LA PESANTEUR SPÉCIFIQUE
La première fois qu'une nacelle fut suspendue à un ballon, c'est BOQB les yeux de Louis XVI et de Marie-Antoinette^ à Versailles, te 19 septembre 17S3; maïs ces premiers passagers d'essai étaient simplemrat un mouton, un coq et un canard. ... Le premier véritable Toyaf^ aérien fut accompli le 21 octobre suivant par Pilâtre des Rosiers et le marquis d'Arlandes, qui s'élevèrent en Montgolfière du château de la Muette (bois de Boulogne), et descendirent au sud de Paris (Moatrouge), après avoir traversé le ciel de la capitale.
Le moment du départ pénètre toujours l'âme d'une impression
Fig. W. — Gonflement d'un aérosial.
solennelle. J'ai fait 600 lieues dans l'Atmosphère, en dix' voyages différenta, dont trois nuits passées dans ces ténébreuses hauteurs, el lorsque j'ai le plaisir de monter de Douveau dans la nacelle qui u s'élever au sein des régions aériennes, j'éprouve chaque fois une impression analogue à celle qui me domina lorsque pour la première fois je me sentis emporté dans les airs.
Se untir emporter ne donne peut-être pas exactement l'idée de la situation particulière que l'on subit alors. Il vaut mieux
123 ASCENSIONS AERONAUTIQUES.
dire se wir emporté^ car on De seot aucune espèce de mouvement, OD se croirait absolument immobile, et c'est la terre qui descend.
Ces impressions personnelles sont sans contredit celles dont If [■écit peut donner l'idée la plus exacte de la réalité. Aussi mepermetlrai-Je d'en rappeler ici quelques-unes. Ma première asceasion a eu lieu le jour de l'Ascension (25 mai) de l'année 1867. Une foule nombreuse était venue me souhaiter bon voyage. Quelques intimes se tenaient tout près de la nacelle, et au-dessous, car
Fig. 47. — L'ascension.
déjà elle' ne loucbait plus terre. Eugène Godard ayant vérifi*' 1 e([uilibre parfait d« ballon ordonne à quatre aides de laisser glisser dans leurs mains, sans les échapper, les cordes qui retiennent la nacelle, et nous nous trouvons ainsi à quelques luetres au-dessus du niveau commun des hommes. Le ciel est pur, le vent est doux, la sphère aérostatique gonflée d'hydrogène s impatiente, et cherche à s'élever enfln dans son lumineux doma'Of Prenant alors un sac de lest, Godard ordonne de « lâcher tout »,