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CHAPITRE I

L\ CUALELR. — LE THERMOMETRE. — gUANTITE DE CIIALELR REÇUE DU SOLEIL. — SA VALEUR ET SON EXPLOITATION.— TEMPÉRATURE DU SOLEIL. TEMPÉRATURE DE l'eSPACE.

Nous avons^ dans notre premier Livre^ contemplé la Terre emportée au sein des espaces par la force mystérieuse de la gravitation universelle^ roulant sur une orbite distante de 38 millions de lieues de Tastre solaire qui la soutient^ et puisant dans la lumière permanente du foyer central l'entretien constant de sa beauté^ de sa joie et de sa vie. Nous avons vu l'Atmosphère attachée autour du globe comme une couche de gaz adhérente à sa surface^ et tous les ëtres^ grands ou petits^ humbles ou glorieux^ construits sur le type d'un même système organique^ d'un système respiratoire, dont le fonctionnement est la condition même de leur vitalité à la surbce de notre planète.

Nous avons admiré ensuite, dans notre deuxième Livre, la lumière céleste, qui pénètre doucement notre atmosphère entière, et enveloppe la planète d'une chatoyante parure. Jusqu^à présent, en quelque sorte, nous avons étudié la forme extérieure et les brillants aspects de la nature. Il est temps maintenant de descendre dans l'usine et d'apprécier la grande force infatigablement <léployée. Nous allons examiner quelle est la puissance qui produit j les courants de l'Atmosphère, les vents, les brises, les tempêtes, et fiïit circuler la vie sur la sphère habitée. Tandis que l'attraction mène la Terre dans l'espace et la penche sur son axe pour lui donner des saisons régénératrices, la Chaleur vient réveiller les organismes

endormis dans la nuit de Thiver^ et fait chanter les oiseaux dans les bois ; c'est elle qui fleurit dans les roses et sourit sur la verdoyante prairie; c'est elle qui murmure dans la source jaseuse et soupire sur le rivage escarpé des mers ; c'est elle encore qui fait voyager les atomes de la plante à l'animal^ de l'homme au végétal^ et établit sur la terre l'immense fraternité des choses. Mieux inspirés que les anciens prophètes , qui déclaraient que nul ne peut savoir d'où vient le vent ni où il va^ de même que nul ne pouvait dire sur quelles fondations le globe repose^ nous allons trouver dans une seule force le principe des vents et des brises, des nuées et des orages, des pluies et des tempêtes, et juger dans sa grandeur le mécanisme de tous les mouvements qui s accomplissent sur la Terre.

Voyons d'abord comment on apprécie la chaleur et sa distribution à la surface du globe.

Pour mesurer les variations de température, on se sert du Ihermametre (8epp;, chaleur; (/.eTpov, mesure), de même 'qu'on a imaginé, comme nous l'avons vu plus haut, le baromètre pour mesurer les variations de la pression atmosphérique. Sans nous arrêter maintenant, pas plus que nous ne l'avons fait pour le précédent appareil, à l'emploi du thermomètre et à ses diverses espèces, il est intéressant cependant de remonter à son imention, qui date également du milieu du dix-septième siècle.

Les anciens jugeaient de la température à peu près comme nous le faisons de nos jours, c'est-à-dire par les effets principaux qui en dépendent. Aujourd'hui, la science la mesure avec plus de soins et d'une manière uniforme, au moyen d'instrumenlî» spéciaux qui permettent de comparer les résultats d'un pays à ceux d'un autre pays, ou d'une époque à ceux d'une autre époque déterminée.

Lorsque les académiciens de Florence établirent

que tous les corps changent de volume sous Tin-

fluence de la chaleur, ils posèrent les bases de la

thermométrie. L'instrument dont se servaient ces

savants consistait en une sphère A (fig. 94), soudée

à un tube étroit B, et contenant de l'alcool coloré. Si l'on porte

cet appareil d'un milieu dans un autre plus chaud ^ le liquide

se dilate, le niveau s'élève, accusant ainsi raugmentatîon de tem-

Fig. 94.

Le

thermomètre.

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