OMBRE ET AUREOLE. — CERCLE D'ULLOA
certaioe distance par un quatrième arc d'une seule couleur. La couleur la plus intérieure de chaque arc était incarnat ou rouge; la nuance voisine était orangée, la troisième était jaune, la quatrième paille, la dernière verte. Tous ces arcs étaient perpendiculaires à l'horizon; ils se mouvaient et suivaient dans toutes les directions la personne dont Us enveloppaient l'image comme une gloire, n Ce qu'il y avait de plus remarquable, c'est que, bien que les sept voyageurs fussent réunis en un seul groupe, chacun d'eux De voyait le phénomène que relativement à lui, et était disposé à
Cercle d'Uloa.
nier qu'il fût répété, pour les autres. L'étendue des arcs augmenta progressivement en proportion avec la hauteur du soleil; en même temps leurs couleurs s'évanouirent, les spectres devinrent de plus en plus pâles et va^es, et ea&n le phénomène disparut entièrement. Au commencement de l'apparition, la figure des arcs était ovale; vers la un, elle était parfaitement circulaire.
La même apparition a été observée dans les régions polaires par Scoresby, et décrite par lui. Suivant ses observations, le phénomène se montre chaque fois qu'il y a simultanément du brouillard et du soleil. Dans les mers polaires, quand une couche de brouillard peu épaisse s'élève sur la mer, un observateur, placé sur le
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mât de misaine^ aperçoit un ou plusieurs cercles sur le brouillard. Ces cercles sont concentriques et leur centre commun se trouve sur une ligne droite qui va de Toeil de Tobservateur au brouillard, du côté opposé au soleil. Le nombre des cercles varie de un à cinq; ils sont surtout nombreux et bien colorés quand le soleil est très-brillant et le brouillard épais et bas. Le 23 juillet 1821, Scoresby vit quatre cercles concentriques autour de sa tète. Les couleurs du premier et du second étaient très- vives; celles du troisième^ visibles seulement par intervalles^ étaient très-faibles, et le quatrième n'offrait qu'une légère teinte de vert.
Le météorologiste Kaemtz a souvent observé le même fait dans les Alpes. Dès que son ombre était portée sur un nuage, sa tête se montrait entourée d'une auréole lumineuse.
A quel jeu de la lumière ce phénomène est-il dû? — Bouguer émet Topinion qu'il est dû au passage de la lumière à travers des particules glacées. Telle est aussi Topinion de Saussure, de Scoresby et d'autres météorologistes.
Sur les montagnes, comme on ne peut s'assurer directement du fait en s'envolant dans le nuage, on en est réduit à des conjectures Il faudrait pouvoir se transporter en ballon au milieu de la nuée. L'aérostat traversant les nuages de part en part, résidant au milieu d'eux et passant sur les points mêmes où l'apparition se montre, on peut facilement se rendre compte de l'état du nuage. C'est l'observation qu'il m'a été donné de faire, et qui m'a permis d'avoir Texplication du phénomène.
En même temps que le ballon vogue emporté par le courant, son ombre voyage soit sur la campagne, soit sur les nuages. Cette ombre est ordinairement noire, comme toute ombre. Mais il arrive fréquemment aussi qu'elle se détache en clair sur le fond de la campagne, et paraît ainsi lumineuse.
En examinant cette ombre à l'aide d'une lunette, j'ai remarqué que très-souvent elle se compose d'un noyau foncé et d'une pénombre en forme d'auréole. Cette auréole, souvent très-large relativement au diamètre du noyau central, l'éclipsé à la simple vue, de sorte que l'ombre tout entière paraît comme une nébuleuse circulaire se projetant en jaune sur le fond vert des bois et des prés. J'ai remarqué qu'en général cette ombre lumineuse est d'autant plus accentuée que l'humidité est plus grande à la surface du sol.
Sur les nuages, cette ombre présente parfois un aspect étrange. Il m'est arrivé plusieurs fois, en sortant du sein des nues et en arrivant dans le ciel pur, d'apercevoir tout à coup, à 20 ou 30