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LA DENSITÉ DE L'AIR

d'ua objet, il faudrait le peser dans le vide. Ainsi voilà une erreur constante et habituelle à laquelle on ne songe guère. Mais daiileurs, en poussant la question jusqu'au bout^ nous pouvons nous demander ce que c'est que le poids réel d'un corps. Or le poids réel d'un corps n'existe pas. C'est un pur rapport, résultant du volume et delà densité de la planète sur laquelle nous vivons. Unkilogramme ne constitue pas une quantité absolue^ malgré les apparences. La preuve, cest que transporté à la surface du Soleil, ledit kilogramme en pèserait près de trente (29,37), tandis qu'il pèserait 2550 grammes à la surface de Jupiter et ne vaudrait plus que 220 grammes sur la Lune! Et même sans aller aussi loin, il suffirait de supposer notre Atmosphère douée d'une plus grande densité pour que nous devenions de plus en plus légers, et d'autant plus légers proportionnellement que nous occuperions plus de place; ou encore de supposer que la Terre tournât 17 fois plus vite, pour que nous ne pesions plus du tout dans les pays tropicaux, et quelques grammes insignifiants à la latitude de Paris. — Ceci pourrait servir à confirmer la doctrine de ces philosophes anglais, Berkeley en tête, qui soutenaient que la seule chose réelle, c'est qu'il n'y a rien de réel dans le monde.

Mais revenons au poids de Tair. Un aérostat n'est pas autre chose qu'un corps plus léger que le poids de l'air qu'il déplace, et qui par conséquent va cherclier son équilibre dans une région supérieure, de faible densité, où il ne déplacera pins qu'un volume d'air égal à son propre poids. On voit immédiatement que loin d'être en opposition avec les lois de la pesanteur, l'ascension des ballons en est au contraire une confirmation spéciale.

Quelle que soit la substance dont on se serve pour remplir un globe de soie ou de taffetas, si Tensemble formé par Tenveloppe, le gaz qui la gonfle, la nacelle, le filet qui la soutient, les aéronautes et les instruments, si cet ensemble, dis-je, pèse moins que l'air qu'il déplace, il constitue par là même un appareil aérostatique, et s'élève dans l'Atmosphère.

Lorsque Montgolfier lança pour la première fois un ballon dans l'espace, ce ballon était simplement gonflé par de l'air chaud. La densité de l'air chauffé à 50 degrés est de 0,84, celle de Tair à 0 degré étant représentée par 1 . La densité à 1 00 degrés, température de Teau bouillante, est de 0^72, ce qui ne donne guère qu'un tiers de différence pour la force ascensionnelle.

La densité de l'hydrogène pur est incomparablement plus faible, puisqu'elle est de 0^07^ c'est-à-dire 14 fois moindre que celle de

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l'air. Celle de l'hydrogène protocarboné est de 0,55; celle du gaz d'éclairage présente la même valeur, c'eat-à-dire une légèreté environ double de celle de l'air. Le plus généralemeat on se sert de ce gaz d'éclairage, que l'on amène bous le ballon par un tuyau de conduite.

Par une heureuse coïncidence, fréquente dans l'histoire des sciences, le gaz hydrogène fut découvert précisément à l'époque de l'invention des aérostats. En 1782, le physicien Cavallo montra même à Londres, aux yeux de l'amphithéâtre de ses cours, des bulles de savon formées à l'hydrogène, qui s'élevaient par leur -

légèreté spécifique jusqu'au plafond de la salle. C'est l'année suivante (5 juin 1783) que Montgolfier lança le premier aérostat. Avec un peu d'attention ou d'activité, Tibère Cavallo aurait pu ravir au fabricant d'Annonay l'immortalité de son invention.

Un ballon gonflé par l'air chaud garde le nom de HfoiUgolfiiti, en souvenir de l'expérimeûtation du savant d'Annonay. Un ballon gonflé par le gaz prend le nom d'Aérostat, adopté depuis le premier gonflement au gaz, qui fut opéré parle physicien Charles, membre de l'Académie des sciences, et les frères Robert, le 27 août 1783, à Paris.

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