les nombreuses cartes construites ainsi à l'Observatoire,
l'une (les plus inatructives est, entre antres, celle du 0 mai 1805. On y suit facilement la marche de l'orage, d'heure en heure, du midi jusqu'au nord de la France. Nous avons déjà parlé de ce luni; et remarquable orage dans le chapitre des grêles, p. (j8i. Il accompagnait une forte bourrasque qui traversa la France de l'O. S. 0.
Fig. IIS. — Tran.«latian de l'orage du 9 mai 18Gâ.
auN.N.E.,etdont le centre de dépression atteignit la pointe orientale de l'Angleterre le 9 au matin.
Assez souvent, des orages secondaires se forment ou s'amorcenl sur le continent; dans ce cas ils ne s'étendent pas sur un grand nombre de départements, sont dus à des nuages moins élevés que les précédents, subissent l'influence du relief du sol', s'accrochent aux montagnes ou suivent tes cours d'eau et les vallées