LA LUMIÈRE
YODS du même astre. Il semble donc que la lumière ait une fonction plus grande que la chaleur dans rAtmosphère. Nous verrons du reste, au dernier chapitre de ce Livre, quelle immense importance joue la lumière dans la vie terrestre, végétale et animale.
Les mêmes physiciens cités plus haut ont étudié les intensités totales solaires et atmosphériques dans un certain nombre de localités variant de latitude depuis 1 5 degrés du pôle (île Melville) jusqu'à 30 degrés de Téquateur (le Caire), évaluées en épaisseur d acide chlorhydrique formé, comme si les rayons pénétraient dans une atmosphère indéfinie de chlore et d^hydrogène. Les résultats suivants expriment l'action pendant l'intervalle de (emps qui s'écoule entre le lever et le coucher du soleil, le jour de l'équinoxe.
Les différences entre les effets qui seraient produits dans ces divers pays sont moins considérables qu'on aurait pu le penser, et la cause en est dans la puissante dissémination lumineuse produite par l'Atmosphère; en effet, l'action photochiniique dii*ecte du soleil varie comme 1 : 1 5 : 30 entre Tîle Melville, Heidelberg et le Caire, tandis que l'effet de la diffusion atmosphérique varie seulement comme 9:16:18.
L'absorption des rayons actifs très-réfrangibles augmente rapidement avec l'épaisseur de l'Atmosphère; ainsi, lorsque le soleil a une hauteur moyenne de 25 degrés sur l'horizon, le rapport des intensités chimiques de la lumière directe et de la lumière diffuse sur un papier sensible préparé avec un sel d'argent étant 0,23, celui des intensités lumineuses est 4, c'est-à-dire que l'action de l'Atmosphère est 1 7 fois plus grande sur les rayons impressionnant chimiquement les composés d'argent que sur les rayons agissant sur la rétine. Lorsque cette hauteur du soleil sur Ihorizon n'est plus que de moitié, 12 degrés environ, le rapport moyen des intensités chimiques de la lumière directe et de la lumière diffuse n'est plus que de 0,053 et celui des intensités des rayons lumineux que de 1,4, c'est-à-dire alors que l'action de l'Atmosphère est 26 fois plus grande sur les rayons chimiques du Soleil que sur ses rayons lumineux. A des hauteurs moindres, l'action chimique directe du soleil devient inappréciable, tandis que l'intensité des rayons visibles est encore assez grande; les rayons les plus réfrangibles manquent, ce qui est indiqué par la
couleur rouge du disque solaire près de l'horizon. On a appliqué à la détermination de l'intensité chimique des dif-
férentes parties du soleil la méthode décrite plus haut^ et relative à remploi du mélange de chlore et d*hydrogène; il a été observé que le centre du disque solaire exerce une action chimique plus intense que les bords. On serait donc conduit à une conséquence analogue à celle que le P. Secchi avait déduite de ses observations^ d'après lesquelles le rayonnement calorifique du centre du disque solaire serait plus intense que celui des bords.
MM. Bunsen et Roscoe ont comparé l'action exercée par le soleil sur le mélange de chlore et d'hydrogène avec celle d'une source lumineuse terrestre^ d'une masse de magnésium en combustion dans l'air vue sous une grandeur apparente égale à celle sous laquelle nous voyons le soleil : un disque de magnésium en combustion de 1 mètre de diamètre^ placé à 1 07 mètres/ produirait la même action sur le mélange de chlore et d'hydrogène que le soleil à la hauteur de 10 degrés.
La lumière solaire directe ayant été comparée à l'arc voltaïque, a donné le rapport de 1 000 à 240, c'est-à-dire que le soleil a produit sur les plaques daguerriennes une action chimique quatre fois plus énergique que la lumière de la pile.
Nous analyserons plus loin les radiations lumineuses, calorifiques et chimiques dont le Soleil inonde constamment les planètes placées autour de lui. Qu'il nous suffise ici de sentir l'importance du rôle de la Lumière dans la nature. L'astre gigantesque du Soleil; 1400 mille fois plus gros que la Terre, est un globe incandescent liquide ou gazeux, dont la température n'est pas inférieure à tO millions de degrés. Les flots considérables de lumière qu'il verse constamment sur la Terre donnent à notre planète à la fois le jour, le mouvement et la vie, et nous savons qu'ils produisent des effets analogues sur les autres mondes. Bientôt nous apprécierons directement toute la grandeur de la radiation solaire. Nous venons ici d'admirer le lever du soleil et de prendre une idée de l'action mécanique de la Lumière. Continuons notre panorama de la nature par l'étude des phénomènes optiques que cet agent admirable crée incessamment dans notre Atmosphère.