‹ L'atmosphère [microform]Chapitre 74 sur 269 · PHÉNOMÈNES OPTIQUES. S · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES OPTIQUES. S

pas de couleurs, et il n*y avait pas non plus de parasélènes. L*apparition dura jusquà 11 heures. Le ciel était pur, aucun nuage apparent ne s'y montrait, seulement les étoiles étaient peu brillantes, et lors même que la production du halo n'aurait pas démontré Texistence d'une couche de vapeurs étendue dans l'Atmosphère, ce voile eût été rendu sensible par l'opacité relative de l'air. Le lendemain, une pluie fine tomba à Paris et le ciel resta pluvieux pendant quelques jours.

Le 23 juin 1 870, on a également vu en Angleterre un halo solaire d'une forme rare, et des parhélies dignes d'attention. Voici le dessin qui en a été pris à Nottingham à 7 heures 36 minutes du soir.

iMl/,y

Fig. 78. — Parhélies obserrés en Angleterre le 23 juin 1870.

Au-dessus du soleil, à la distance de 2V, apparaissait une fausse image ovale sans couleur et peu brillante. A la distance de 46* et à la même hauteur que le soleil au-dessus de l'horizon, on voyait deux doubles faux soleils présentant les couleurs prismatiques et très-brillants. Us étaient ovales, et de chacun d'eux s'échappait une sorte de flamme opposée à la direction du soleil. Au sommet du grand cercle, on voyait en outre un immense parhélie très-coloré et d'un éclat difficile à soutenir. Les fractions du cercle se montraient comme on le voit sur la figure. Le phénomène dura 20 minutes.

Je compléterai ces exemples par un choix des principales observations fadtes sur ce complexe effet d'optique, choix que j'extrais des annales météorologiques de ces dernières années.

Un très-beau halo circumsolaire s'est montré à Paris dans la matinée du S2 ami lS<i5 ; il a été observé avec soin par Bravais.

Le phénomène se composait ; 1» d'un halo ordinaire (de 22 degrés) de lueur pâle ; le rayon de ce cercle, compté du centre du Soleil jusqu'au bord interne de fa lueur, a été trouvé égal à 21® 46', par la moyenne de deux mesures prises àrec un sextant ; 2<> de deux arcs très-lumineux tangents au halo ordinaire, Tan dans son point de culmination supérieure, Tautre dans son point de culminalioa inférieure.

Les couleurs aperçues dans ces arcs lumineux étaient du dedans au dehors, le rouge (avec une teinte fauve très-marquée], le jaune, le vert, un bleuâtre trèsfaible et difficile à distinguer, enfin de la lumière blanche sans limite extérieure assignable. L^arc tangent supérieur se séparait du halo ordinaire à une certaine distance de chaque côté du point de tangence, et ses deux branches, se rabattant vers rhorizon, venaient se raccorder avec les branches correspondantes de Tare tangent inférieur ; l'ensemble des deux arcs tangents formait ainsi une ellipse cir* consente au halo ordinaire, à petit axe vertical, et dont le grand axe était sensiblement horizontal.

Le 19 avril 18<i9, M. Plantamour a observé à Genève un halo solaire, de 3 heures 5 minutes à 3 heures 30 minutes. A 3 heures 15 minutes, le Soleil était à une hauteur de 38® 3' au-dessus de Thorizon ; il était entouré d'un anneau coloré correspondant au halo ordinaire, et dont les couleurs étaient très-vives. On apercevait sur les côtés deux segments d'un second halo concentrique, dont le rayon était à peu près double de celui du premier, mais qui était beaucoup moins brillant Dans la partie supérieure et inférieure du second halo, on voyait deux arcs colorés tangents, très-brillants aux points de tangence, et se terminant en pointe. Le cercle parhélique était d'un blanc éclatant et se voyait très-distinctement tout autour de l'horizon, sauf dans le voisinage immédiat du Soleil. Sur ce cercle se trouvaient quatre parhélies, dont deux blancs et deux colorés. Dans ces derniers, le rouge dominait presque exclusivement; une légère teinte bleuâtre était sensible dans la partie opposée au Soleil.

Le 24 février 1850, à 4 heures du matin, et jusqu'au coucher de la Lune, M. Renou a étudié un halo complet, avec deux parasélènes brillants, à longs prolongements horizontaux, et portant en haut une échancrure très-brillante. Ce qu'il y avait de plus remarquable, c'était une croix droite, à quatre bras égaux de 6 à 7 degrés de longueur, dont le centre coïncidait avec celui de la Lune; la largeur de ces bandes, égale à celle de la Lune, diminuait un peu aux extrémités; cette croix avait une lumière plus faible que celle du halo. A 10 heures du matin, apparurent deux parhélies nets et brillants, avec des queues blanches de plusieurs degrés ; il n'y avait pas de traces de halo, ni même de cirrus ; le ciel était magnifique.

Le 2i février 1864, à 9 heures du matin, le même météorologiste a observé à Choisy un halo composé du cercle de 22^ complet, des deux parhélies, d'un fragment du cercle de 45® et de l'arc circumzénithal. La température était à ^3* 8, le vent N. assez fort, et le ciel occupé par des cirro-stratus. Le soir à 9 heures, le halo a été remarqué autour de la Lune avec les deux parasélènes. Ce phénomène a été vu sur une grande étendue. On l'a décrit à Paris, à Chartres, à Tours, à Vendôme. A Chartres, on a vu les deux parantisélènes opposés aux parasélènes.

Le même phénomène a été observé à Orgères par mon excellent ami le docteur Lescarbault. Le cercle parhélique, ou, pour mieux dire, parasélénique, puisque c'était au clair de lune, a été dessiné, ainsi que les deux parasélènes avec leurs queues, un arc tangent à la partie supérieure du halo, et un autre à la partie inférieure.

Le 30 août 1866, M. C. Decharme a observé à Angers un grand halo solaire ;au rayon de 46 degrés) présentant deux particularités curieuses.

Voici d^abord la forme générale du phénomène lumineux. L'arc visible était simple et avait les deux tiers d'une circonférence, commençant brusquement ven rc, à 25 degrés environ au-dessus de la projection, sur le plan du halo, d'une

Page 1