‹ L'atmosphère [microform]Chapitre 92 sur 269 · LA LUMIÈRE ET LES PLANTES · texte numérisé non relu

LA LUMIÈRE ET LES PLANTES

de carbone fixée annuellement par hectare des diverses cultures dans les régions tempérées^ et cela par Taction de la Lumière sur les différents végétaux.

D*après cela^ si l'on cherche combien cette quantité de carbone donnerait de chaleur en brûlant^ on aura une idée de la quantité du travail produit par la Lumière sur les végétaux à la surface du globe. Gomme 1 kilog. de carbone fournit 8000 unités de chaleur^ c*est-à-dire la quantité de chaleur qui échaufferait de 1 degré 8000 kilogrammes d*eau^ les nombres ci-dessus donnent ces quantités de chaleur comme variant de 1 2 000 000 à 48 000 000. En prenant le chiffre de 24 millions pour la moyenne^ on voit qu'en France seule l'action annuelle de la Lumière sur la végétation correspond à un incendie de 16G millions de kilos de charbon! Sur l'Europe entière, c'est un feu de 3000 milliards de kilos! Sui^la planète entière, une combustion de 40000 milliards I

Cependant la quantité de travail fournie par les rayons lumineuœ du Soleil pendant l'acte de la végétation dans nos climats, et qui se trouve emmagasinée dans les plantes pour être utilisée ensuite lors de la combustion ou de l'emploi de ces matières, est incomparablement inférieure, comme nous le verrons, à l'action calorifique produite par l'influence de ces mêmes rayons !

Un homme de trente à quarante ans fournit dans l'acte de la respiration une quantité d'acide carbonique qui équivaut à celle donnée par la combustion de 1 1 grammes de carbone par heure; une femme du même âge donne 7 grammes de ce gaz : on peut donc admettre en moyenne 9 gr. par personne. Il résulte de là qu'en vingt-quatre heures une personne fournit une quantité d'acide carbonique équivalant à 21 6 grammes, et que vingt-trois personnes produisent dans le même temps, par l'acte de la respiration, la quantité de carbone qui est fixée en moyenne pendant l'année par la végétation d'un hectare de forêt.

Ce résultat curieux n'est pas identique pour toutes les cultures, car, par exemple, un hectare de nos plantureuses prairies donne une fixation de carbone égale à la quantité qui sortirait des lèvres de 46 personnes. Mais quels que soient les détails, la vue d'ensemble est cet échange permanent d'atomes entre le règne végétal et nous-mêmes, cette organisation de Téquilibre de l'Atmosphère par l'opposition même de la fonction organique des deux règnes. Nous le voyons une fois de plus, une loi profonde établit sur notre planète une fraternité cabsolue entre tous les êtres, et cette fraternité

se développe dans Thistoire de la nature 90us la protection active et incessante de la Lumière.

L*importance du rôle de la Lumière dans la nature^ le désir de connaître ses variations d'intensité suivant les jours de Tannée; m'avaient fait depuis longtemps songer à la mesurer par un procédé mécanique quelconque. Un fait particulier de mes excursions aéronautiques me força plus spécialement à m'occuper de ce point; c'est celui-ci. Toutes les fois que je traversais des nuages^ j'étais singulièrement surpris de l'accroissement de clarté qui se produit lorsqu'on est plongé dans leur sein et qu'on s'élève vers leur surface supérieure. Parfois même la lumière difTuse qui règne sous un ciel couvert est si faible^ quoique nous ne le remarquions paS; que l'œil est véritablement ébloui lorsque ayant pénétré de quelques centaines de mètres dans l'épaisseur d'un nuage^ il approche de l'air lumineux supérieur à ce sombre couvercle si souvent étendu au-dessus de nos têtes. J'ai voulu mesurer cette variation de lumière; mais la chose n'était pas facile.

Il n'y a pas encore d'instrument^ pour la lumière^ analogue au thermomètre pour la chaleur^ ou au baromètre pour la pression atmosphérique. On ne connaît pas de substance qui oscille avec l'intensité de la lumière ou subisse des variations instantanées. J'avais d'abord cherché quelque procédé susceptible d'imiter le jeu de la pupille de l'oeil^ qui se contracte ou se dilate suivant l'intensité de la lumière; mais mes recherches furent infructueuses.

Enfin; j'imaginai; faute de mieuX; de prendre une substance qui puisse s'impressionner en proportion de la quantité de lumière à laquelle on l'exposC; et garder cette impression afin qu*on puisse comparer les intensités lumineuses ainsi enregistrées.

J'ajouterai; puisque je suis conduit à parler de ces recherches, qu'un habile horloger de la marine de l'État, M. Lecoq d'Arçenteuil; voulut bien essayer de construire sur mes indications un petit appareil portatif; donnant la variation de l'intensité de la lumière. Voici comment nous avons imaginé de construire cet appareil.

Le papier nitrate peut servir de substance impressionnable. L'n mouvement d'horlogerie met en mouvement; dans une boite de cuivrC; un cylindre sur lequel est enroulée une bande de papier sensibilisé. La botte se place sur une table; à sa partie supérieure est réservée une petite fenêtre, ouverture par laquelle passe la lumière; et dont la largeur est calculée sur le diamètre du cylindre. Celui-ci tourne autour d'un axe central; soit en une heure, pour les observations délicates et rapides, soit en douze heures. En pas-

ESSAIS DE PHOTOMÉTRIE.

La teinte est en proportion invera de l'intensité de la Lumière.) Lumière du Ciel au lever du soleil.

%h 10» ^c* 30- 40" SO" «^ 1 "• 2u" 30- 4t)» 50- 1^

ï^-jat'

Passage d*un nuage sur le soleil.

midi

TraTersée d*une couche de nuages en ballon.

Luaôére diffate inférieare. Entrée dans le nnage.

Au-dessus des nuages.

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Journée d'été, Ciel pur.

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minuit

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Journée d'hiver, Ciel couvert.

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minuit

Matinée de brouillard (4 mai 1868). Paris, Palais-Royal. 10^ 11^ midi ii> 2>>

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