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LA LUMIÈRE ET LES PLANTES

à-dira qu'avec ces feuilles la décomposition de Tacide carbonique à la lumière a été seize fois plus vive en moyenne que rémission de ce gaz à 1* obscurité.

En analysant une certaine quantité de feuilles avant Tinsolation, pais une même quantité après^ c'est-à-dire en dosant tous les éléments de la plante^ on trouve que sous Faction de la lumière il y a sensiblement autant d*oxygène émis que d*acide carbonique éli> miné.

En analysant complètement des quantités équivalentes de feuilles avant et après Tinsolation^ ainsi que l'atmosphère dans laquelle elles se trouvaient^ on a constaté que dans Faction de la lumière sur les feuilles il n*y a ni absorption ni émission d*azote.

Il résulte de là que dans Faction lumineuse Fazote de Fair ne se fixe pas dans les feuilles^ et que celui qui se trouve assimilé aux végétaux provient des composés ammoniacaux ou des matières transportées dans le végétal pendant la circulation de la sève.

La lumière détermine la coloration verte des feuilles et des tiges; les autres parties du tissu végétal^ telles que les fleurs alix teintes si variées et si riches^ et les fruits eux-mêmes, ne doivent aussi leur couleur qu'à son action. On pourrait dire que toutes les nuances végétales sont produites par elle^ soit en vertu d'une action directe exercée par les rayons lumineux^ soit eu raison d'effets secondaires^ c'est-à-dire de réactions qui se passent dans les tissus végétaux pendant l'acte de la végétation, car, par exemple, beaucoup de fleurs sont colorées au moment où elles s'épanouissent. L'enveloppe des fruits donne lieu, comme les fleurs, à des effets de coloration sous l'influence de la lumière. On sait en effet que les couleurs rouges des pêches ne sont dues qu'à cette influence, ainsi que ces tons jaunes et rouges des pommes, du I raisin et d'un grand nombre de fruits.

Il en est de même dans le règne animal. La vivacité des cou-

leurs des plumes des oiseaux et de la fourrure des bêles fauves va en décroissant des tropiques aux régions polaires. L'homme des champs est bronzé; le citadin reste pâle; le prisonnier offre à la pitié publique un teint languissant et décoloré.

Il est très -remarquable de voir que c'est par suite de la présence d'une très-petite quantité d'acide carbonique dans l'Atmosphère et / dans le sol végétal, que l'assimilation du carbone a lieu à la sur-

face de la terre. Si l'on s'en tient à FAtmosphère seule, on estime en moyenne à j^i^ du volume de Fair le volume du gaz acide

carbonique qui existe à un moment donné dans Tenveloppe gazeuse de la terre. En supposant que lacide carbonique soit répandu partout en même proportion^ comme le poids de TAtmosphère équivaut au poids d*une couche d'eau de 1 0 met. 33 cent, répandue sur la surface de la Terre^ le poids du carbone contenu dans Tacide carbonique existant dans Tair équivaut à celui d^une couche de houille, supposée en carbone pur, qui aurait 1 millimètre \ d'épaisseur et qui envelopperait le globe. Cette quantité est trèsminime, et cependant c'est elle qui fournit le carbone qui se fixe à chaque instant dans les végétaux. On doit ajouter que la perte de l'acide carbonique est compensée à chaque instant par les quantités du même gaz que le sol peut émettre lors de la décomposition des matières organiques, ainsi que par l'acide carbonique qui provient de la respiration des animaux.

On peut avoir une idée de la quantité de travail déterminée par l'action de la lumière solaire sur la végétation et dont on pourrait trouver l'équivalent lors de la combustion des végétaux, en évaluant la quantité de carbone fixée pendant un temps donné par les végétaux. C'est Timage que nous avons déjà évoquée en nous occupant de la vie (Liv. I, chap. vi p. 100).

Dans nos climats tempérés, 1 hectare de forêt produit une couche de houille qui aurait environ -^ de millimètre d'épaisseur ; comme on vient de voir que l'acide carbonique qui se trouve dans l'air donnerait à un moment donné une couche de houille dix fois plus épaisse si tout le carbone qu'il contient venait à être fixé sur le sol, il en résulte que si toute la surface du globe était couverte d'une végétation égale à celle des forêts et que l'acide carbonique absorbé ne se renouvelât pas, au bout de dix ans environ l'air en serait entièrement dépouillé.

Si l'on suppose donc que la végétation soit la même pendant toute l'année, la quantité de carbone fixée par les arbres par hectare serait de 4320 kilogrammes.

Ce nombre est relatif à notre pays; dans les régions équatoriales, où la végétation est plus active, il serait certainement supérieur. Si l'on considère les autres espèces de culture, la proportion de carbone fixée annuellement peut être également plus grande. Ainsi on a reconnu que pendant une année, dans une prairie bien fumée, il se forme par hectare 3500 kilog. de carbone fixés dans les plantes, et la culture des topinambours a donné /^chifTre le plus élevé) la quantité de 6310 kilog. On peut donc considérer comme variant de 1500 à 6000 kilog. la proportion

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