‹ L'atmosphère terrestre. Thèse présentée au concours d'agrégation (Section de physique, de chimie et de toxicologie)Chapitre 15 sur 21 · Miasmes · texte numérisé non relu

Miasmes

On a supposé que dans l’air confiné la diminution de la qdantité d’oxygène et l’augmentation de la proportion d’acide carbonique n'étaient pas les seules causes des accidents qui pouvaient s’y produire.

On a cru devoir faire entrer eu ligne de comptes les miasmes, qu’Orfila désignait par l’expression de vapeurs animalisées.

(1) C.-R. T. CXXVII, p. 693.

Gavarret a démontré que l’oxygène ne diminuant pas, l’acide carbonique n’augmentant pas, les miasmes suffisent pour tuer.

Pour le progver, il place des animaux dans l’air confiné, enlève l’acide carbonique au fur et à mesuré de sa production et le remplace par de l’oxygène; au bout d’un certain temps, les animaux, dont la respiration n’est pas gênée, succombent cependant.

Des expériences dpes à Brown-Séquard et D’Arsonval (i) ont confirmé cette manière de voir et ont conduit les auteurs à cette conclusion :

L’air confiné, chargé d’exhalaisons pulmonaires, n’est pas nuisible par l’acide carbonique qu’il contient, mais par un principe extrêmement énergique, que les poumons de l’homme, du chien, du lapin, produisent à l’état de santé et qui sort sans cesse avec l’air expiré.

Les auteurs pensent qu’il est probable, sinon certain, que c’est cet agent toxique qui rend si dangereux l’air confiné et ils lui attribuent une nature alcaloïdique.

M. Béchamp, de son côté, explique cette toxicité par une zymase de l’air expiré par l’homme sain.

La recherche de ce qu’on nomme émanations miasmatiques est difficile ; on n’a pu jusqu’à présent en doser la quantité.

Gavarret a donné un procédé permettant de constater leur présence. Il consiste à condenser les miasmes, en même temps que l’humidité de l’air sur une carafe remplie d’eau glacée.

L’eau de condensation recueillie, étant abandonnée plusieurs jours à elle-même, ne doit pas sentir mauvais. Évaporée avec quelques gouttes d’acide sulfurique, elle ne doit pas donner un résidu noir à odeur de corne grillée. Si ces deux essais donnent des résultats positifs, l’atmosphère renferme des miasmes, des vapeurs animalisées, des émanations miasmatiques, dont la toxicité est à redouter.

(1) Société de Biologie, 11 février 1888.

Cependant ces faits sont loin d’être acceptés sans réserve. De nouvelles expériences exécutées par MM. Dastre et Loye, Ofïmann, Wellenhof, Russeau-Giliberti et G. Alessi, n’ont pas confirmé les recherches de MM. Brown-Séquard et D’Arsonval (1).

Cependant, il est incontestable que l’air déjà inspiré, débarrassé de son acide carbonique par l’emploi du bioxyde de sodium (2) par exemple ou de tout autre absorbant et enrichi artificiellement en oxygène, ne présente pas les caractères de l’air normal.

Il est susceptible de provoquer de la céphalalgie et des nausées, en un mot, bien caractéristique, il est vicié.

Dans l’état actuel de la science les causes de cette viciation ne paraissent pas connues et tout ce qu’on peut dire c’est que le champ d’action de ces substances est limité alors qu’il n’en est pas de même des bactéries dont la disparition ne peut s’obtenir que par suppression des milieux nutritifs indispensables à leur existence et à leur développement.

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